Déménagement le 1er juillet une particularité du Québec

Cela fait 30 ans que cela dure 70% des baux se terminent le 30 juin, en sachant que le Québec compte environ 1,3 million de logements locatifs et que 5 à 10% n’est pas renouvelé le 1 er juillet

Avant 1974 les baux se terminaient le 30 avril. Le gouvernement de la province francophone a aboli cette date, qui perturbait les écoliers à quelques semaines de la fin de l’année scolaire, tout en suggérant celle du 30 juin pour la remplacer. En effet, le 1er juillet est férié dans tout le pays puisqu’il marque la fête nationale du Canada

L'origine d'une journée unique pour la fin des baux et les déménagements a une longue histoire au Québec. Selon l'historien Yvon Desloges, la coutume de déménager au printemps, principalement le 1er mai, remonterait au XVIIIe siècle, comme le confirme une ordonnance de 1750 promulguée par l'intendant François Bigot1.

En 1974, l'Assemblée nationale du Québec vote une loi abrogeant certaines dispositions du « Code civil du Québec » qui fixait le 1er mai comme date d'échéance uniforme des baux résidentiels, échéance qui était inscrite dans le droit civil depuis 1866 et s'est maintenue en l'état pendant plus d'un siècle2.

Le projet de loi, qui créait du même souffle la Régie du logement du Québec, laissait aux seuls propriétaires et aux locataires le soin de convenir de la date d'échéance du bail. Cependant, les dispositions transitoires de la loi prévoyaient la prolongation automatique des baux venant à échéance le 30 avril ou le 1er mai 1975 pour les prolonger jusqu'au 30 juin 1975. La mesure a été bien accueillie par de nombreux Québécois puisqu'elle évitait aux familles les problèmes liés au transfert des enfants d'une école à l'autre à quelques semaines de la fin de l'année scolaire2, 3.

Depuis, les Québécois et en particulier ceux des villes centre de Québec et Montréal où les locataires sont fortement majoritaires — 65 % à Québec et 75 % à Montréal4 — ont pris l'habitude de faire coïncider l'entrée en vigueur des baux avec le 1er juillet. On estime qu'entre 200 000 et 250 000 ménages5,6,7 — soit 20 % de tous les ménages locataires du Québec4 — changent de domicile durant la période de déménagement qui culmine le 1er juillet.

Mais actuellement beaucoup de québécois ne trouvent pas de logement qui leur conviennent et se retrouvent sans logis et selon le Frapru (Front d'action populaire en réaménagement urbain) environ 150 familles sont dans ce cas L'organisme explique que dans les régions de Québec et de l'Abitibi, c'est la pénurie générale de logements locatifs qui est cause.

À Québec, le taux d'inoccupation des logements est de 0,4 %, le plus bas taux au pays.

Ailleurs, comme à Montréal ou à Sherbrooke, l'obstacle principal est le coût élevé des loyers. Cette année il y a eu moins de déménagements (180 000 déménagements dans la région de Montréal) d’autre part les sociétés adaptent leurs prix en fonction de la haute saison ainsi les tarifs varient plus de 200 $ l’heure le 1er juillet, contre 115 à 125 $ en période de creux. Ou d’autres entreprises de 265 $ l’heure le 1er juillet, contre 130 $ en janvier. Quand aux réservations «Les disponibilités du 1er juillet sont prises cinq mois d’avance. Réserver à la dernière minute, on oublie ça.»

Et il arrive que l’on attende en vain un transporteur encore cette année «avant-hier, raconte-t-il, quelqu’un nous a téléphoné parce que sa cousine a réservé des déménageurs et les a attendus pendant 12 heures pour rien. Elle a perdu 960 $ et elle nous paie une deuxième fois pour que son déménagement soit fait. C’est un problème qui revient à chaque année.» raconte le journal « Canoë info »