Côte-Nord: des projets d'exploitation d'uranium engendrent de l'opposition

May
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le 12/03/2009 à 06:52

8 Mars 2009

MONTREAL - Le secteur du lac Kachiwiss, sur la Côte-Nord, est très prisé des habitués de la dizaine de camps de chasse et de pêche qui l'entourent. Accessible par voie de terre uniquement en motoneige, cette région sauvage constitue un lieu d'escapades hivernales pour de nombreux résidants de Sept-Iles, à une vingtaine de kilomètres de là.

Mais d'autres convoitent les trésors de cette zone forestière: une société de prospection minière de la Colombie-Britannique, Terra Ventures, s'intéresse à une falaise surplombant le lac, où se cacherait un important gisement d'uranium à faible teneur.



Comme c'est le cas dans un nombre grandissant de régions au Canada, les résidants de l'endroit s'opposent à l'extraction de ce minerai radioactif si près de leur ville. A Sept-Iles, plusieurs craignent que des déchets miniers ne contaminent leur eau potable, qui provient d'un lac voisin.




Eventuellement, il va y avoir des fuites et cela va contaminer l'eau, soutient Marc Fafard, le fondateur d'un groupe de résidants qui réclame un moratoire sur l'exploitation de l'uranium dans la région.




Terra Ventures a suscité l'inquiétude l'an dernier en procédant à des forages d'exploration. Des centaines de citoyens de Sept-Iles ont manifesté et exigé que la province suspende l'exploration et l'extraction d'uranium. Environ 3000 d'entre eux ont signé une pétition en ce sens. Le conseil municipal local a même adopté, à l'unanimité, une résolution demandant au gouvernement de décréter une interdiction permanente.




Des communautés voisines sur la Côte-Nord ont récemment adopté des règlements semblables, alors que les efforts d'exploration s'intensifient dans la région.




Le Canada est la principale source mondiale d'uranium brut, utilisé pour produire du combustible pour les centrares nucléaires. La plupart de l'uranium provient du nord de la Saskatchewan. Mais ces dernières années, des prospecteurs se sont mis à la recherche d'uranium au Labrador et dans les provinces atlantiques, des régions où une telle exploitation était autrefois considérée trop coûteuse.




Plusieurs régions, dont la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Ecosse et le territoire inuit du Nunatsiavut, au Labrador, ont décrété des moratoires sur l'uranium. L'été dernier, le Nouveau-Brunswick a imposé des balises plus sévères pour l'exploitation d'uranium. Mais au Québec, le gouvernement refuse de décréter un moratoire.




Pour le moment, il n'en est pas question, a affirmé le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, à La Presse Canadienne.




M. Simard attribue l'inquiétude des citoyens à leur méconnaissance de l'uranium. Au mois de mai, le gouvernement participera à une séance d'information publique sur le sujet à l'intention des résidants de la Côte-Nord.

Par Andy Blatchford, LA PRESSE CANADIENNE

http://www.corusnouvelles.com/2009/NOUVELLES/ECONOMIE/03/08/cte_nord_des.projets.d_exploitation.2861503/index.html

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