6e édition du Rendez-vous autochtone

 

Sonia Basile-Martel

Photo: Gabriel Delisle

 

Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

(La Tuque) Le 6e Rendez-vous autochtone a eu lieu vendredi dernier au Complexe culturel Félix-Leclerc de La Tuque. Véritable célébration de la culturelle atikamekw, le rendez-vous allie toutes les formes d'arts et d'expressions.

Le spectacle débute par une vidéo sur les trois communautés atikamekws de Wemotaci, Manawan et Opitciwan. Composé d'images d'archives et actuelles, le montage est réalisé par le studio Wapikoni. On y voit la beauté d'un peuple, de ses enfants et de ses vieillards.

Le tout poursuit son cours avec la légende de l'artiste Jacques Newashish. Sobrement éclairé d'une simple lumière blanche, il rythme l'histoire au son du tambour. Le charisme de l'artiste et la profondeur de ses propos sur le passage de son peuple à la civilisation ont captivé le public. À la fois sobre et émouvant, cela a parfaitement mis la table pour le 6e Rendez-vous autochtone.

L'introduction du spectacle est jusque-là très bien réussie. Une faible lumière laisse paraître en arrière-plan quatre femmes, droites et fières. Elles sont les guides, les mères de la communauté. Un groupe de douze enfants de l'école primaire Marie-Médiatrice se tiennent devant elles autour d'un feu. Ils ont parlé, un peu trop longtemps, à tour de rôle de la nation atikamekw. En français et en atikamekw, ils ont présenté leur peuple et leur culture.

 

On nous promettait un moment de fusion artistique pour ce 6e Rendez-vous autochtone. On l'a eu. Le tout a pris des allures de duel artistique entre le sculpteur Armand Vaillancourt et le peintre Jacques Newashish. En moins d'un quart d'heure, les deux artistes ont peint une oeuvre abstraite.

Le duel a laissé la place au Pow-wow young boys, une troupe de danseurs et percussionnistes traditionnels de Wemotaci. Fidèles à leurs habitudes, ces jeunes ont livré un numéro fort en énergie. Malheureusement, l'éclairage manquait cruellement lors des danses. Les costumes colorés des danseurs n'ont pu être mis en valeur comme ils le méritent.

La deuxième partie du spectacle a fait place à la musique. Tour à tour se sont succédé sur scène les jeunes adolescents de Wemotaci Tommy-Joe Petiquay et George Coocoo, Michael Petiquay ainsi que Sonia Basile-Martel. Le duo Petiquay et Coocoo a remporté un immense succès, surtout auprès des jeunes filles, conquises d'avance.

N'empêche que les deux jeunes ont livré toute une performance. Tommy-Joe Petiquay semble être né sur une scène tant il y est à l'aise. Il avoue pourtant ne jamais vraiment avoir joué dans ce genre de salle. Son acolyte, George Coocoo a déjà une maîtrise surprenante de son instrument. Il se fait surnommé, avec raison, «les doigts magiques».

Le clou du spectacle a été la jeune artiste aux talents multiples, Sonia Basile-Martel. L'étudiante en art visuel à l'Université du Québec à Trois-Rivières a interprété sa composition originale: Se souvenir pour ne pas oublier. Ce texte décrit l'importance de soutenir la beauté de la culture autochtone. Elle a aussi magnifiquement interprété La quête de Jacques Brel. Supprimer le mal de vivre qui rôde dans les communautés autochtones est sa quête.

Mettre en scène tous ces artistes représente un défi de taille. En tout, c'est plus de 35 participants qui ont foulé la scène ce soir-là. La cohésion entre tous ces tableaux est complexe et demande une grande préparation rendue difficile en raison des distances.

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