Services aux enfants autochtones : la ministre Philpott satisfaite de sa réforme

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le 03/04/2018 à 06:25

Publié le lundi 2 avril 2018 à 20 h 29

Jane Philpott soutient qu'Ottawa s'est conformé à tous les ordres du Tribunal canadien des droits de la personne dans sa décision de 2016 qui affirmait qu'Ottawa était coupable de discrimination envers les enfants autochtones. Photo : The Canadian Press/Justin Tang
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La ministre fédérale des Services aux Autochtones estime qu'Ottawa s'est conformé entièrement aux ordonnances d'une décision du Tribunal des droits de la personne, qui concluait en 2016 que le gouvernement fédéral faisait preuve de discrimination à l'égard des enfants autochtones.
La Presse canadienne

En entrevue avec La Presse canadienne, Jane Philpott soutient que les parties conviendront bientôt du succès de la réforme, même si la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, qui avait porté plainte, estime qu'on est encore loin du compte. Cindy Blackstock, directrice de l'organisme, rappelle qu'encore en 2018, les enfants autochtones sont moins bien traités que les autres petits Canadiens.

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La Société de soutien et l'Assemblée des Premières Nations avaient déposé une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne en 2007. Près de 10 ans plus tard, en 2016, le Tribunal des droits de la personne se rangeait à l'avis de la Société de soutien et concluait que le gouvernement fédéral pratiquait de la discrimination : les enfants autochtones pouvaient bénéficier des mêmes programmes sociaux seulement s'ils étaient pris en charge par l'État : souvent à l'extérieur de leur communauté, dans des foyers non autochtones.

Le Tribunal avait alors ordonné au gouvernement fédéral de mettre immédiatement un terme à cette discrimination et de modifier ses programmes d'aide à l'enfance destinés aux Autochtones, afin que les enfants obtiennent les mêmes services que les autres Canadiens en santé et en éducation.

En février, Ottawa a été frappé, pour la quatrième fois, par une ordonnance de non-conformité rendue par le Tribunal des droits de la personne, qui déplorait la lenteur des changements apportés, étant donné la gravité et l'urgence de la situation. Le jour même, le ministère des Services aux Autochtones informait par lettre les 105 agences autochtones d'aide à l'enfance et à la famille qu'Ottawa commencerait sur-le-champ à assumer leurs coûts, et ce, rétroactivement jusqu'en 2016.

Mme Philpott rappelle que le plus récent budget prévoyait près de 1,4 milliard de dollars sur six ans pour les services à l'enfance et à la famille dans les communautés autochtones. Mais Cindy Blackstock soutient que, pour se conformer à l'ordonnance du Tribunal, il ne suffit pas de promettre de l'argent : il faut aussi s'assurer que ces sommes se matérialisent concrètement par des soins aux enfants, sur le terrain.

« Nous ignorons encore quelle part des sommes promises ira aux provinces et quelle part ira aux agences ou aux communautés autochtones », déplore Mme Blackstock. La directrice de la Société de soutien admet que l'arrivée de Mme Philpott à la tête du nouveau ministère des Services aux Autochtones, créé à l'été 2017, a permis d'accélérer un peu les choses. Mais elle se demande si les sommes promises ne seront pas finalement accompagnées de conditions diverses.

Les enfants autochtones comptent pour environ 7 % de tous les enfants canadiens, mais pour plus de 50 % de tous ceux qui sont confiés aux services sociaux. Au Manitoba, c'est près de 90 % des enfants confiés aux services sociaux qui sont autochtones.

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