Non-lieu requis dans l'affaire du Fipau

Mercredi 24 Mars 2010


PAU. Le parquet estime qu'il n'y a pas lieu à poursuites après le fiasco financier du festival

Non-lieu requis dans l'affaire du Fipau

Serait-ce l'épilogue judiciaire d'une affaire qui a fait couler autant de salive que d'encre sur Pau dans les années 2006 et 2007 ? Hier, le procureur de la République de Pau, Érick Maurel, a indiqué qu'il avait pris des réquisitions de non-lieu dans l'enquête pénale lancée autour du Fipau, le Festival international des peuples autochtones.

Les investigations pour abus de confiance et escroquerie avaient démarré en 2007, après l'échec retentissant de cet événement, soutenu à hauteur de 700 000 euros par la municipalité de Pau. À l'époque, la justice s'intéressait aux mouvements comptables qui avaient pu transiter entre les deux structures organisatrices du festival, d'un côté l'association Totem Company, et de l'autre, une société anonyme, Totem Developpement.

C'est d'abord le fiasco financier qui avait mis la puce à l'oreille de la justice, après l'échec d'un festival prévu sur six jours, au programme ambitieux, qui n'avait pas réuni les spectateurs attendus, loin de là, à cause notamment de l'absence de tête d'affiches pourtant d'abord annoncées, mais aussi d'une météo peu compatible.

Épisodes judiciaires

Au lendemain du Fipau, on avait surtout constaté 1,2 million d'euros de déficit, des salariés non payés qui avaient saisi les prud'hommes dans la foulée, et surtout les liquidations judiciaires de la société anonyme Totem Développement, puis de l'association Totem Company.

Ce ne fut d'ailleurs pas le seul développement judiciaire de l'affaire, puisque le concepteur et organisateur du festival, Frédéric Hadengue, avait aussi souhaité poursuivre en diffamation l'élue paloise Danièle Iriart, qui s'était publiquement inquiétée du bilan du Fipau - elle a finalement été relaxée. Car outre son échec retentissant, le Fipau fut aussi l'occasion de quelques passes d'arme au sein du Conseil municipal, dans l'immédiat après-Labarrère (l'ancien maire ayant été un des fervents supporters de la manifestation).

Restait l'enquête pénale, enclenchée un an après le Fipau, qui avait été confiée à un juge d'instruction. Après trois ans d'enquête, le juge, qui a changé depuis, a remis son dossier au parquet de Pau, qui ne voit pas matière à poursuivre en l'état.

Ces réquisitions de non-lieu ne signifient pas pour autant un non-lieu effectif, puisque la décision reviendra logiquement au juge d'instruction.

Mais il semble qu'au bout de plusieurs années d'enquête de la PJ, personne n'ait été mis en examen dans ce dossier. Et à moins d'un rebondissement, l'affaire du Fipau pourrait bien se finir avec beaucoup moins d'éclat que ne le promettait ce coûteux festival, qui a disparu à l'issue de sa première et unique édition.

Auteur : N.R

http://www.sudouest.com/bearn/actualite/article/905806/mil/5854416.html