Communauté indienne quechua en haute Amazonie bolivienne

Message  que j'avais reçu de Bruno de Roissard

May

 

A vous compagnes et compagnons qui voulez vivre en tribu forestière semi nomade dans la cordillère d’Apolobamba en Bolivie, au nord du lac Titicaca, entre 1000 et 4000 m d’altitude, nous disons ceci:
Mettons nous en chemin pour devenir des guerrières et guerriers de l’Arc en Ciel (drapeau des Incas), de vrais fils et filles de la Pachamama (Terre Mère de l’espace temps) Libérons nous des préjugés de notre éducation syphilisée. Resylvilisons-nous ! Apprenons à faire corps avec la Terre, le Ciel , les pierres, les plantes et les arbres, les lacs et les rivières, le vent, le soleil, la lune et les étoiles, tous les animaux, et  nos compagnes et compagnons. Nous sommes UN ! Il n’y a pas nous et le cosmos. Nous tous le sommes. Apprenons à vivre hors de nos limites physiques, affectives, mentales, spirituelles,  pour retrouver nos vraies mesures humaines.

Entamons individuellement puis ensemble une réflexion, sur nos besoins, nos moyens et nos partages, à travers la grille des 4 éléments, plus le 5ème, l’Energie. Soyons clairs sur ce que nous voulons et pouvons apporter et recevoir. Ne posons que des gestes qu’il soit possible de multiplier par mille sans qu’ils ne fassent de tort à aucun être. Apprenons à vivre à plusieurs, en partageant tout, et avec le strict nécessaire. La vraie abondance, celle des biens qui rendent heureux, nous submergera. Et remercions sans cesse et partout Celui qui Est et qui donne sans cesse et partout.

Préparons nous des maintenant à :
Apprendre l’Espagnol ici, le Quechua là-bas pour mieux communiquer avec les enfants de la terre. S’entraîner à la marche, au portage, à l’altitude. Vivre le moins vêtu possible par tous les temps. Marcher pieds nus, s’orienter instinctivement sur tout terrain, de jour et de nuit. Guider mules ou chevaux sur des sentiers de montagne, savoir les bâter et les charger. Se soigner soi- même et les autres, par le jeûne, les massages, les plantes, le soleil, l’argile, l’eau, la respiration. Manger cru tout ce qui peut l’être, surtout des fruits et plantes sauvages, des racines, des feuilles d’arbres, des germes de graines, Filer et tisser. Travailler la pierre, l’os et le bois. Fabriquer des flûtes, des tambours des didjeridoos,… Construire en pierres, en terre crue, en bambou. Réaliser poteries et vanneries utiles et belles. Elever des abeilles et construire des ruches. Construire des terrasses de culture en pierres sèches. Grimper aux arbres pour récolter des fruits, parfois à grande hauteur. Planter des milliers d’arbres, ou mieux les semer. Greffer en écusson. Pratiquer la permaculture, qui est l’art d’intervenir le moins possible, et le plus intelligemment pour que la terre soit généreuse. Soyons généreux avec la Pachamama et tous ses enfants. Sortons de la trop restrictive sexualité qui sépare et oppose les sexes pour entrer dans la plus large genérosité avec l’Autre. Devenons une tribu d’êtres biofraternels, biosolidaires et biocomplémentaires.

Mais d’abord voici la petite communauté d’indiens quechuas de Tuichi, où nous commencerons à apprendre à vivre en forêt. On y parle aussi l’espagnol. Nous sommes 45 êtres humains, et pas mal d’animaux.
Il y a plus d’hommes que de femmes, quelques vieillards, et une quinzaine d’enfants qui vont à l’école, le matin, et l’après midi aident leurs parents a toutes les taches : travaux des champs et des jardins, couper du bois, couper et exprimer la canne à sucre, cuisiner, surveiller les animaux et les petits frères et sœurs, etc.

