En Alaska, des restes humains accréditent la thèse d'un peuplement américain par l'Asie

may49
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le 15/01/2018 à 06:28

Les Echos Le 14/01 à 14:03

Une équipe scientifique a pu reconstituer le génome d'un nourrisson vieux de 11.500 ans, retrouvé en Alaska. Il s'agit du descendant de la plus vieille branche de peuplement américain jamais découverte à ce jour.

C'est un élément de plus pour les tenants d'un peuplement de l'Amérique par l'Asie.
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Des restes d'une jeune fille, enterrée avec un nourrisson, probablement mort-né, ont été découverts en 2010 sur le site archéologique d'Upward Sun River, dans la vallée de la rivière Tanana, au centre de l'Etat d'Alaska. Un campement aurait été établi ici par une tribu nomade, il y a 11.500 ans.
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Une étude, menée par une équipe internationale de scientifiques depuis cette découverte, et publiée par la revue Nature le 3 janvier dernier, contribue à en savoir plus sur le peuplement du continent américain. Elle montre que le patrimoine génétique de la jeune fille correspond à un séquençage encore inconnu, différent du génome des Amérindiens et de ceux de leurs ancêtres, déjà reconstitués par des recherches précédentes.

Les chercheurs ont conclu de leur étude que ce peuple partageait un ancêtre commun avec les Amérindiens : c'est la branche la plus ancienne (à ce stade des découvertes) qui ait peuplé l'Amérique.

L'équipe scientifique a nommé les descendants cette branche « Anciant Berigians », du nom de la Béringie, cette bande de terre qui faisait le pont de l'Asie à l'Amérique du Nord lors de la dernière glaciation, il y a 20.000 ans.
L'homme de Kennewick ou l'hypothèse Solutréenne

Au début du XXIe siècle, une autre hypothèse était en vogue. La découverte en 1996 d'un squelette entier, à Kennewick (Washington), au nord-ouest des Etats-Unis, avait donné lieu à d'autres théories que celle d'un peuplement par l'Asie.

Certains soutenaient, comme l'archéologue Dennis Stanford, que l'homme de Kennewick venait de l'ouest de l'Europe et non d'Asie : les caractéristiques crâniennes de Kennewick, daté de 8.400 ans, sont très différentes de celles des Amérindiens encore vivants.
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Cette découverte, relayée par les médias, a longtemps semé le doute sur l'origine des premiers américains. C'est l'hypothèse Solutréenne : les premiers hommes à avoir peuplé l'Amérique venaient de France et d'Espagne.

En 2015, l'hypothèse s'effondre : le séquençage du génome de Kennewik montre qu'il n'y a pas d'autre population plus proche génétiquement que celle des Amérindiens : c'est bien son ancêtre direct.
De qui les Amérindiens descendent-ils ?

La découverte d'Upward Sun River a permis aux scientifiques de préciser l'histoire du peuplement Américain et de celle de l'évolution des Amérindiens. Les ancêtres des Anciens Béringiens (les mêmes que les Amérindiens) viennent bien d'Asie : ils partagent un ancêtre commun avec les Chinois, et les deux branches se seraient séparées il y a 36.000 ans.

En Sibérie, à l'époque terre fertile et non hostile, les croisements entre les peuples ont donné naissance à de nombreux métissages, dont celui des ancêtres des premiers Américains avec les « Anciens Nord-Eurasiens », il y a 25.000 ans.

Quelques milliers d'années plus tard, autour de 18.000 ans avant notre ère, les ancêtres des Anciens Béringiens et les ancêtres directs des Amérindiens se séparent. 4.000 ans plus tard, les ancêtres des Amérindiens se séparent à leur tour, donnant naissance aux Nord-Amérindiens (Apaches, Sioux, Navajos etc.) et les Amérindiens du Sud (Quechuas, indigènes d'Amérique Centrale et du Sud).

Cette étude confirme le rôle central de la Béringie, sans toutefois affirmer avec précision les lieux où les branches de peuplement se seraient divisées : avant d'arriver en Alaska, ou après ?

Cette question n'a pas trouvé de réponse consensuelle au sein des scientifiques qui ont participé à l'étude, mais les progrès immenses réalisés en paléogénétique ces dernières années pourraient bientôt aider à y répondre.
Paul Boulben

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