500 ans de résistance indigène

tiré de Oh-Toh-Kin, vol.1 no 1, hiver/printemps 1992

 Cet article est un bref historique de la colonisation des Amériques depuis 1492 et de la résistance indigène à cette colonisation jusqu'à 1992. L'auteur admet ne pas comprendre totalement les traditions de son peuple, les kwakiutl. En ce sens, l'article souffre de l'absence d'une authentique philosophie indigène et se présente donc surtout sous forme de chronologie historique. Les chiffres entre parenthèses réfèrent à des notes de fin de document.
 

 INTRODUCTION

 Au cours de l'année 1992, les nombreux États qui ont su tirer profit de la colonisation des Amériques seront marqués par des célébrations grandioses de la «Découverte de l'Amérique». L'Espagne a dépensé des millions de dollars pour ces célébrations en conjonction avec Expo '92 à Séville. À Colombus, en Ohio, on a investi 100 million $ dans les fêtes du cinquième centenaire pour le divertissement des quelques millions de touristes. Le CELAM, l'Association des Évêques Catholiques d'Amérique du Sud, a organisé un rassemblement pour la célébration du «cinquième centenaire de l'évangélisation des Amériques» qui sera présidée par le pape. Il y a aussi une multitude d'expositions dans les musées, de films, de programmes télévisés, de livres, de produits et d'activités portant sur Colomb et la «Découverte». Tous présentent une interprétation des 500 années écoulées depuis 1492. L'idée principale de cette interprétation est que le processus de colonisation - un processus de génocide - fut après tout, malgré quelques «embûches», un processus mutuellement profitable. «L'ampleur» des religions et des cultures européennes a été portée au- devant des indigènes. Ceux-ci ont, en retour, partagé les terres et après coup, ont fait «accidentellement» connaissance avec les maladies européennes desquelles ils sont morts. Leurs descendants s'entassent aujourd'hui dans les ghettos des villes et deviennent alcooliques ou profitent de l'assistance sociale. Bien sûr, quelques vestiges de la culture indienne ont été sauvegardés. Il y a même quelques politiciens «professionnels» de souche indienne qui rôdent toujours.

 Ce n'était non pas une «Découverte», mais plutôt un holocauste des indiens d'Amérique!

 Jusqu'à tout récemment, le taux de population généralement reconnu des indigènes à la veille de 1492 se situait autour de 10 à 15 millions. Ce chiffre est toujours reconnu par les individus et les groupes qui voient en 1492 la «Découverte» au cours de laquelle quelques millions d'indiens seulement y ont laissé leur peau - la plupart à cause des maladies. Des données démographiques récentes dénombrent un taux de population indigène se situant entre 70 et 100 millions de personnes dont environ 10 millions en Amérique du Nord, 30 millions en Amérique Centrale et entre 50 et 70 millions en Amérique du Sud.

  Aujourd'hui, malgré 500 ans d'une colonisation génocide, il existe toujours environ 40 millions de descendants indigènes en Amérique. Au Guatemala, les descendants Mayas forment 60.3% de la population et en Bolivie, les descendants indiens composent 70% de la population totale. Malgré cela, ces personnes indigènes n'ont aucun droit sur leurs propres terres et font partie de la tranche de la population la plus exploitée et la plus défavorisée. On retrouve ces mêmes caractéristiques dans d'autres populations indigènes des États colonisateurs de l'Amérique (et à travers le monde). 

lire la suite  

http://www.kersplebedeb.com/francais/lecture/500ans.html