Standing Rock : la mobilisation vue par les yeux d’un enfant

may49
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Modérateur

le 29/08/2018 à 07:59

Publié le mardi 28 août 2018 à 22 h 32

Du haut de ses dix ans, le jeune Aslan Tudor vient de faire paraître la chronique, en format livre jeunesse, de son expérience dans le camp de Standing Rock en 2016. Le garçon, qui s' y est rendu avec sa mère et sa sœur, raconte ce qu'il y a vécu dans un ouvrage intitulé Young Water Protectors: A Story about Standing Rock.
Radio-Canada avec CBC

En août 2016, le camp Ocetu Sakowin est en train de se mettre en place au nord de la réserve indienne de Standing Rock, afin de se mobiliser contre la construction du controversé pipeline Dakota Access. De plus en plus d’Autochtones d’Amérique du Nord commencent à se rassembler sur le site.

À la fin de l'été, les membres de la famille Tudor se rendent dans la réserve de Standing Rock. Ils y retourneront en octobre de la même année.
Vue aérienne du camp Oceti Sakowin.
Vue aérienne du camp Oceti Sakowin. Photo : Reuters/North Dakota Joint Information Center/Handout

« Il y avait beaucoup de tentes et de tipis dans le camp. Il y avait aussi une école et un centre médical, mais tout était encore petit. J’avais l’impression qu’il ne se passait pas grand-chose », déclare en entrevue Aslan.

Quand la famille revient en octobre, la situation n’est plus du tout la même. « Ça avait beaucoup changé. On sentait maintenant qu’il se passait quelque chose. »

Un environnement sécuritaire pour les enfants

Sur place, les jeunes fréquentent l'école Defender of the Water, un établissement construit expressément pour eux pendant que leurs parents se mobilisent sur le site du pipeline. La mère du garçon, Kelly Tudor, précise que l’endroit était sécuritaire pour les enfants.

« Sur le plan culturel, nos enfants sont aussi impliqués que nous les adultes. Les Autochtones considèrent les enfants comme des êtres sacrés. Ils font tout pour s’assurer qu’ils sont en sécurité et pris en charge », explique-t-elle.

À 33 ans, Mme Tudor travaille comme technicienne d’urgence médicale dans l’État de l’Indiana. Elle s’était portée volontaire pour travailler dans le centre hospitalier du camp. Elle fait partie de la troisième génération membre de l'American Indian Movement, un groupe de droits civiques des Amérindiens des États-Unis.
Vue d'ensemble du camp Oceti Sakowin, près de la réserve indienne de Standing Rock, dans le Dakota du Nord.
Vue d'ensemble du camp Oceti Sakowin, près de la réserve indienne de Standing Rock, dans le Dakota du Nord. Photo : Radio-Canada/Janic Tremblay

Originaire du sud du Texas, Mme Tudor relate avoir élevé ses enfants dans la culture Lipan Apache. Selon elle, la décision de vivre au plus proche de ses traditions n’a pas toujours été facile, surtout lorsqu’on vit dans une ville comme Indianapolis.

Comprendre ce qui s'est passé

Dès qu’elle a entendu l'appel à l'aide de Standing Rock, Mme Tudor raconte qu’elle n’a pas hésité une seule seconde. Elle a fait ses bagages et conduit pendant 17 heures jusqu’à la réserve. En amenant ses enfants avec elle, la mère souhaitait leur permettre de se rapprocher des autres peuples autochtones.

« Nous venons du Midwest américain. Une région où les garçons amérindiens qui ont les cheveux longs peuvent avoir de gros problèmes. À Standing Rock, il y avait d’autres garçons autochtones aux cheveux longs. Quand nous sortions, on ne prenait pas mon fils pour une fille. Il n’était pas victime d’intimidation », affirme-t-elle.

Après avoir pris le temps de réfléchir sur leur expérience à Standing Rock, Aslan et sa mère ont réalisé que les enfants qui, comme lui, avaient vécu la mobilisation au plus près n’avaient pas la possibilité de revenir sur ce qui s’était passé. « Nous en avons parlé et c’est là qu’il m’a dit qu’il devait écrire un livre. Il voulait imaginer quelque chose afin que les jeunes comprennent ce qui s’était passé à Standing Rock et pourquoi. », dit Mme Kelly.

La mère a alors retranscrit les mots dictés par son fils. Elle l’a aidé pour la grammaire et la syntaxe. En moins d’une semaine, son garçon avait dans les mains une œuvre pour enfants de 12 pages. Le livre a été publié le 8 août. Quant à Aslan, il espère continuer à écrire.

Lire aussi : Apprendre des erreurs de Standing Rock

D'après un texte de Rhiannon Johnson

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