En 1607, un an avant la fondation de Québec, les communautés amérindiennes étaient bien nourries et en santé

May
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le 19/04/2009 à 09:49

En 1607, un an avant la fondation de Québec, les communautés amérindiennes étaient bien nourries et en santé.


En 1607, un an avant la fondation de Québec, les communautés amérindiennes étaient bien nourries et en santé. Elles disposaient d’un riche arsenal thérapeutique, dont une longue liste de tisanes et décoctions de plantes pour se soigner, affirme le sociologue retraité Denys Delâge, lui-même un Métis, qui enseignait en sociologie et en histoire à l’Université Laval. Des auteurs ont recensé, dans l’ensemble des Amériques, une variété de près de 400 plantes utilisées en médecine autochtone.


La tisane d’écorce de cèdre blanc, l’anedda, qui faisait partie de la pharmacopée des Hurons au XVIe siècle, sauva les marins de Jacques Cartier atteints de scorbut, lors de son second voyage au Canada. Cette tisane contenait une bonne dose de la vitamine C qui manquait à l’alimentation des marins, privés de produits frais depuis trop longtemps.

Ces connaissances anciennes ont perduré. En 1918, par exemple, la communauté huronne de Wendake a combattu avec succès la grippe espagnole qui décimait la population blanche de Québec, grâce à une plante appelée Berce très grande et Poglus par les Hurons. Les Algonquins, les Montagnais, les Attikameks et les Cris utilisaient eux aussi cette plante en infusion contre la fièvre et les spasmes fiévreux.
Mais la médecine amérindienne ne reposait pas que sur les plantes. On sait moins que les Amérindiens pratiquaient aussi la « psychothérapie », qu’ils connaissaient l’hygiène corporelle et les bienfaits du sauna pour rester en santé et qu’ils utilisaient, enfin, la quarantaine pour isoler une personne malade et protéger le reste du clan contre la propagation d’une maladie ?

Pour les Amérindiens, certains problèmes de santé résultaient d’un mal à l’âme, indique M. Delâge. La « psychothérapie » visait à guérir le malade en satisfaisant les besoins de son âme, raconte-t-il en entrevue. Un chapitre de son ouvrage Le Pays renversé, publié chez Boréal, aborde ce thème.

Les Amérindiens considéraient la maladie sous un angle totalement différent des Européens, dit-il. En Europe, il était fréquent d’attribuer la maladie au péché alors que de ce côté-ci de l’Atlantique, l’approche était quasi freudienne avant la lettre : la maladie pouvait résulter d’un manque d’écoute de ses désirs. On amenait la personne malade à raconter ses désirs et ses rêves, que la communauté cherchait à décoder, avant de tout mettre en branle pour la satisfaire. On traitait certains problèmes d’origine sexuelle de cette façon.

De l’avis de M. Delâge, la médecine amérindienne n’était pas en retard par rapport à celle pratiquée en Europe à cette époque. On n’a qu’à penser à la sinistre et inutile saignée, dit-il.

On redécouvre aussi que, comme les Scandinaves, les autochtones montaient des tentes à suer, ou sueries, pour se purifier et fortifer leur corps. Un prêtre Récollet, Gabriel Sagard, a observé ce rituel, pas très honnête à son avis, chez les Hurons des Grands Lacs durant l’hiver 1623-1624. Après le sauna, comme les Finlandais, ils se précipitaient nus dans les eaux fraîches. Ils se lavaient d’ailleurs régulièrement, contrairement aux Européens, qui voyaient l’eau comme une source de contamination. Ils ne se lavaient pas et ne buvaient pas d’eau, dit le sociologue. Mère Marie de l’Incarnation nettoyait ses petites élèves amérindiennes, enduites de graisse d’ours pour se protéger du froid ou des moustiques, avec un linge mouillé de vinaigre.


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