La Sagesse Amérindienne par Yvon Mercier (4)

Épinette noire (Picea mariana)

L’Épinette noire est un des conifères les plus répandus de la forêt canadienne. Cet épicéa est également présent dans les forêts du nord des Etats-Unis, jusqu’en Alaska. Il pousse généralement en massifs denses sur des sols secs, sblonneux ou tourbeux.

Description botanique

Dénomination botanique :   
Picea mariana

Famille botanique :   
Abiétacées (ex. : conifères)

Description botanique :

L’épinette noire ou picea mariana est l’équivalent américain de Picea abies, l’épicéa le plus courant en Europe (nommé abusivement « sapin » de Noël). À ne pas confondre avec le sapin, son proche parent. Les cônes (fruits ou « pommes de pin ») des épicéas sont pendants alors que ceux des sapins sont dressés.

Il existe une quarantaine d’espèces d’épicéas. Trois d’entre eux, caractéristiques d’un climat rude, poussent dans l’extrême nord : un épicéa « rouge » (Picea rubens), « blanc » (Picea glauca) et « noir » (Picea mariana). En anglais, l’épinette noire est appelée Black spruce.

L’épinette noire atteint 8 à 20 mètres et se caractérise par son port pyramidal. Ce conifère est touffu, avec des branches tombantes. Ses aiguilles  (feuilles) obtuses de couleur vert-

bleu sont dures et piquantes, ses rameaux sont rugueux et son écorce rocailleuse. Le cône est petit, tirant sur le pourpre et devenant brun clair à maturité. La croissance de l’épinette noire est rapide (peut atteindre 5 mètres en 20 ans) et cet arbre persiste jusqu’à 30 ans.

Un mot sur l’épinette noire

Au Canada, l’épinette noire est utilisée principalement pour la fabrication de pâte à papier et ponctuellement comme bois de charpente, léger et résistant. L’huile essentielle est un sous-produit lié à ce type d’utilisation. Il n’existe donc pas de coupe spéciale pour la fabrication d’essence aromatique. Il n’en résulte aucun problème écologique, contrairement au Bois de rose dont l’exploitation intensive pour extraction de son huile essentielle (source de linalol) menace l’écologie de la forêt amazonienne.

Partie distillée et rendement

Partie distillée : jeunes rameaux (aiguilles)

Rendement : 0.5% à 0.7%

Composition :

Camphène : 15 à 20%

Il s’agit de l’un des composants majoritaires parmi les nombreux terpènes qui composent l’huile essentielle de Picea mariana (toutes les huiles essentielles de conifères sont riches en terpènes).

Acétate de bornyle : 37 à 45%

Cet ester aux propriétés thérapeutiques sédatives se rencontre également dans d’autres conifères tel que le pin de Sibérie (Abies sibirica) et son odeur rappelle le bonbon à la sève de pin. L’acétate de bornyle est également présent en quantité importante dans l’huile essentielle de Pruche (Tsuga canadensis), conifère commun de la forêt canadienne.

Caractéristiques physiques de l’huile essentielle

Aspect : liquide, mobile, limpide

Couleur : incolore à jaune très pâle

Odeur : caractéristique, douce, balsamique, rappelant les bonbons à la sève de pin.

 

Intérêt de l’huile essentielle de Picea mariana en aromathérapie

Affections bronchiques :

L’huile essentielle d’épinette noire est très utilisée par les aromathérapeutes dans les pathologies respiratoires. C’est un bon anti-spasmodique et un bon calmant respiratoire grâce à la présence en quantité importante d’acétate de bornyle. Les nombreux terpènes qui la composent lui confèrent d’autres propriétés : antiseptique pulmonaire, oxygénant respiratoire. Ces dernières sont souvent mises à profit dans les complexes respiratoires utilisés dans les diffuseurs électriques.

Douleurs articulaires et rhumatismales :

Elle possède des propriétés anti-spasmodiques et cortison like (va générer de la cortisone naturelle par l’organisme, aux propriétés anti-inflammatoires) en association avec l’huile essentielle de Pin Sylvestre (pinus sylvestris) : appliquer par massage sur la zone cortico-surrénalienne.

Tonique général :

C’est un tonique qui peut être associé à la Sarriette dans les cas d’anesthésie, de fatigue générale, de suite d’état fébrile.

Synergie

Pin sylvestre (Pinus sylvestris), myrte (Myrtus communis CT cinéole), romarin (Rosmarinus officinalis), ravensare (Ravensara aromatica), sarriette (satureja montana), noix de muscade (Myrisrica fragrans) (avec précaution d’emploi).

Utilisation en diffuseurs, comme oxygénant, avec la Thérébenthine (extrait du pin maritime, Pinus pinaster), l’huile essentielle de citron, de pamplemousse, ou d’eucalyptus.

Associé à la lavande ou à la marjolaine : effet calmant et ralaxant.

Information

L’Épinette noire revêt une importance capitale pour la faune canadienne : les orignaux mangent les jeunes pousses ; le tétras, les aiguilles; les lièvres blancs, aiguilles, écorce et brindilles; oiseaux et petits mammifères : la graine.

