La culture amérindienne dans les assiettes du Sagamité

04-01-2010 / Olivier Artis

Incontournable pour sa potence et son traditionnel potage, le restaurant Sagamité fête ses 10 ans. Il offre des mets typiquement amérindiens, mais évolutifs avec des sauces au goût du jour. Oubliez la viande sauvage, celle servie est bien sûr d’élevage, conformément à la loi : wapiti, cerf, caribou, autruche et canard. Synonyme de gastronomie, le Sagamité met également l’accent sur l’ambiance, une décoration amérindienne et une cuisine ouverte sur la salle à manger pour un spectacle culinaire!

La potence, qui rappelle la façon traditionnelle de griller le gibier accroché au-dessus du feu, est incontestablement la spécialité du restaurant. Elle regroupe les gens autour d’une flamme, puisque tout se passe autour du feu dans la culture des Hurons-Wendat. Servie auparavant de façon très solennelle, elle l’est aujourd’hui un peu moins, car le restaurant est victime de son succès. En effet, les serveurs en apportent, chaque soir, jusqu’à 30 aux tables. Fort demandé aussi, le caribou est servi en filet mignon, en potence ou encore en friand. Ici, le chef cherche la légèreté et travaille les arômes.

Toujours dans la tradition, les anniversaires des clients sont chantés en huron et personnalisés selon les convives. Le chant de réjouissance, avec tambours et chichikwés, retentit souvent à cette occasion. «On touche les gens avec ça, des larmes coulent. Je me souviens de personnes en fin de vie qui voyaient leur vie défiler dans leur tête en entendant la chanson et les sons des tambours qui symbolisent les battements du cœur», confie Steeve Gros-Louis, propriétaire du Sagamité.

Sagamité

Sa-ga quoi? La sagamité est un plat qui se compose d’une bouillie de farine de maïs avec courges, fèves rouges et gibier. Très présente dans l’alimentation des nations amérindiennes, elle demeure consommée en entrée, comme dans cet établissement qui porte le même nom. M. Gros-Louis garde la recette de sa famille secrète. Il la prépare dans les règles de l’art, avec une touche relevée. Cet exotisme, les convives sont nombreux à venir le découvrir.

Menu

Les assiettes sont essentiellement composées de produits de la région, sinon de la province. Les éleveurs de viande sont accrédités par les autorités gouvernementales, ce qui a participé à rassurer les consommateurs qui pouvaient s’interroger sur la provenance de ce qu’ils dégustaient. La carte propose maintes découvertes comme le karakoni, un genre de pain fajitas au confit de canard ou au bison fumé, de même que 13 pizzas avec des noms amérindiens, à l’autruche fumée, au bison fumé, etc. Des viandes plus classiques sont également apprêtées. Tout est cuisiné devant la clientèle, derrière un grand comptoir, offrant un spectacle en soi avec boules de feu et odeurs appétissantes.

Les tarifs sont très accessibles pour la qualité des mets servis, en général inférieurs à 15$ avec entrée, plat principal, dessert et café. Le menu du jour comporte toujours des pâtes avec une pizza, un choix santé, une viande et un menu gibier. Les déjeuners sont également courus, en particulier les nids croustillants de gibier.

Boissons

En fût, on retrouve la bière Kwe à base de maïs, de l’Archibald, Belle Gueulle rousse, Tremblay blonde, ainsi que Cheval Blanc. En bouteille, la sélection est diversifiée, comprenant Bitburger Drive, Griffon rousse, Carlsberg et d’autres. Pour les vins, les serveurs conseillent un cépage d’une terre des Premières Nations de la région de l’Okanagan, soit un rouge et un blanc. Un cocktail maison avec de la chicouté est aussi suggéré.

Spectacles traditionnels

Des soirées thématiques peuvent être commandées pour les groupes jusqu’à 30 personnes, avec spectacle d’une troupe de danse traditionnelle, chanteurs et joueurs de tambour. Il s’agit d’un forfait table d’hôte avec sagamité, potence, friand et tarte au sirop d’érable, pour un total de 300$. Le restaurateur organise également des festivités lors des pow-wow qui ont lieu entre la fin juillet et le début août, ainsi que pour la Journée nationale des Autochtones, le 21 juin.

Culture

Le Sagamité est né du désir de Steeve Gros-Louis de diffuser sa culture traditionnelle. Les Québécois qui ne résidaient pas dans la réserve avaient très peu d’occasions de la découvrir. Quant à la gastronomie amérindienne, elle s’avérait encore moins accessible à un large public.

«Je désirais créer un lieu avec des soupers thématiques, parler de notre culture, de notre histoire et montrer que la Nation huronne était toujours bien vivante. Et ça fonctionne depuis 10 ans, alors unenh!», lâche-t-il en disant en huron «À la prochaine!».

Les cuisines du restaurant sont ouvertes du dimanche au jeudi de 7h à 22h et du vendredi au samedi de 7h à 23h. Quelque 180 places sont disponibles, en plus de la terrasse estivale qui donne sur la chute Kabir Kouba. Le Sagamité est situé au cœur de Wendake, au 10, boulevard Maurice-Bastien.

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