Une plateforme internationale pour les réalisatrices autochtones

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le 18/08/2018 à 07:40

Publié le vendredi 17 août 2018 à 22 h 20

La professeure de l'Université Queen's d'origine anichinabée Karine Bertrand souhaite mettre en place une plateforme internationale en ligne pour permettre aux réalisatrices autochtones de partager leurs créations et d'échanger entre elles.

Un texte de Gabrielle Paul

Depuis près de deux ans, Karine Bertrand et son équipe composée d’étudiants, dont une assistante de recherche autochtone, travaillent à cette plateforme composée d’une base de données et d’un site web.

La base de données permettra de répertorier le nom, la communauté, la nation et les œuvres des réalisatrices autochtones originaires de trois continents.

Karine Bertrand et son équipe ont déjà documenté le travail de cinéastes de l’Amérique du Nord et de l’Amérique du Sud. Elles souhaitent faire de même pour les cinéastes de l’Océanie.

Un site web sera ensuite construit pour offrir à ces cinéastes la possibilité de partager leurs méthodes de travail et leurs préoccupations.

« C’est aussi une façon de rendre leur travail beaucoup plus accessible au grand public », affirme Karine Bertrand.

La professeure souhaite commencer à rendre publique la base de données en septembre 2019.

Le projet a déjà reçu près de 100 000 $ en subventions, entre autres de l’Université Queen’s.

Touchée par le sort des femmes autochtones assassinées et disparues, Karine Bertrand voulait voir comment le cinéma pouvait devenir un outil dans cette lutte.

« Je me demandais comment un projet de recherche pourrait contribuer à changer les représentations très négatives des femmes autochtones dans le cinéma », raconte-t-elle.

Selon Mme Bertrand, les femmes autochtones poursuivent leurs rôles traditionnels dans le milieu du cinéma.

« Souvent les femmes autochtones vont utiliser le cinéma comme un outil pédagogique, comme un outil de guérison culturelle et communautaire », dit-elle.
Lutter contre « la colonisation des images »

Cela fait maintenant vingt ans que Karine Bertrand s’intéresse au cinéma autochtone.

Celle dont la famille est originaire de Kitigan Zibi, en Outaouais, a d’ailleurs consacré sa thèse de doctorat au cinéma comme outil de réappropriation culturelle pour les Autochtones.

Elle croit que la colonisation s’est aussi exprimée dans les créations cinématographiques.

« On a longtemps dépeint la femme autochtone comme objet sexuel, comme être innocent dont on peut abuser, dit-elle. Ces images ont contribué à la situation dans laquelle on est aujourd’hui. »

« De plus en plus, dans le cinéma québécois, il y a une volonté d’aller vers les Autochtones pour qu’il y ait davantage de représentation », nuance-t-elle.

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