L’huile essentielle Picea Mariana commercialisée par Florilab est le résultat de la distillation des feuilles de l’arbre. Il ne faut donc pas la confondre avec la térébenthine qui est obtenue par hydro distillation de la résine du pin. La térébenthine est une oléorésine, produit de consistance molle ou semi-liquide, mélange d’huile essentielle et de résine. Les emplois pharmaceutique de la térébenthine sont réduis et ce produit est de qualité très inégale. Presque tous les pins situés dans l’hémisphère nord produisent cette oléorésine : Pinus palustris, Pinus sylvertris, Pinus maritima, etc.

 

L’aubépine

La forêt feuillue : des fruits aussi gros que prunes de Damas

L’aubépine parvient à maturité seulement à l’automne avec des fruits « aussi gros que prunes de Damas » disait Jacques Cartier en 1535, alors prêts pour la cueillette et la consommation. Comme le cerisier, le prunier, le pimbina et l’amélanchier, l’aubépine a cependant plus d’une histoire à raconter. Celle de l’aubépine commence avec les Iroquoiens qui sont en partie responsable de sa propagation : la plante a besoin, pour s’épanouir, de grands espaces secs, un milieu qu’ils ont développé grâce au défrichement fréquent de nouveaux champs. L’arbre porte au moins quatre noms en mohawk selon la couleur, le forme ou la grosseur de son fruit, le cenelle.

L’histoire des autres plantes fructifères parle de fruits comestibles mais aussi de gastronomie, de boissons et même d’un jeu de chance. Parmi les plats cuisinés, il y a une préparation iroquoienne de cerises et de viande en poudre et une gelée de pimbina que préparent encore aujourd’hui les Abénaquis. Les breuvages comprennent une boisson micmaque d’écorce de prunier et un thé iroquoien de rameaux d’amélanchier. Mais c’est avec les noyaux des pruniers, par contre, que les Hurons-Wendats confectionnaient six dés pour un de leurs jeux, mieux connu chez les Iroquoiens sous le nom de jeu de pêche.

 

Le Topinambour

Un des rares légumes qui se plante à l’automne

C’est à l’automne que l’on trouve les tubercules de ce légume dans les marchés d’alimentation ou de fruits et légumes. Utilisez ces tubercules pour faire vos plantations. Les tubercules se plantent jusqu’à ce que le sol soit bien gelé.

La variété « Dwarf Sunray » commercialisée par « Thompson and Morgan » est censée être plus court, plus hâtif et plus productif que le topinambour ordinaire.

 

Le topinambour ou artichaut de Jérusalem

C’est par les Hurons que nos ancêtres ont connu le maïs, le tournesol, les haricots, les courges ainsi que le topinambour. Ils eurent vite fait d’apprécier le topinambour.

Ensuite le topinambour a même conquis l’Europe. Mais il n’a pas pu résister à l’introduction de la pomme de terre et sa culture est devenue très rare des deux côtés de

l’Atlantique.

On retrouve le topinambour à l’état sauvage au Québec. Il serait originaire des potagers des amérindiens, abandonnés il y a plusieurs centaines d’années. Vous pouvez aussi le rencontrer autour des vieilles fermes abandonnées, le long des fossés et des champs. Il est facilement reconnaissable, il ressemble à une grande rudbeckie qui serait encore en fleurs en octobre.

(…Il ressemble à) une petite pomme de terre et est utilisé aux mêmes fins. Il contient cependant moins d’amidon et a un goût plus sucré. Il est recommandé pour les diabétiques et les hypoglycémiques.

On peut le consommer cru dans les salades ou cuit de différentes façons : à la vapeur, bouilli, frit ou au four. Il demande cependant une  cuisson plus courte que la pomme de terre afin de ne pas perdre son goût et sa texture. Vous trouverez des recettes de topinambour dans les livres de cuisine naturelle ou végétarienne.

Il a une bonne valeur nutritive, contenant des protéines, des fibres, divers minéraux, du fer, ainsi que des vitamines A, B et C. Ceux qui suivent un régime l’apprécieront car il est moins engraissant que la pomme de terre.

La culture

Il tolère presque tous les sols sauf ceux très alcalins ou détrempés. Il est très productif en plein soleil mais pousse bien à la mi-ombre.

Préparez le sol comme pour les pommes de terre, avec un labour profond, en y ajoutant du compost ou du fumier bien décomposé. Plantez les tubercules à 6 pouces de profondeur et à 1 pied de distance en automne ou tôt le printemps. Les gros tubercules peuvent être coupés à 2 yeux.

Espacez les rangées à 3 pieds ou plantez-les à égale distance dans un carré à l’écart, car ils risquent d’être envahissants…

L’entretien

Un mois après la plantation, carclez pour enlever les mauvaises herbes.

Vous n’aurez plus rien à faire de l’été pour vos topinambours : ceux-ci créent un ombre tellement dense que les mauvaises herbes ne peuvent y résister. Il tolère bien la sécheresse, vous n’aurez donc pas besoin de l’arroser. Il est aussi à l’épreuve des insectes et maladies : aucun insecte ne semble s’intéresser non plus à ses tubercules.

(…) La récolte débute après les premiers gels de l’automne, mais son goût s’améliore à mesure que l’automne avance. Il vaut mieux le récolter tard à l’automne.

Vous n’aurez pas besoin d’en planter une deuxième fois : les petits tubercules oubliés dans le sol permettront une bonne repousse le printemps suivant.

Le topinambour est rustique en zone 4 et 5. Cependant, en zone 3, il peut passer l’hiver s’il y a une bonne couverture de neige et que vous les protégez avec un paillis une fois la terre complètement gelée.