lettre de Manon Barbeau, directrice générale du Wapikoni mobile

Bonjour,

Veuillez trouver, ci-joint, la lettre de Manon Barbeau, directrice générale du Wapikoni mobile concernant les coupures budgétaires dont l’organisme souffre actuellement. Cette lettre s’adresse aux participants du Wapikoni dans les communautés des Premières Nations.

Madame Barbeau est disponible pour des entrevues, n’hésitez pas à me contacter ou à appeler Pierre Laberge au 514 217 8733.

Merci,

 

Virginie Michel

Conseillère en communication

Cardinal Communication

1097, Saint Alexandre

Bureau 207

Montréal (Québec) H2Z 1P8

Sans frais: 1-877-638-5159

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Lettre aux participants du Wapikoni mobile.

Chers coordonnateurs du Wapikoni mobile, chers participants, cinéastes et musiciens, chers collaborateurs des Premières Nations,

Je vous écris cette lettre avec beaucoup d’émotion, vous qui constituez la raison d’être du Wapikoni mobile, vous qui occupez une place spéciale dans mon cœur. À moins d’un miracle, les studios ambulants du Wapikoni mobile ne rouleront pas vers vous cette année et ça me fait de la peine. Le ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences en a décidé autrement. Pourtant, plusieurs des représentants de ce ministère ont visité vos communautés au fil des ans, évaluant nos résultats, vous interrogeant et assistant aux projections de vos films. Ils connaissent les communautés, ils connaissent notre travail – qui inclut aussi le vôtre. Chaque fois, convaincus, ils ont recommandé à leur ministère la continuité du financement des activités du Wapikoni mobile. 

Malheureusement cette année, malgré la recommandation renouvelée de la part de cette équipe, leurs supérieurs au niveau fédéral ont décidé de couper le financement du Wapikoni mobile mettant ainsi un terme aux activités des roulottes dans la plupart des communautés desservies par nos (vos) studios ambulants.

Nous sommes maintenant à la mi-juillet. Le calendrier des douze escales habituelles est encore accroché à mon mur. Je sais que vous nous attendez. Je sais que certains d’entre vous ont des idées de films et de musiques en tête, qu’ils auraient réalisés au prix de beaucoup d’efforts, de courage et d’acharnement avec comme récompenses l’émotion, la satisfaction et la fierté du travail bien fait. Je connais le grand talent de plusieurs d’entre vous. Je sais aussi que votre vie n’est pas toujours facile et que le passage du Wapikoni l’allège parfois un peu.

Je vous écris ce mot pour vous dire que l’équipe du Wapikoni ne vous oublie pas. On travaille fort à sauver vos escales. Déjà, certaines communautés qui en ont la capacité financière ont manifesté le désir d’aider le Wapikoni mobile à poursuivre ses activités dans leur communauté. Ça me touche beaucoup. On sait aussi que des partenaires de certains ministères, au fédéral comme au provincial, sont des alliés indéfectibles du Wapikoni mobile et cherchent avec nous des solutions pour assurer la pérennité du projet. 

Nous n’avons pas encore reçu la lettre officielle de refus de la part de madame la ministre Finley, il ne serait peut-être pas encore trop tard pour renverser la décision. Nous avons communiqué avec son bureau afin de la rencontrer et de nous entretenir avec elle. De plus, Eva Ottawa, Grand Chef de la Nation Atikamekw, membre fondateur du Wapikoni mobile, a contacté le ministre des affaires autochtones, John Duncan, pour solliciter son appui. Les ministres québécois Denis Lebel et Christian Paradis ont aussi été sollicités. Tout espoir n’est donc pas perdu. 

De jeunes cinéastes formateurs ont roulé vers vous depuis quelques années et ont découvert votre univers. Vous avez découvert aussi le leur. Des amitiés se sont créées. Les quelque 450 films et musiques que vous avez réalisés au fil des ans sont la manifestation concrète de la complicité qui existe maintenant entre vous, la preuve que la rencontre peut avoir lieu et qu’elle aura encore lieu. On ne vous laisse pas tomber. Le Wapikoni mobile roulera encore vers vous, avec une belle roulotte toute neuve. En attendant, vos films se promènent dans le monde et représentent les Premières Nations du Québec. Vous avez de quoi être fiers : vous avez contribué à la création d’un patrimoine culturel unique au monde, infiniment précieux, et qui passera sans doute à l’histoire. Ne lâchez pas, le monde a besoin de vous entendre.

Avec toute mon affection.

Manon

Manon Barbeau

Fondatrice et directrice générale du Wapikoni mobile