La tournée des musées de l'Ontario : le lieu historique national Chiefswood

may49
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le 23/05/2018 à 20:43

Publié le mercredi 23 mai 2018

iefswood est le nom d'une grande maison de style victorien construite en 1856 sur la rive est de la rivière Grand sur le Territoire des Six Nations. Elle a abrité la famille de George Henry Martin Johnson. Il a été chef mohawk des Six Nations installées sur les rives de la rivière Grand.

Un texte d’Isabelle Gobeil

Voir aussi la carte des trésors cachés de 24 musées en Ontario
George Johnson, un homme respecté, un pont entre les cultures

George Johnson parlait les six langues des Six Nations autochtones et l'anglais.

J'ai compris pourquoi la devise de la maison Chiefswood est « là où les cultures se rencontrent ».

Il épouse l'anglaise Emily Suzanna Howells. Il lui offre en cadeau de noce la luxueuse demeure. Mais cette union est contestée de part et d’autre.

La famille de George Johnson et les communautés autochtones s’opposent à ce qu’il épouse une Blanche. Les parents d'Emily préfèrent déshériter leur fille plutôt que d’approuver son mariage avec un « sauvage ».

Pourtant, George Johnson occupe une place prépondérante au sein de la communauté. Il est respecté des Européens de la région.

Il occupe de nombreuses fonctions au sein de la bande des Six Nations. Il a de bonnes relations avec le gouvernement et la mission anglicane de la réserve. Il fait déjà depuis longtemps le pont entre Blancs et Autochtones.
La Maison Chiefswood, un lieu de rencontres et d'échanges

L’emplacement de la Maison Chiefswood n’est d’ailleurs pas anodin.

De la face sud, la grande porte accueillait les membres des Premières Nations qui y venaient en canots sur la rivière Grand. La façade nord donne sur la route. Elle accueillait les Blancs venant de Brampton.

Chiefswood est donc au centre de relations entre Blancs et Autochtones. Plusieurs dignitaires s’y rencontraient. Ils y tenaient des réunions et recevaient des amis comme Alexander Graham Bell.

George Henry Martin Johnson s’efforçait constamment de faire des liens entre Blancs et Autochtones.
Les enfants de George Johnson

George et Emily ont eu leurs quatre enfants dans la Maison Chiefswood : Henry, Evelyn, Allen et Pauline. Cette dernière s’est particulièrement démarquée comme poète. Elle est en fait aujourd’hui la plus connue de la famille.

Les deux garçons Henry et Allen vivent l’enfer des pensionnats autochtones à la Mohawk Institute Residential School. Cette école est réputée pour être particulièrement difficile.

Les deux filles vont à l’école à la maison. Les écrits de Pauline ont d’ailleurs fait connaître une partie de la réalité qu’ont vécue ses frères. Ces derniers sont devenus des hommes d’affaires prospères.
Pauline, la poète (1861-1913)

La plus jeune des enfants, Pauline, occupe la plus grande pièce de la maison Chiefswood.

La plupart des objets dans cette pièce lui ont véritablement appartenu. Elle a commencé à écrire de la poésie vers l'âge de 10 ans en racontant sa vie à Chiefswood et son enfance.

’est lors de longues randonnées en canot avec son frère Allen qu’elle passait des après-midi à écrire. Dans la trentaine, elle s’est mise à parcourir le Canada, les États-Unis et l’Europe et à offrir des prestations publiques et des récitals poétiques.

Elle adorait mettre en valeur sa dualité culturelle. Durant la première moitié de ses prestations, elle était vêtue à la victorienne et elle réapparaissait après l’entracte vêtue de vêtements autochtones traditionnels.

Après des années à voyager et la publication de trois recueils, elle s’est établie à Vancouver où elle est décédée en 1913.

Avant-gardisme

Ce qui m’a impressionnée le plus dans l’histoire de la Maison Chiefswood est que tout est avant-gardiste :

Le mariage des deux époux de communautés différentes
La volonté forte de George Johnson de créer des liens entre ces communautés
La Maison Chiefswood destinée à faire le pont entre les Autochtones et les Blancs
Les enfants d’Emily et Georges ne se sont jamais mariés à l’exception d’Allen (mais qui n’aura jamais d’enfants)
Pauline, femme et métisse, a parcouru le monde grâce à ses poèmes

George Johnson souhaitait que Chiefswood reste la propriété de la famille. Mais n’ayant aucune descendance connue, la maison n’a jamais été vendue. Elle a été léguée à la communauté des Six Nations.

Avec la collaboration de Vincent Wallon

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