Les hommes, et les jeunes femmes, sont souvent absents du village pour des expéditions de pêche, de chasse, de recherche de paillettes d’or, de matériaux de construction de maisons ou radeaux ou du bétail égaré.
Les maisons sont en terre crue ou en bambou, les toits en feuilles de palmier, sauf ceux de l’école, du dépôt  et des douches communautaires qui sont en tôle ondulée. La cuisine se fait au bois dans des petits foyers en terre. Les vêtements sont récupérés  dans les occases vendues en ville : tee-shirts, shorts et sandales de pneu. Une vieille peut nous apprendre à filer et tisser le coton.

Chaque dimanche il y a réunion communautaire. Les décisions s’y prennent à l’unanimité ou à la majorité absolue.
Ici on exprime ses sentiments avec beaucoup de retenue, ne brusquez pas les indiens avec de grandes effusions ou trop de familiarité au début. Quand on rendt visite on s’arrête à quelques mètres de la maison et on appelle, plutôt que de toquer à la porte. N’étalez pas votre richesse, ici les gens n’ont pas d’argent. Partagez avec eux ce que vous avez dans votre sac et votre cœur, vous ne serez pas déçus du retour.

Les hommes blancs ont amené aux Amérindiens l’alcool, ne leur amenez pas d’autres drogues (même du cannabis), ni religions ni maladies contagieuses, soignez vous d’abord. Certains utilisent des drogues végétales, seulement pour le chamanisme, jamais les jours ordinaires.

Tuichi (appelé aussi Virgen del Rosario) est à 1000 m d’altitude, au Nord du lac Titicaca côté bolivien près du Pérou, au pied de la cordillère d’Apolobamba, dans le Parc National Madidi, sur le rio Tuichi, affluent du rio Beni. Le climat est chaud, il y a des moustiques mais pas trop. On y vit d’agriculture de subsistance, d’un peu d’élevage, de chasse, de pêche et de la vente d’encens et de quelques pépites d’or. Les animaux divaguent et il faut clôturer les champs. Système a revoir. La communauté veut s’ouvrir à des personnes qui acceptent de travailler et vivre selon les coutumes communautaires : solidarité, entr’aide, propriété collective du sol, participation active aux réunions et travaux communautaires, etc… et vous échangerez tout savoir et savoir faire utile ici, dans n’importe quel domaine (agriculture, élevage, artisanat, médecine, art, pédagogie, techniques diverses…) avec leur science de la forêt (plantes, animaux, montagnes, rivières,…).

Cette année 2004, je serai en Bolivie du 10 mai au 10 novembre (saison sèche) et j’espère que vous pourrez arriver ici durant ces mois, pour que je puisse vous présenter à la communauté.
Légalement
et officiellement : pour l’administration du Parc National Madidi, nous commençons un petit Centre de Recherche en Ecologie Forestière. Il se trouve sur le territoire de la communauté de Tuichi (qui est aussi connue sous le nom espagnol de Virgen del Rosario) à 3 ou 4 heures à pied du village Tuichi, sur le Rio Moxos affluent du Tuichi. Le Centre doit travailler sur la création de cultures associées multiétagères, des solutions alternatives au brûlis (compostage), une pépinière d’arbres fruitiers et forestiers, l’élevage de mammifères, oiseaux et poissons indigènes, l’apiculture, la récollection des plantes médicinales, l’éco-ethno-tourisme, etc. Vous serez stagiaires volontaires et bénévoles du Centre.

A votre arrivée en Bolivie, demandez un visa de touriste de 3 mois, et après vous essaierez d’avoir la permanence pour un an, puis définitive si vous voulez. Vous pouvez aussi, après les 3 mois, passer la frontière péruvienne puis revenir en Bolivie avec un autre visa de 3 mois.

Quand vous connaîtrez la date de votre arrivée à La Paz, envoyez moi un email. Si je suis en forêt, mon courrier est lu, et répondu par 2 filles (sœurs) très sympas de La Paz, Sonia et Sandra Flores, qui pourront vous recevoir dans leur maison pour dormir et manger, Calle Goyzueta N° 665, (Plaza Alonso de Mendoza) Tél fixe 2455872– Portable 706 45547. (Elles démarrent une auberge) et qui vous expliqueront comment aller à Tuichi.

