Dream Stalker

Editeur : Silhouette Books

 

roman de Jenna Kernan

 

Présentation de l’éditeur

Native American healer thinks her escalating nightmares signal madness but the truth is far worse. Her dreams are real. She is being stalked by the ruler of the ghosts and the only thing standing between her and destruction is a savagely beautiful shape-shifter who can change from a grizzly to man. But is he willing to defend a wounded human from death, himself ?

Avis de Callixta

Jenna Kernan est un auteur brillant et remarquablement discret surtout en France où elle a totalement été oubliée par Harlequin. Spécialisée dans la romance historique au coeur de l’Ouest américain, elle a démontré un talent certain. De façon plutôt inattendue, elle vient de publier coup sur coup deux romances paranormales particulièrement originales.

En effet, Jenna Kernan est passionnée d’histoire indienne et connaît particulièrement bien la culture et les mythes et légendes des Amérindiens. Plusieurs fois, au cours de ses romances historiques, elle a utilisé ces éléments avec finesse. Il n’est donc pas tout à fait étonnant qu’elle soit passée de l’autre côté du miroir et ait décidé d’explorer ces mythes comme s’ils étaient la "réalité".

Nous sommes alors plongés dans la pensée magique des indiens Lakotas qui croyaient aux esprits, fantômes mais aussi aux shapeshifters. Son héros est justement l’un d’entre-eux mais il ne ressemble pas à ceux que l’on croise souvent dans la romance paranormale. Sebastian porte trompeusement un nom humain. Il est un Lakota et par son père, un homme-ours, capable de se transformer à volonté. Mais sa vie a été très compliquée et il a passé plus de temps dans la peau d’un grizzli que dans celle d’un homme. Il les évite d’ailleurs mais va intervenir lorsqu’il assiste à une curieuse scène où une femme est traquée par un esprit du mal très malfaisant, qui normalement ne s’intéresse qu’aux âmes des morts. Il a commis de plus l’irréparable erreur de prendre la forme d’un animal pour cela ce qui est normalement interdit. Sebastian va se trouver ainsi en charge de Michaela (elle aussi est amérindienne), blessée par l’esprit et en grand danger.

Le monde construit par Jenna Kernan est fascinant. La scène de départ va prendre tout son sens lentement au cours du roman lorsque l’on comprend qui sont les différents protagonistes et ce que veut Nagi, l’esprit malfaisant. Mais elle en profite pour donner des éléments sur les croyances des Lakotas. C’est très inhabituel dans le paranormal qui a rarement choisi ces mythologies pourtant américaines pour revisiter d’autres. Ce sont des croyances élaborées, basées sur la séparation du monde des humains et des animaux, des différents esprits et êtres surnaturels. L’histoire se déroule de plus dans des paysages canadiens et sauvages, faciles à visualiser et trop peu usités dans la romance. Ce contexte contribue beaucoup à renouveler une intrigue relativement classique où l’héroïne va apprendre qui elle est vraiment.

Mais cet aspect du récit ne déçoit pas. La construction du roman fait que cette découverte est progressive et inhabituelle. Loin d’embrasser son sort avec courage, Michaela a beaucoup de raisons de se rebeller. Le monde auquel elle appartient n’est pas très sympathique et elle peut y perdre Sebastian qui prend une importance considérable dans sa vie. Jenna Kernan fait aussi de cette jeune femme (elle n’a que vingt-et-un ans) une héroïne crédible qui a peur de ce qui lui arrive, qui ne se transforme pas en combattante sans crainte et capable de vaincre tout le monde.

Le roman a presque un aspect d’introduction à une série. C’est son point fort et faible à la fois. Lorsque le livre se termine, nous savons que la lutte amorcée n’est pas à son terme encore. Si Michaela a trouvé des solutions et l’amour, elle a encore beaucoup à apprendre. Selon toute probabilité, nous retrouverons ces personnages et sans doute d’autres dans des romans à venir. Jenna Kernan semble avoir un peu souffert d’un format un relativement court, même si le livre possède trois cent pages. C’est le seul reproche - et il est mineur - que nous pouvons faire à l’auteur qui pourtant innovait totalement dans ce genre. Elle a publié également chez Nocturne mais dans la sous-collection Bites (en e-book), un livre qui semble reprendre un peu le même contexte. La lecture de Dream Stalker donne furieusement envie de le découvrir. Et comme la collection Nocturne débute en France en janvier, il serait peut-être intéressant de voir Jenna Kernan enfin traduite.

Fiche Technique

Format : poche
Pages : 288
Editeur : Silhouette Books
Sortie : décembre 2009
Langue : anglais
Prix : 3,68 €