Pour la nuit des musée, Yverdon met en lumière ses amérindiens

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le 19/05/2018 à 07:48

Pour la nuit des musée, Yverdon met en lumière ses amérindiens
CultureLe précieux fond d'objets amérindiens, probablement rapporté par le gouverneur Frederick Haldimand au XVIIIe siècle à Yverdon, a été restauré et sera exposé pour la Nuit des musées qui a lieu samedi

Pour la Nuit des musées d’Yverdon, ce samedi (lire ci-contre), le Musée d’Yverdon et région veut mettre en lumière une collection précieuse et méconnue du grand public. «Des objets qui pourraient figurer au Quai Branly, à Paris. Nous avons une chance rare de les avoir chez nous», assure la conservatrice, France Terrier. Il s’agit ni plus ni moins d’une sélection d’objets ramenés directement de la région des Grands Lacs américains et de l’est du Minnesota dans le courant du XVIIIe siècle et du XIXe. Par qui? Plusieurs sources sans doute, parmi lesquelles le fameux Frédéric Haldimand (1718-1791), militaire yverdonnois qui s’est illustré comme gouverneur du Québec pour la couronne anglaise.

La collection, fraîchement restaurée sous l’égide du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire, n’avait pas été exposée depuis les années 1970. C’est pourtant une véritable pépite. Une source précieuse et des témoins poignants des dernières années de vie indépendante de la culture amérindienne.

Influences européennes

Encore dans leurs cartons, les artefacts semblent avoir été utilisés pour la dernière fois hier. Il y a un petit mocassin issu probablement du Minnesota. Trois impressionnantes flèches en bois, Ottawa ou Chippewa, destinées à la chasse aux oiseaux. On trouve des raquettes à neige, finement peintes de motifs animaliers. Il y a un surprenant casse-tête en bois d’érable et en forme de crosse de fusil. Comme quoi, l’artisanat indien s’est rapidement adapté à la culture des nouveaux arrivants. «On trouve aussi de petites plaques de métal récupérées ou des perles de verre sur des sacoches faites de cuir et d’épines de porc-épic, poursuit la directrice. Des matériaux absents avant les contacts avec les Européens.»

Selon l’étude de la collection menée par l’ethnologue Christian Feest, la ceinture «wampum» en imitation de verre, un objet de prestige, pourrait d’ailleurs avoir été offerte directement à Haldimand par ses administrés.

Pour le Musée d’Yverdon, l’opération temporaire vise également à interroger la place de ces artefacts issus des épopées coloniales au milieu des collections locales. «On peut évoquer la découverte de l’autre au XVIIIe siècle, la sacralité de ces objets, leur rôle comme souvenirs ou comme support didactique, conclut France Terrier. Ce sont des questions actuelles.»

Le XVIIIe siècle et la figure de Haldimand auraient dû être au centre d’une grande exposition temporaire à laquelle le musée dit avoir renoncé faute de moyens humains. Une année thématique était également prévue à l’échelle des acteurs culturels de la ville. Il en reste le programme de l’Association Les XVIIIèmes d’Yverdon ainsi que le spectacle «Haldimand… je me souviens d’Yverdon», qui sera donné du 14 au 29 juin dans le parc de la Villa d’Entremonts. (24 heures)

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