JO d'hiver: le snowboard, planche de salut des Amérindiens

VANCOUVER (Canada), 7 nov 2009 (AFP) A l'approche des JO de Vancouver qui vont se dérouler sur des terres ancestrales amérindiennes, l'équipe de snowboard des Premières nations rend la montagne plus accessible aux jeunes autochtones du Canada et concentre sur elle leurs rêves et ambitions.

Unique en son genre, l'équipe basée à Vancouver en Colombie-Britannique (ouest) est un des projets phares financés par Aboriginal Youth Sport Legacy Fund, un programme inspiré par les JO d'hiver et devant promouvoir le sport auprès de la jeunesse autochtone.

Il a été lancé en 2002 à la faveur d'un accord entre la province de Colombie-Britannique, les nations amérindiennes Squamish et Lil'wat et Vancouver 2010 Bid Corporation.

"Au début en 2004, notre principal but était d'avoir des snowboardeurs autochtones sur le podium de Vancouver 2010, c'était un sacré objectif, mais l'autre grande ambition était d'offrir à de nombreux jeunes autochtones, autant que faire se peut, l'accès à leurs montagnes. C'est devenu aussi important que d'avoir des athlètes sur le podium", explique Virginia Johnston.

A 26 ans, elle est l'administratrice de l'équipe de snowboard des Premières nations, et athlète de la section de haut niveau qui compte 24 snowboardeurs amérindiens. Si aucun d'entre eux n'a de chances d'être qualifié pour les Jeux de février, ils ont déjà récolté une quarantaine de médailles dans différentes compétitions provinciales et nationales, et se préparent à décrocher leur tickets d'entrée aux Jeux d'hiver de 2014, de Sotchi.

Virginia Johnston est une des snowboardeuses les plus prometteuses de la côte ouest canadienne, avec Jonathan Redman et Chelsie Mitchell, les deux premiers autochtones à avoir intégré l'équipe provinciale de snowboard de Colombie-Britannique.

Elevée dans une réserve Squamish, Virginia Johnston vibre à la fois pour le snowboard et la culture de sa nation en prenant part aux rassemblements de chanteurs et danseurs, les pow wow.

Quand elle ne participe pas aux compétitions provinciales avec l'équipe des Premières nations, elle enseigne le snowboard aux autochtones de 5 à 21 ans, et partage parfois sa culture Squamish avec eux.

Quand j'ai commencé, à l'âge de 13 ans, on ne voyait pas de jeunes amérindiens sur les montagnes. Aujourd'hui, ils sont là. Le but de ce programme est d'offrir des opportunités aux jeunes sur leur montagnes, il y en a peu pour eux durant l'hiver, le snowboard est un sport qui coûte cher ", explique la jeune Squamish.

Depuis 2004, plus de 200 jeunes issus de 12 nations autochtones de Colombie-Britannique et de l'Etat américain de Washington ont grandi avec un surf des neiges, sur les montagnes proches de Vancouver.

Si les cours et les équipements sont gratuits, les jeunes doivent mériter leur formation en suivant un code de bonne conduite. "Ils doivent avoir de bonnes références dans leur communauté, ne consommer ni drogues ni alcool, avoir une moyenne scolaire de C+ (10/20), participer à 90 % des cours", détaille Virginia Johnston.

Tremplin vers la compétition de haut niveau, détecteur des talents de demain, le programme a insufflé en cinq ans une nouvelle dynamique dans les communautés. "Beaucoup de familles se mettent au snowboard, des frères et sœurs veulent rejoindre l'équipe, les parents s'impliquent", se réjouit Virginia Johnston.

C'est aussi une façon tendance de raviver les traditions qui animaient jadis les communautés. "Nos sports, c'était la chasse, la pêche, les jeux, l'itinérance", rappelle Aaron Marchant, le fondateur de l'équipe des Premières nations, également snowboardeur. "Ces pratiques permettaient de rester fort dans son corps et son esprit."

