La présence amérindienne

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le 14/06/2017 à 07:11

Claude Martel

Mardi 13 juin 2017

UN BRIN D'HISTOIRE

Le 21 juin prochain, le Québec soulignera la journée nationale des autochtones. Pour l’occasion, nous consacrons cette chronique aux origines de la présence amérindienne dans le sud de la région de Lanaudière.

Les sources

Nous disposons de peu de sources pour étoffer ce chapitre qui repose sur certains ouvrages généraux et sur les résultats des fouilles archéologiques effectuées dans la région.

Sur les traces des premiers occupants

Il n’y a certainement pas eu de présence humaine sur le territoire avant 9500 ans, car celui-ci était recouvert par les eaux de la mer de Champlain. De plus, le climat et l’environnement étaient encore peu propices à l’épanouissement de la vie humaine.

À cette période appelée celle du «Paléoindien», il est probable que des individus, migrant de l’ouest vers l’est, aient pu traverser notre région, mais aucun site archéologique lanaudois ne révèle cette présence.

On peut tout de même affirmer que des vestiges amérindiens se trouvent assurément en bordure des principales rivières, telles que L’Assomption, Mascouche ou le fleuve Saint-Laurent ainsi que sur les terrasses adjacentes.

Il faut attendre à la période «Archaïque», pour s’assurer d’une présence humaine sur notre territoire. Les archéologues sont d’avis que les premières fréquentations du territoire peuvent remonter à plus de 7 000 ans.

Toutefois, la plus ancienne présence amérindienne connue des environs nous provient du secteur de Saint-Gérard-Majella, au nord de L’Assomption, et correspond à la découverte d’une pointe de lance, datée de 5 500 ans avant aujourd’hui.

Les peuplades qui habitent la région sont encore nomades, vivant de la chasse, de la pêche et de la cueillette de petits fruits et des nombreuses plantes comestibles qui peuplent nos forêts.

Il y a environ 4 200 ans, de nouveaux arrivants, provenant de l’État de New York, ou peut-être même de la Pennsylvanie, s’installent dans la vallée du Saint-Laurent et se mêlent aux peuples d’ici.

L’apport de cette immigration aurait contribué à améliorer la «boite à outils» de ces peuplades.

La période sylvicole

La société change avec le début d’une nouvelle ère culturelle amérindienne, il y a 3 000 ans, celle que l’on désigne sous le nom de «période sylvicole». On constate la présence d’une grande famille ou nation dans la vallée du Saint-Laurent, que l’on désigne comme les Iroquoiens du Saint-Laurent. Une première mutation culturelle commence par l’adoption de la poterie.

La culture du maïs s’implante graduellement vers les années 700 ou 800 de notre ère (après Jésus-Christ), mais c’est véritablement à partir de l’an 1000 que celle-ci s’établit définitivement et provoque la transition vers une société horticole.

Un site archéologique découvert près du manoir seigneurial de Mascouche confirme la présence d’un campement vers l’an 900 à 1000. Rapidement, les Iroquoiens passent du nomadisme à la sédentarité. L’agriculture est exercée par les femmes et permet ainsi de s’affranchir, du moins en partie, de la dépendance à la chasse, à la pêche et à la cueillette. C’est ainsi qu’elle entraîne un changement majeur dans l’habitat avec le développement de villages entourés de palissades.

En habitant des villages, les Iroquoiens mettront au point une habitation particulière répondant bien à leur mode de vie. Chacun des clans habite une maison longue, une maison qui s’agrandit au fil de l’évolution du clan familial.

À l’époque, lorsqu’on épuisait les ressources naturelles et fauniques environnantes, on déplaçait le village de quelques kilomètres, ce qui se produisait généralement tous les 15 ou 20 ans. La maison longue est un habitat exigu qui peut compter jusqu’à 10 familles issues de la même parenté — le clan familial.

L’illustration qui suit permet de voir l’aménagement d’un village iroquoien type; il est plus que probable que le territoire actuel de Terrebonne-Mascouche ait connu un village similaire.

La présence amérindienne au temps de la Nouvelle-France

L’arrivée de l’explorateur français Jacques Cartier, en 1534, met fin à la préhistoire québécoise. C’est à ce moment que commence l’époque historique.

En 1535, Cartier remonte le fleuve Saint-Laurent et trouve un petit village iroquois près de l’actuel village de Lanoraie. Mais en 1603, lorsque Samuel de Champlain repasse dans le secteur, on ne retrouve plus un seul Iroquoien. Il est probable que les guerres intertribales entre les Iroquois, surtout ceux du groupe des Agniers (Mohawks), et les Algonquins aient entraîné cette disparition.

Malgré l’absence permanente de tribus iroquoises dans le sud-ouest de Lanaudière, cela ne signifie pas que la région était vide!

Les Agniers remontaient le Richelieu et venaient y rôder. Les Algonquins de l’Outaouais remontaient parfois jusqu’à la rivière L’Assomption. C’est surtout des membres de cette nation que l’on croise aux abords de Lachenaie, à la fin du 17e et au début du 18e siècle.

La colonisation dans la grande région de Montréal demeure une aventure difficile. Dès 1641, les Agniers attaquent Trois-Rivières, puis Montréal, peu de temps après sa fondation. La première guerre franco-iroquoise s’étend de 1641 à 1667.

Après une brève accalmie, permettant la colonisation des premières seigneuries lanaudoises, une seconde guerre sanglante avec les Iroquois s’amorce en 1684 et se termine avec le traité de la Grande Paix de Montréal, en 1701.

Les premiers colons viennent de nouveau coloniser les rives de la rivière des Mille-Îles dès les premières décennies du 18e siècle.

Les archives font rarement état de la présence amérindienne dans notre région, mais les registres paroissiaux mentionnent parfois le baptême d’un «sauvage», signe tangible d’une présence amérindienne relativement discrète.

Sources : Archéotec/MRC de L’Assomption, L’archéologue enquête – L’archéologie du territoire de la MRC de L’Assomption, 2007, pp. 5-6; Claude Gélinas, « Le monde amérindien : la préhistoire mauricienne », dans René Hardy et Normand Séguin, Histoire de la Mauricie, IQRC, Les Presses de l’Université Laval, 2004, p. 27; Normand Brouillette, Pierre Lanthier, Jocelyn Morneau, Histoire de Lanaudière, INRS, 2012, p 50-55; Jean-Claude Robert, Atlas historique de Montréal, Éd. Art Global Libre Expression, 1992, p. 21. Fonds de recherche de l’auteur.

source
http://www.larevue.qc.ca/chroniques_presence-amerindienne-n42522.php

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