Nikamotan MTL : la relève musicale autochtone sur scène

may49
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Modérateur

le 11/08/2018 à 06:52

Publié le vendredi 10 août 2018 à 17 h 51

La deuxième mouture du spectacle Nikamotan MTL propose une soirée à saveur hip-hop et électro ce samedi. Le spectacle est présenté par Musique nomade, dans le cadre du festival Présence autochtone sur la place des festivals de Montréal. Espaces autochtones vous propose un regard sur les artistes invités.

Un texte de Sophie-Claude Miller
L’harmonie d’Iskwé et Chances

Iskwé, femme d’origine dene-crie et irlandaise est connue à travers le Canada pour sa musique inspirée des années 1990. Son dernier album, The Fight Withtin, était en nomination pour un prix Juno en 2017. Elle est aussi en lice pour un Polaris en 2018.

Iskwé a déjà fait de multiples collaborations avec plusieurs artistes. Elle sera jumelée avec Chances, un groupe à saveur électro-pop-indie. Iskwé parle d'un bon jumelage. Elle souligne la différence des styles de création tout en affirmant qu'elles partagent un son légèrement électro.

C’est bien de sortir de sa zone de confort, d’essayer de nouvelles choses et de se pousser en tant qu’artiste pour grandir et regarder le son, la mélodie ou les paroles d’un oeil différent .
Iskwé

Le groupe Chances a sorti son premier album intitulé Traveler en avril. Le groupe est formé de Geneviève Toupin (métisse du Manitoba) et de Chloé Lacasse aux voix et claviers, et de Vincent Carré à la batterie. Ils connaissaient Iskwé de réputation et ils avaient très hâte de collaborer avec elle. Les membres de Chances et Iskwé ont appris à travailler ensemble dans un très court laps de temps. En trois jours, la chanson et un vidéoclip ont été enregistrés.

« C’était comme si elle s’en allait de A jusqu’à Z et nous on commençait à Z et on s’en allait jusqu’à A, mais on voulait la même chose en bout de ligne, », explique Chloé du groupe Chances.

La chanteuse Iskwé et le groupe Chances présenteront cette chanson composée spécialement pour la soirée de samedi, intitulée Alive.
La force d’Anachnid et Annie Sama

Anachnid est une artiste multidisciplinaire oji-crie dont l’animal totem est l’araignée. Sous une allure et une sonorité parfois sombre, elle présente une musique pleine de vie. Son premier single, Windigo, qui est aussi produit par Musique nomade, est sorti en mai.

Lorsqu’elle a été approchée pour collaborer avec Annie Sama, une artiste multidisciplinaire québécoise et congolaise, elle a dit oui sans hésiter. Anachnid a beaucoup apprécié le travail avec cette artiste d’expérience.

« Ça m’a vraiment inspirée à m’exprimer aussi. Elle m’a appris certaines techniques […] et quelques trucs et c’était vraiment nice », confie Anachnid à Espaces autochtones.

Sa partenaire d'un soir Annie Sama œuvre aussi en danse, en arts visuels et dans la mode. Sa musique d’influence électronique est pop-industrielle, une musique qui a des sonorités mécaniques assez lourdes. Musique nomade lui a fourni l'occasion de faire sa première collaboration avec une artiste autochtone. Elle dit partager bon nombre de similarités culturelles et historiques avec les premiers peuples.

Annie a proposé un rythme de base, tout en laissant beaucoup de place à la créativité d'Anachind. Beaucoup d'idées ont été échangées entre les deux artistes et puis le consensus est venu facilement. Les deux femmes ont aimé leur travail de collaboration, un processus basé sur l'instinct.

Je pense qu'il y a eu une magie qui s'est créée naturellement et on a vraiment beaucoup aimé travailler ensemble
Annie Sama

Le public pourra découvrir l’opus créé par Anachnid et Annie Sama pour le spectacle Nikamotan MTL 2, Now Wow We.
L’énergie de Wolf Castle

Wolf Castle est un jeune membre de la Première Nation Pabineau, au Nouveau-Brunswick. Il est musicien, chanteur, rappeur et producteur. Il a été en nomination deux fois au gala East Coast Music Association (ECMA). Son troisième album hip-hop, The Artifical to Original, est paru en avril 2017.

Il dépense beaucoup d’énergie sur scène, même si au quotidien il se dit plutôt « tranquille ».

« Lorsque je suis sur scène, c’est comme si toute l’énergie que j’ai emmagasinée a finalement la chance de sortir comme un éclair », dit-il.

Tristan Grant s’inspire du rap old school d’artistes tels que Biggie Smalls. Il est aussi ouvert à la musique des artistes contemporains comme Kanye West.
Les paroles de Violent Ground

L’univers rap d’Allan et de Christian Nabinicaboo présente la réalité difficile de la vie en communauté autochtone. Si la toxicomanie, l’alcoolisme et la violence font partie de leur quotidien à Kawawachikamach (au nord-est de Schefferville), leur musique n’est pas moins remplie d’espoir et de résilience. Leur album éponyme est paru en 2014.

Les frères d’origine naskapie et crie vivent à Montréal, mais ils ont commencé à faire de la musique dans le sous-sol de leurs parents dans leur communauté nordique. Ils ont peaufiné leur rap pendant plusieurs années. Maintenant, ils sont fiers de la rapidité avec laquelle ils enfilent les mots.

« On peut en dire beaucoup en un paragraphe, on peut en dire beaucoup en une ligne. On peut raconter toute une histoire en une chanson », dit Allan Nabinicaboo.

Pour Allan et Christian, le rap est une façon de se raconter. C’est pour eux un exutoire qui leur permet de partager les histoires qu’ils ont vécues, mais aussi celles qu’ils ont entendues.
La musique médicinale de Sacred Wolf Singers

Ce groupe de musique traditionnelle autochtone est originaire du Nouveau-Brunswick. Tee Cloud et Julian Wells jouent souvent pour des pow-wow et des cérémonies diverses. La passion du membre fondateur, Tee Cloud, pour la musique de sa nation micmaque l’a emmené à voyager d’un bout à l’autre du Canada, en passant par New York et même jusqu’à Honolulu.
L'homme porte des lunettes fumées et présente son tambour à main.
Tee Cloud, membre fondateur du groupe Sacred Spirit Singers. Photo : Musique nomade

Le but du spectacle consiste à favoriser des rencontres interculturelles. La direction musicale est assurée par Blaise Borboën-Léonard tandis que la mise en scène a été confiée à Xavier Huard. Certains artistes qui seront à l'oeuvre sont issus de la relève musicale autochtone tandis que d'autres sont non autochtones. Rendez-vous donc samedi soir à 21 h 30 à la Place des Festivals, dans le cadre du festival Présence autochtone pour les découvrir.

À écouter aussi :

Moe Clark nous présente isKwé
Simon Riverin présente entre autres Violent Ground
Moe Clark nous présente Wolf Castle*

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