Ce qu’il faut emporter : De chez vous, qu’on ne trouve pas en Bolivie : Sac a dos large mais pas haut, bottines de marche et vêtements très solides, petite tente légère ou hamac-tente-moustiquaire, drap en sac, sac de couchage léger et pas chaud, matelas mousse peu encombrant, poncho pour la pluie couvrant aussi le sac à dos, sandales en plastique pour marcher sur les fonds de rivières, une torche électrique (de préférence frontale) avec des piles rechargeables. Ici nous aurons un chargeur de piles, et un panneau solaire.

A La Paz, achetez dans le quartier de la calle Max Paredes : abarcas (sandales de pneu), mosquitera (en la esquina de las calles Garcilazo y Buenos Aires, de 7 à 10h du matin). Comme à Tuichi pour l’instant la nourriture est peu variée (riz, maïs, haricots, cacahuètes, manioc, quelques racines, bananes, des amandes motacu, des fruits sauvages à chercher en forêt, un peu de miel, de la canne à sucre, un peu de viande et d’œufs), amenez des compléments de La Paz (environs de la calle Max Paredes): chuno, tunta, khaîa, ajo, frutas secas, linaza, cacao puro en moldes, canela, pito de cebada, pito de soya, pito de caniahua, hojuelas de quinoa y de avena, quinoa y trigo en granos, sal yodada, fosforos, velas et ce qui vous plaît.

Deux itinéraires pour venir à Tuichi (Virgen del Rosario)
1 .- Le plus beau, long et fatigant (6 jours) : bus de La Paz (barrio el Tejar, 3  cuadras arriba del cementerio) à Pelechuco (12 heures). Puis 5 jours à pied Pelechuco – Queara – Moxos – Tuichi : de 5000 m à 1000 m à travers la cordillère enneigée et les forêts d’altitude : paysages fantastiques !

A Pelechuco, il est impératif de prendre un guide pour le voyage (50 à 60 bolivianos /jour), de préférence dans la famille de Freddy Delgado. Il ont des mules s’il le faut (coût : 50 bolivianos /jour). A Moxos , ananas sauvages et plein de fruits. Les mules ne passent plus, prenez-y un guide-porteur (coût 50 à 70 bolivianos /jour).
Deux jours encore jusqu’à Tuichi (Virgen del Rosario). Suañani, le lieu de la nouvelle communauté, est sur le chemin 4 heures avant d’arriver à Tuichi. Bienvenue ! S’il n’y a personne à Suañani, allez jusqu’à Tuichi.

2.- Le plus rapide (3 jours) et le seul pour amener beaucoup de bagages : de La Paz (zona Gran Poder, calle Vicente Ochoa) en bus ou jeep jusqu'à Apolo (15 à 20 heures). Ensuite Apolo – Santa Cruz del Valle Ameno en jeep (3 heures). Achetez y de la coca, c’est la meilleure du pays. Puis à pied (1 jour) ou en jeep (3 heures) si vous en trouvez, de Santa Cruz à Pata . Là, gavez-vous des fruits, faites une petite provision de citrons, et descendez à pied (1h ½) à Tuichi. Si vous êtes trop chargés, payez quelqu’un pour porter votre excès de bagage . A l’arrivée, il y a une rivière à traverser à pied ou à la nage. Pour passer vos bagages, appelez en criant très fort « balsa ! »  (radeau) depuis 50 m au dessus de la rivière, pour que les indiens vous entendent depuis le village et viennent vous chercher avec un radeau. Puis quelqu’un de Tuichi vous amènera à notre nouvelle communauté (Suañani), à 3 ou 4 h à pied. Vous êtes arrivés !

Important :
En passant par Pelechuco ou Apolo, présentez vous au bureau des gardes du Parc National Madidi et payez le droit d’entrée au Parc (50 bolivianos), en leur disant que vous venez visiter le Parc National trois mois, comme touristes. Soyez prudents. Ne dites rien du projet communautaire à personne depuis votre départ de La Paz jusqu’à Tuichi, surtout à Apolo et Pelechuco. Tout le monde n’y est pas favorable.

Email: brunoderoissart@hotmail.com