«Chefs Autochtones du Canada »

Denis Daigneault, Jeanne Poulin, Jean Chevrier :«Chefs Autochtones du Canada »

 

 

L'histoire nous enseigne que dans les siècles passés, des passionnées d'aventures et de voyages parcoururent le monde pour assouvir leur soif d'évasion. Voilà comment ils explorèrent de nouveaux territoires, des terres «inconnues». Justement sur ce point précis, la découverte de l’Amérique est attribuée à Christophe Colomb. Dans cette même région, un autre nom résonne, cette fois-ci pour le Canada : Jacques Cartier.

En se basant sur ce qui précède, on peut constater d’ailleurs que les conquêtes territoriales des explorateurs sont présentées comme des réalisations.  Perçues sous cet angle, elles sont des symboles de puissance et de gloire, non pas seulement pour le « voyageur », mais aussi pour   la nation entière. Ce constat, fort à propos, ressort des analyses réalisées par plusieurs observateurs avertis.

Si d’innombrables supports restituent ces « victoires », peu nombreux sont ceux qui abordent ces événements du point de vue des populations originaires de ces lieux.  Aussi,  aux yeux de plusieurs, historiens ou pas, les récits historiques relatent des versions fragmentées des événements, des  versions inachevées.

Celles-ci ne reflètent pas la réalité de la situation. C’est la raison pour laquelle les opinions livrées par l’autre partie, celle qui a été victime de la répression, apportent, forcément, un éclairage nouveau et mettent en évidence des points cachés. Autrement dit, lorsque la partie lésée s’exprime, c’est dans le but de remettre les pendules à l’heure…

L’ouvrage « Chefs autochtones du Canada » publié par les Éditions Maison nouvelle fédération rend un hommage bien mérité aux Amérindiens. Cette publication rentre bien dans la catégorie des précieux documents historiques visant à faire connaître des réalités en encore trop souvent méconnues du grand public.  L’œuvre traite la thématique des peuples autochtones, plus particulièrement, des personnalités de pouvoir qui se démarquèrent dans cette communauté.

Un peuple à découvrir

C’est bien connu :              

« Le Nouveau Monde n’était pas nouveau pour tous lorsque les Européens arrivèrent en quête de richesses et d’un passage vers l’Orient, déterminées à y établir leurs droits. Depuis des milliers d’années, plusieurs millions d’êtres humains parlant environ 500 langues avaient peuplé ces terres. Ils avaient vécu sur les rives de trois vastes océans, sur les berges de grands fleuves et d’immenses lacs, dans des forêts tropicales et boréales, sur les plaines riches en pâturages et dans les vallées de magnifiques montagnes.» Page 7, Maison nouvelle fédération.

Par contre, s’il existe un consensus sur le fait que les premiers habitants du Canada sont les Indiens, il demeure difficile de trouver un consensus sur la manière dont les premiers échanges furent établis avec les premiers « nouveaux arrivants ». Mais bon, c’est une toute autre histoire…

Une chose est sûre : les occupants des lieux manifestèrent leur présence :

 « Pourtant, depuis le premier contact avec l’homme blanc, les chefs amérindiens avaient dû âprement prouver leur appartenance à l’espèce humaine et ce, malgré leur chaleureuse hospitalité et leurs dons de remèdes contre les maladies telles que le scorbut.» Page 7, Maison nouvelle fédération.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que des chefs tels que Piapot, Isapot-Muxika, Poundmaker, pour ne nommer que ceux-là, voulurent protéger leur espace vital. Cette volonté se manifesta également du côté des femmes.

La participation des femmes à l’action collective

L’un des points qui retient l’attention lors de la lecture, c’est  le dévouement des femmes et hommes qui, contre vent et marées, s’engagèrent à promouvoir leur culture. Une brochette de personnages, tous sexes confondus, valorisent leurs identités territoriale et culturelle.  Plusieurs figures féminines prouvèrent, à travers de multiples engagements,  leur farouche détermination de devenir des actrices du développement. Elles s’appellent Emily Pauline Johnson, Alanis Obomsawin, Bertha Allen, Mary May Simon. Sandra Lovelace Nicholas, Sheila Watt-Cloutier, etc. La bravoure de ces femmes les incitait à relever des défis. De la littérature à la diplomatie, en passant par les droits de la personne, ces héroïnes firent feu de tout bois pour prendre leur place dans la société. Résultat : ce travail de longue haleine et ces  ces efforts inlassables furent récompensés. 

A titre illustratif, citons, pêle-mêle quelques distinctions qui honorèrent leurs travaux : le prix du Gouverneur du Canada pour les arts visuels et médiatiques, des doctorats honorifiques, etc.

Ainsi que l’atteste les portraits décrits dans cet ouvrage, les femmes Inuits, au même titre que leurs concitoyens masculins, contribuèrent, chacune à sa manière, au bien-être de la communauté. Car oui, plusieurs d’entre elles réalisèrent différentes activités pour apporter leur pierre à l'édifice de la construction de la collectivité. Qu’il s’agisse de l’art, de l’engagement politique ou encore du militantisme tout simplement, elles imprimèrent des marques indélébiles dans leur milieu.

Depuis des temps immémoriaux jusqu’à nos jours, à travers le monde, la population féminine  réclame une reconnaissance du rôle ô combien noble qu’elle joue au sein de la société.  Du côté des Inuits, les femmes furent, elles aussi, dans la mouvance de la promotion de l’émancipation féminine. En témoigne le constat fait par Gail Guthrie Valaskkis, une pionnière qui se consacra à l’étude des sociétés autochtones : « Le problème des femmes écrivains autochtones, ou de toutes autres intellectuelles, est que nous sommes si peu nombreuses que nous devons tout faire. » Page 56, Maison nouvelle fédération.

Somme toute, cet ouvrage est utile car il aborde une problématique historique : celle des luttes menées par les premiers habitants du Canada. D'où sa pertinence indiscutable. Il y a également un autre aspect à prendre en compte : on y découvre la bravoure d’un peuple fier de son identité.

Denis Daigneault, Jeanne Poulin, Jean Chevrier : « Chefs Autochtones du Canada  », Maison nouvelle fédération, 2009, 111p.

Le 19 janvier 2012

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