Cerf de Virginie ; Un autre hiver difficile

May
May

le 28/02/2009 à 05:42

vendredi 27 février 2009

Québec lance ses opérations de nourrissage d'urgence des cerfs de Virginie en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent.

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Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune estime que la neige abondante en Gaspésie et dans l'est du Bas-Saint-Laurent rend le déplacement des bêtes trop difficile.

Les tempêtes des dernières semaines ont porté le niveau d'enfoncement en forêt au même point qu'à pareille date l'an dernier au moment où les pertes dues à la famine avaient varié entre 25 et 30 % selon les secteurs.

Le biologiste du ministère des Ressources naturelles et de la Faune Jean Lamoureux indique qu'à partir d'un enfoncement de 50 cm, il devient difficile pour le cerf de Virginie de se déplacer. « Avant la dernière tempête, on avait déjà un enfoncement des cerfs qui était tout près de 90 cm », précise-t-il.

Le ministère doit donc reprendre la distribution de nourriture en forêt pour un second hiver consécutif.

Les opérations de nourrissage ont été mises en branle il y a déjà une dizaine de jours en Gaspésie et l'ont été cette semaine au Bas-Saint-Laurent. Dans cette région, le ministère est particulièrement préoccupé par l'état du cheptel de 2000 chevreuils des ravages de Duchénier, de Biencourt, de Varin, de Causapscal et de Rivière-Matane, ce qui correspond au tiers des troupeaux de cerfs dans la région.

Le ministère distribue gratuitement la nourriture spécialement conçue pour les cerfs. Quelque 22 tonnes de cette nourriture seront distribuées dans l'est du Bas-Saint-Laurent et 50 tonnes en Gaspésie.

En tout, 20 000 $ provenant du fonds d'urgence administré par la Fondation de la faune du Québec seront investis au Bas-Saint-Laurent pour assurer l'achat de la nourriture et payer les dépenses des bénévoles sur le terrain.

En Gaspésie, l'opération coûtera 40 000 $. Le ministère compte sur des bénévoles pour effectuer la distribution qui se fera dans 235 endroits de la forêt gaspésienne.

Population fragile


Malgré tout, les biologistes estiment que de nombreux cerfs mourront cet hiver. L'an dernier, malgré le nourrissage, le quart du cheptel a succombé aux rudes conditions de l'hiver.

Le nombre de cerfs de Virginie du Bas-Saint-Laurent avait chuté de 8000 à 6000 têtes, en raison d'un printemps trop tardif. Pour favoriser la croissance du cheptel, le ministère pourrait, encore cette année, interdire la chasse aux femelles et aux faons dans la zone 2.

En Gaspésie, la chasse a dû être fermée pendant presque 10 ans dans les années 1990 afin de protéger le cheptel. La région comptait en 2003 une population de 6000 cerfs. Un nouveau décompte devrait être effectué cette année.

Télè

Pierre Cotton fait le point sur les opérations de nourrissage d'urgence des cerfs en Gaspésie


http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2009/02/27/001-cerf-nourrrissage.asp
May
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le 28/02/2009 à 06:43

Nourrir des cerfs de Virginie : pas toujours souhaitable

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Le cerf de Virginie adopte un régime alimentaire différent en hiver. Il peut lui être néfaste de l’alimenter avec une nourriture qui ne lui convient pas.

S’il peut s’avérer tentant de fournir de la nourriture aux cerfs de Virginie durant la période hivernale, il n’est pas dit que ce qu’on leur offre corresponde à leurs besoins vitaux. Cela peut même entraîner involontairement des conséquences négatives pour ces animaux, selon les biologistes du ministère des Ressources naturelles et de la Faune.

Bien souvent, des gens qui demeurent aux abords de zones boisées prennent l’habitude de mettre de la nourriture à la disposition des chevreuils, croyant bien faire. Cependant, des aliments tels que les pommes, les carottes ou certains grains comme le maïs, ne correspondent pas au régime alimentaire hivernal de ces bêtes.

Puisque ces aliments contiennent peu d’énergie assimilable par leur organisme, ils peuvent provoquer des diarrhées et des ballonnements. De plus, leur contenu important en eau force l’animal à dépenser beaucoup d’énergie à la réchauffer. Les experts comparent cela à un humain qui se nourrirait de popsicles lors d’une randonnée hivernale.

Régime riche en fibres

En milieu naturel, le cerf de Virginie adopte un régime alimentaire riche en fibres durant la saison froide, composée principalement de bouts de branches d’arbres et d’arbustes. Sa flore intestinale s’adapte progressivement à ce régime plus strict. Pour compenser cette carence en protéines, les chevreuils pourront alors puiser dans leurs réserves corporelles, ce qui peut se traduire par la perte de 15 % à 30 % de leur poids durant l’hiver. Ils réduiront également leur dépense d’énergie en limitant leurs déplacements dans un même secteur.

Par ailleurs, le fait de nourrir artificiellement des cerfs de Virginie risque d’entraîner ceux-ci en dehors de leur habitat habituel. Leur présence dans des secteurs plus urbanisés devient alors un facteur pouvant engendrer des accidents de la route, des dommages aux propriétés privées, voire la transmission de maladies ou de parasites. De plus, cette présence peut susciter l’intérêt d’éventuels braconniers.

Contrairement à certains États américains et à certaines provinces canadiennes, le Québec n’interdit pas le nourrissage des cerfs de Virginie, mais favorise plutôt une approche axée sur la sensibilisation et l’éducation. Aussi, le ministère émet certaines recommandations aux propriétaires qui persistent à le faire :

-privilégier les branches d’érables ou de cèdres aux aliments artificiels;

-choisir des sites éloignés des routes;

-assurer le nourrissage jusqu’à la fonte des neiges;

-utiliser une moulée riche en énergie, faible en protéines (10 %) et forte en fibres (35-40 %);

-éviter les fruits, les légumes, le maïs et les aliments de table, de même que la moulée destinée aux animaux d’élevage.

http://monteregieweb.com/Mon_Salaberry/main+fr+01_300+Nourrir_des_cerfs_de_Virginie__pas_toujours_souhaitable.html?ArticleID=564767&JournalID=33

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