Quand Chloe est devenue Matt à Ulukhaktok

may49
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le 03/04/2018 à 20:24

Publié aujourd'hui à 18 h 50

Révéler être transgenre dans sa petite communauté de 400 âmes s'est avéré plus facile que ne le croyait Matt, un jeune homme de 17 ans, résident d'Ulukhaktok dans les Territoires du Nord-Ouest.
Radio-Canada avec CBC

L’année 2017 a été une année importante dans la vie de Matt Kanayok. En plus de compléter son secondaire, Matt a fait son « coming out » à sa famille et à sa communauté, une étape cruciale dans son processus d’acceptation.

« La dernière année a aussi été la première de ma vie ou je me suis senti le plus à l'aise avec moi-même », a-t-il déclaré en ajoutant que tout le processus pour devenir lui-même avait commencé quand il avait environ 12 ans.

« C'est à ce moment-là que j'ai réalisé ... quelles étaient les identités LGBTQ, et ça m'a vraiment plu. »

La seule personne ouvertement transgenre à Ulukhaktok

L'adolescent d'Ulukhaktok, une communauté nordique isolée dans les T.N.-O., explique qu'avant de devenir Matt, il était Chloe. « Je répondais aux gens quand ils m'appelaient [Chloe] mais ça n'a jamais vraiment cliqué pour moi », mentionne-t-il.

Matt s’est d’abord identifié en tant que femme homosexuelle avant d'utiliser un pronom masculin avec ses amis.

Le tournant significatif

Au printemps 2017, Matt a assisté, avec un enseignant de son école, à la conférence de la Rainbow Coalition à Yellowknife. C'est là qu'il s’est présenté pour la première fois à un grand nombre de personnes comme Matt.

« Pendant une semaine, de nombreuses personnes m'ont appelé par le prénom que je voulais porter », se remémore-t-il. Un prénom qui devenait tangible et lui permettait de s’accepter en tant que transgenre.

L’étape suivante a été de dévoiler sa transidentité à l’école, où il se sentait en confiance, puis à sa famille, qui l’a immédiatement acceptée.

« Je pense que chez chaque personne LGBTQ la peur du rejet par les siens est présente.

Mais une fois mon dévoilement fait, j'ai réalisé que les gens importants pour moi m’acceptaient tel que je suis. Et sur ce point, je me fiche de ce que pensent les autres. »

Toujours « la même personne »

Janet Kanayok, la mère de Matt, se souvient du jour où il s’est « révélé » à elle. Sur le coup, elle a été saisie, mais « il est la même personne, juste un garçon, mon fils », souligne-t-elle.

La mère et le fils se disent aussi agréablement surpris par la réaction positive de la communauté.

« Je n'ai pas à m'inquiéter des gens qui le harcèleraient ou le confronteraient », ajoute-t-elle en constatant à quel point la communauté, et l'école en particulier, avait été ouverte et accueillante.
Ulukhaktok, une communauté isolée de moins de 500 personnes dans les Territoires du Nord-Ouest.
Ulukhaktok, une communauté isolée de moins de 500 personnes dans les Territoires du Nord-Ouest. Photo : Mackenzie Scott / CBC

Le manque de ressources

Grandir dans une petite communauté du Nord n’est pas étranger au temps qu'il lui aura fallu pour se dévoiler publiquement.

Seul transgenre ouvertement avoué, le jeune homme s’est impliqué lors de la création d’un club Alliance entre homosexuels et hétérosexuels en début d'année scolaire.

Sept étudiants font partie de ce club. Ils planifient des événements sociaux en plus de préparer du matériel éducatif LGBTQ.

Matt Kanayok commencera ses études universitaires à Nanaimo, en Colombie-Britannique, cet automne.

S’il n’a pas le choix de quitter sa communauté, il se dit heureux de constater les efforts de tout un chacun dans l’acceptation de la différence. « Ils essaient et c’est ce qui m'importe beaucoup. »

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