 

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 JO de Vancouver: les Amérindiens se mettent à rêver de médailles

VANCOUVER (Canada), 7 nov 2009 (AFP) Les autochtones canadiens, très impliqués dans l'organisation des JO d'hiver de Vancouver, seront aussi présents sur la glace et les pistes olympiques et les performances de ses sportifs seront suivies de près par la communauté amérindienne.

"Mon plus grand espoir est qu'un athlète autochtone canadien monte sur le podium en février prochain", se plaît à rêver Tewanee Joseph, directeur général de la société des Quatre Premières Nations hôtes, partenaires officiels du comité d'organisation des jeux Olympiques de Vancouver (Covan).

Pour la première fois dans l'histoire de l'olympisme, des communautés autochtones - les Squamish, Lil'Wat, Musqueam et Tsleil-Waututh - accueilleront les Jeux sur leurs terres traditionnelles.

Aussi, c'est avec une émotion particulière que les communautés autochtones du Canada suivront-elles les résultats de leurs représentants les plus prometteurs.

Caroline Calvé, membre de l'équipe canadienne de snowboard, d'origine algonquine, est sur le point de décrocher sa première participation aux jeux Olympiques.

Athlète paralympique accomplie, Colette Bourgonje, d'origine métisse, huit fois médaillée de bronze et d'argent aux Paralympiques d'été et d'hiver (course en fauteuil roulant et ski de fond en position assise), a obtenu son ticket pour les jeux Paralympiques de Vancouver 2010, en mars.

Elles sont les deux athlètes d'origine autochtone ayant le plus de chances de monter sur le podium en février et mars.

Il est encore trop tôt pour évaluer la présence des Premières nations, amérindiens, inuits et métis, aux Jeux d'hiver, les qualifications étant en cours, mais les espoirs se portent également sur Jocelyne Larocque (hockey) et Kevin Koe (curling).

"Je n'ai pas grandi en réserve mais je m'intéresse à la culture algonquine, celle de mon arrière-grand-mère, elle est partout au Québec", explique Caroline Calvé, 31 ans. "Les origines ne sont pas importantes dans la pratique du sport, mais je suis fière de mes racines."

Membre d'honneur de l'équipe de snowboard des Premières nations, en Colombie-Britannique, modèle pour les jeunes snowboarders autochtones, Caroline Calvé surveille de près les performances de ses cadets, Chelsie Mitchell, Sandy Ward ou Jonathan Redman, qui brillent déjà sur les montagnes de Colombie-Britannique et qui se préparent au rendez-vous olympique de 2014, à Sotchi (Russie).

"Il n'y a pas si longtemps, quand on parlait des Amérindiens, c'était pour évoquer leurs talents des danseurs, chanteurs et sculpteurs. Quant aux sportifs, ils étaient peu visibles. La participation des autochtones dans les Jeux, que ce soit dans l'organisation, les compétitions ou le relais de la torche, donnera une image positive des Amérindiens", assure Caroline Calvé.

Pour la championne internationale de snowboard, les Jeux sont l'occasion de "montrer l'exemple à toute la jeunesse autochtone, pour qu'elle s'implique davantage dans le sport".

Tewanee Joseph estime que la participation autochtone dans l'organisation et les compétitions olympiques donnera des ailes aux jeunes espoirs autochtones.

"C'est juste une question de temps. Nous avons maintenant des programmes tels que l'équipe de snowboard des Premières nations, en Colombie-Britannique, qui un jour nous permettront de ramener l'or à la maison", espère cet ancien joueur de crosse, sport traditionnel amérindien et ancêtre du hockey.

"En 1908, il y a eu toute une équipe de Premières nations Mohawk qui a concouru à la compétition de crosse aux jeux Olympiques d'été. Ils ont ramené à la maison une médaille de bronze. Mémorable", se souvient Tewanee Joseph.

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