Une autre Première Nation dit avoir été victime de discrimination de la part d'Hydro-Manitoba

may49
may49
Modérateur

le 29/08/2018 à 07:40

Publié le mardi 28 août 2018 à 17 h 40

Des milliers de personnes se sont installées autour de Grand Rapids dans les années 60 pour construire la centrale électrique locale. Photo : Hydro-Manitoba
Partager

Aller directement aux commentaires
0

La publication d'un rapport, qui révélait que des travailleurs d'Hydro-Manitoba auraient agressé sexuellement des femmes autochtones du nord de la province dans les années 60, rappelle de douloureux souvenirs dans une autre communauté du nord du Manitoba.

Selon Gerald McKay, originaire de la Première Nation crie de Misipawistik, à 400 kilomètres au nord de Winnipeg, les membres de sa communauté ont été dépouillés de leur langue maternelle et ont été victimes de discrimination. Certaines personnes sentaient même le besoin d’être accompagnées la nuit, parce qu'elles avaient peur des travailleurs d'Hydro-Manitoba après leur arrivée dans la région, dans les années 60.

La semaine dernière, un rapport de la Commission de protection de l'environnement, un organisme provincial indépendant chargé d'étudier les répercussions sociales du développement hydroélectrique sur les communautés avoisinantes, faisait état d’allégations d'abus sexuels et de discrimination dans la Première Nation crie de Fox Lake.
À lire aussi :

Allégations d’agressions sexuelles : Hydro-Manitoba savait depuis 2010
Allégations d’agressions sexuelles par des travailleurs d’Hydro-Manitoba : les Premières Nations réagissent

Les histoires contenues dans ce rapport ne sont pas surprenantes pour les membres de la Première Nation crie de Misipawistik. Gerald McKay dit que le visage de sa communauté a été changé à jamais par les milliers de travailleurs qui sont arrivés pour construire un barrage.

« En quelques mois, plusieurs milliers de personnes se sont rendues ici, nous sommes devenus une minorité dans notre propre communauté, et l'anglais est devenu la langue dominante », raconte celui qui n'avait alors que 5 ans et parlait couramment le cri.

Il se souvient qu'il était devenu impossible pour lui de se déplacer librement pour jouer.

« Quand tous ces étrangers ont commencé à arriver, nos frontières se sont resserrées. Parfois, des rumeurs disaient qu'il y avait des rodeurs dans les bois, ce qui faisait que nous ne pouvions pas quitter la cour de la maison », ajoute-t-il.

Gerald McKay affirme avoir vu des exhibitionnistes et des voyeurs. Il soutient que les femmes se faisaient régulièrement agripper par des travailleurs, que l’alcool coulait généreusement et que les combats étaient monnaie courante.

Les élèves étaient punis parce qu’ils parlaient leur langue maternelle. Ceux qui, autrefois, vivaient de la terre ancestrale devaient avoir un permis pour chasser et pêcher, affirme-t-il.

J'ai remarqué de grands changements chez ma mère. Avant, il n'y avait pas de problèmes. Tout était détendu. Quand la construction a commencé, la personnalité de ma mère a changé. Elle est devenue irritable et ne dormait plus la nuit.
Gerald McKay

« Ils sont venus ici pour faire des profits, mais ne nous ont rien laissé », soutient-il.

Il suggère que la société de la Couronne commence à investir dans la Première Nation, afin de créer plus d’emplois pour les Autochtones.

lire la suite

Répondre à ce message

Vous n'êtes pas autorisé à poster un message sur le forum.