L'artiste cri Kent Monkman au Centre culturel canadien de Paris

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Modérateur

le 09/08/2018 à 08:15

Publié le mercredi 8 août 2018 à 15 h 57

Pour marquer en grand la réouverture de son nouveau pied-à-terre parisien, le Centre culturel canadien a donné carte blanche à Kent Monkman. Le peintre manitobain d'ascendance crie y expose jusqu'au 5 septembre prochain sa vision figurative et singulière des relations entre l'homme et les animaux et des conséquences de la colonisation sur les peuples autochtones.

Soucieux d’établir un dialogue entre ses œuvres et le public, Kent Monkman se penche en deux parties sur la notion d’appropriation culturelle. Il est allé sélectionner des objets et des animaux empaillés canadiens issus des collections du musée des Confluences de Lyon, un musée d'histoire naturelle et d'anthropologie.

« En assemblant cette collection, j'ai voulu que les animaux deviennent spectateurs des peintures, donner l'impression qu'ils participaient en tant que public au lieu de n'être que des objets exposés », explique Kent Monkman dans les pages de la brochure officielle de l’exposition.

Cette sélection installée au milieu de la salle et qui constitue le premier volet de l’exposition baptisée La Belle et la Bête/Beauty and the Beasts fait échos aux tableaux de l'artiste exposés en deuxième partie de l'exposition.

L’artiste multidisciplinaire de 53 ans – connu pour ses réinterprétations contemporaines des paysages iconiques nord-américains – a installé une série de cinq grandes peintures épiques.

Ses thèmes de prédilection comme la sexualité, la résilience, la perte et la complexité de l’expérience autochtone s’illustrent à travers des réinterprétations en tableaux des récits mythologiques dans l’art classique occidental comme L’enlèvement de Ganymède (Miss Chief Eagle Testickle), Les trois grâces (The Three Bachelors) ou Leda et le cygne (The Affair).

Au cœur de l’impressionnant tableau hyper référencé Miss Chief's Wet Dream (« Le Rêve mouillé de Miss Chief »), Kent Monkam, qui réside aujourd’hui à Toronto, met également en scène son fameux alter ego Miss Chief Eagle Testickle, moitié guerrière, moitié drag queen.

Au milieu d'une multitude de personnages d’origine européenne et amérindienne, on y reconnaît son égérie androgyne toujours imperturbable.
La toile "Miss Chief's Wet Dream" (Le Rêve mouillé de Miss Chief) de Kent Monkman présentée à l'exposition "La Belle et la Bête/Beauty and the Beasts" au Centre culturel canadien de Paris.
La toile Miss Chief's Wet Dream (« Le Rêve mouillé de Miss Chief ») de Kent Monkman présentée à l'exposition "La Belle et la Bête/Beauty and the Beasts" au Centre culturel canadien de Paris Photo : Centre culturel canadien

Monumentale œuvre historique s’inspirant aussi bien de La Liberté guidant le peuple de Delacroix que du Radeau de la Méduse de Géricault, l’œuvre se nourrit des styles des grands romantiques français pour mieux en détourner les codes.

Passionné d’art dès son plus jeune âge, Kent Monkman est un artiste multidisciplinaire. De la peinture au cinéma en passant par la vidéo et les installations, ses œuvres sont prisées par les grandes institutions du pays.

En parallèle de l’exposition, un espace est consacré à la projection du mariage symbolique de Miss Chief avec le célèbre couturier français Jean-Paul Gauthier. La vidéo Another Feather in Her Bonnet (« Une autre plume à sa coiffe ») diffuse en continu la cérémonie (ou performance) organisée en 2017 durant l’exposition Love is Love au Musée des beaux-arts de Montréal.

L'exposition La Belle et la Bête/Beauty and the Beasts est présentée au Centre culturel canadien de Paris jusqu'au 5 septembre 2018.

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