La tombe de Louis Riel fascine les touristes à Saint-Boniface

may49
may49
Modérateur

le 27/07/2018 à 06:36

Publié le jeudi 26 juillet 2018 à 1 h 16 Mis à jour le 26 juillet 2018 à 13 h 10

Même 133 ans après l'exécution de Louis Riel, les touristes sont toujours aussi nombreux à se rendre là où le défenseur des droits des Métis et des Canadiens français est enterré, dans le cimetière de la cathédrale de Saint-Boniface, à Winnipeg.

Un texte de Mathilde Monteyne

Guy Fortin, qui vient de Candiac, au Québec, tenait à ce que ses enfants voient la tombe de Louis Riel. « Par les photos, ils vont garder un souvenir de leur voyage et de Louis Riel, parce qu'un peu plus tard ils vont entendre parler de Louis Riel », prédit-il.

Selon Michelle Gervais, directrice de Tourisme Riel, environ 10 000 personnes visitent la tombe chaque année, ce qui en fait un lieu incontournable de Saint-Boniface.
Une dame sourit, en arrière-plan on voit la tombe de Louis Riel, un petit monument de forme rectangulaire, rouge clair, dont le pied est gris, et sur lequel se trouve une reproduction de Louis Riel.
Michelle Gervais, directrice de Tourisme Riel Photo : Radio-Canada/Megan Goddard

D’après elle, il s’agit surtout de visiteurs francophones qui veulent « célébrer leur langue, mais aussi bien connaître l’histoire de la francophonie au Manitoba ».

Aidan Prenovault, qui est guide au Musée de Saint-Boniface, ajoute que la tombe attire aussi des touristes des États-Unis.

C’est un peu un pèlerinage pour les gens.
Michelle Gervais, directrice de Tourisme Riel

Selon Michelle Gervais, la vue de la tombe engendre beaucoup d’émotions. Elle explique que, lors d’une visite guidée, elle a vu un touriste coller un bout de papier blanc sur la tombe. « Puis, il a pris un morceau de charbon et il a frotté le papier pour avoir l'empreinte de la tombe sur son papier, puis il a mis un ruban rouge, et il pleurait à grandes larmes pendant qu'il faisait ça », raconte-t-elle.
À lire aussi :

Faut-il innocenter Louis Riel?
L’exonération de Louis Riel n’est pas pour cette année
Souveraineté québécoise : l’appropriation d’un symbole manitobain sème la controverse

Au pied du monument, ce jour-là, on pouvait voir un bouquet de fleurs. D’autres jours, affirme Michelle Gervais, ce sont des cigarettes, qui, dans la culture autochtone, constituent une offrande en signe de respect.
Trois personnes se situent à l'avant-plan, deux regardent un panneau indicatif de l'histoire de Louis Riel et le dernier tient un appareil photo à la main, à côté de la tombe. A l'arrière-plan à droite, à proximité de la tombe, trois autres personnes discutent. On voit la cathédrale de Saint-Boniface en arrière-plan.
Des touristes visitent la tombe de Louis Riel, dans le cimetière de la cathédrale de Saint-Boniface, à Winnipeg. Photo : Radio-Canada/Megan Goddard

« C’est vraiment un lieu d’accueil chez les gens, puis un lieu important pour venir vraiment le reconnaître comme notre patron du Manitoba, et notre héros », affirme la directrice de Tourisme Riel.
Un symbole qui rassemble

En tant que fondateur du Manitoba, défenseur des droits des Métis et des francophones dans l’ouest, Louis Riel rayonne à travers tout le Canada.
Un homme avec une casquette et des lunettes de soleil s'adresse à la caméra, en arrière-plan on voit sa famille : une dame et deux fils près de l'âge adulte.
Dane Newton, qui vient de l'Alberta et a des origines métisses, a toujours voulu voir la tombe de Louis Riel. Photo : Radio-Canada/Megan Goddard

Dane Newton est notamment venu de Crowsnest Pass, en Alberta, avec sa famille.

J’ai des origines métisses du côté de ma mère et j’ai toujours voulu venir ici, car pour moi, c’est sacré.
Dane Newton, touriste albertain

Gaston Lescault, de Longueuil, au Québec, voyage avec sa femme à travers le pays. « Une des premières choses qu’on voulait voir, dit-il, c’est le tombeau de Louis Riel. On en a beaucoup entendu parler, par les journaux, les livres, les lectures que j’ai faites. Ça fait que je tenais à voir vraiment où il a été enterré. »
Un homme d'un certain âge rit devant la caméra.
Gaston Lescault, qui vient de Candiac, au Québec, a beaucoup lu sur Louis Riel. Photo : Radio-Canada/Megan Goddard

Selon Aidan Prenovault, « voir où il est enterré, pour des gens, c’est vraiment spécial parce qu’on peut voir que Louis Riel, c’est une vraie personne, il y avait de vraies batailles à mener et tout cela a culminé avec la création du Manitoba ».
Des mythes qui l’accompagnent

Comme tout grand symbole, la tombe de Louis Riel possède ses propres légendes. Certains pensent qu’il n’y est pas réellement enterré, ce que réfute Aidan Prenovault.
un jeune homme s'adresse à la caméra devant la tombe de Louis Riel.
Aidan Prenovault, guide au Musée de Saint-Boniface Photo : Radio-Canada/Megan Goddard

« Ces histoires existent parce que Louis Riel a été enterré au milieu de la soirée, au milieu de décembre, pour éviter que les anglophones de la communauté de Winnipeg n’exhument son corps et le fassent disparaître. Mais il est enterré ici, avec son épouse et ses trois enfants », affirme-t-il.

Quoi qu’il en soit, beau temps, mauvais temps, les touristes se pressent autour de ce petit monument, dans le cimetière de la cathédrale.

lire la suite et voir les photos

Répondre à ce message

Vous n'êtes pas autorisé à poster un message sur le forum.