La Sagesse Amérindienne par Yvon Mercier ((7)

Les plantes médicinales

Il y a de cela quelques centenaires, les coureurs des bois ne pouvaient compter que sur eux seuls pour guérir leurs blessures ou leurs maladies. Les européens ont retenu pour usage médicinal les trois plantes suivantes : le framboisier, la berce très grande et le fraisier des champs.

Le framboisier

Les framboises sont des fruits très rafraîchissants, laxatifs et légèrement diurétiques. Les Européens ont retenu, pour usage médicinal, les feuilles et les fleurs. Celles-ci possèdent des vertus diurétiques, dépuratives, astringentes, emménagogues et antiscorbutiques. Le fruit est rafraîchissant et tonique.

En Amérique du Nord, les différentes tribus ont utilisé les racines et les tiges du framboisier. Les Hurons et les Algonquins luttaient contre la dysenterie avec une décoction des racines. Une association de l’écorce interne du framboisier avec celle du rosier sauvage servait à combattre les inflammations des yeux ainsi que les cataractes. Les propriétés ophtalmiques du framboisier étaient connues de la plupart des tribus amérindiennes. Ils préparaient aussi une tisane concentrée de feuilles pour favoriser le travail durant l’accouchement.

La Berce très grande

Cette grande et robuste ombellifère est caractéristique des régions froides et humides du Canada. Le Berce très grande a été longuement utilisée pour ses vertus médicinales par une seule tribu amérindienne, les Hurons, qui connaissaient la plante sous le nom de « Poglus ». Ils auraient employé la plante avec grand succès pour combattre la grande épidémie de grippe espagnole en 1918. Les propriétés de la Berce très grande sont : aphrodisiaque, calmante, digestive, carminative (chasse les gaz intestinaux), antirhumatismale, hyposensitive, stimulante et résolutive.

Les Européens possédaient eux aussi une plante comme la Berce. Elle était utilisée pour combattre l’épilepsie. L’espèce européenne posséderait aussi des vertus aphrodisiaques relevées par le docteur Leclerc. Les fruits seraient un hypotenseur doux et sans danger pour le muscle.

Le fraisier des champs

Les fraisiers sauvages sont des plantes connues de tous les Amérindiens. Leurs fruits sont parmi les plus délicats et ils sont consommés depuis la préhistoire. Les Hurons, les Mohawks et la majorité des autres tribus amérindiennes les consommaient frais ou séchés. Les Iroquois célébraient d’une façon particlulière la première récolte de fraises. Le jus de fraises préparé à même la bouche d’un individu était craché sur la tête de ceux et celles qui désiraient la santé et la prospérité. Ses propriétés : astringente, dépurative, diurétique, hypotensive, laxative et tonique.

La fraise est un aliment d’une grande richesse en sels minéraux, ce qui la rend particulièrement utile aux anémiés et aux tuberculeux. Les personnes souffrant d’arthrite

ou de rhumatismes pouvaient tirer parti des propriétés diurétiques et laxatives de ce petit fruit. Les feuilles et surtout les racines, (…).

 Addenda

Remèdes d’origine non végétale

 

Note: recueillis chez les Algonquins du Nord-ouest québécois par Jane Rankin et Jackie Kistabish et publié par le Centre d’entraide autochtone de Val-d’Or, sans date et sans droits réservés.

Arthrite :
Mettre quelques gouttes d’huile de mouffette dans une tasse d’eau et boire le liquide.

Brûlure et blessure :
Du gras de phoque mou (mi fondu et refroidi).
Du poisson frais trempé dans l’huile d’ours.
Du gras de lard salé pour les blessures; nature et non salé pour les brûlures.

Coupure :
Chauffer un rognon de castor et le mettre sur la coupure. En adhérant à la peau, le rognon fait cesser l’écoulement de sang.

Douleur (rhumatismale ou musculaire) :
1. Frotter avec le gras de porc-épic ou de castor.
2. Appliquer un poumon de castor sur l’endroit de la douleur.
3. Appliquer un poumon de caribou sur l’endroit de la douleur.
4. Saigner la veine la plus proche de la douleur.
5. Frotter avec de la peau de rat musqué.
6. Chauffer du sable, mettre dans un petit sac et appliquer sur le muscle ou la partie endolorie.

Fausse-couche :
Lorsqu’il y a hémorragie : Faire bouillir de l’huile de castor et boire une demi-tasse. Le saignement devrait cesser.

Fièvre :
Frotter le malade avec de l’huile d’outarde, de castor ou d’ours; envelopper le malade dans une couverture chauffée et l’installer près d’un feu.

Furoncle :
Prendre des cendres blanches de bois franc, les mouiller et appliquer sur le furoncle. C’est un maturatif qui fait éclater ou rend le furoncle prêt à être ouvert.

Hémorragie pulmonaire (saignement) :
Une jeune branche de mélèze laricin (Larix laricina) coupée en petits morceaux et bouillie avec un rognon de castor. Boire le liquide une demi-tasse à la fois, trois à quatre fois par jour.

Mal de tête : 

Frotter le front et les tempes avec de la graisse d’ours. Utiliser la vésicule biliaire séchée d’un ours : en extraire la bile et en frotter le front.

Problèmes cardiaques :
Pour éclaircir le sang, faire bouillir les piquants de porc-épic et boire le liquide 2 à 3 fois par jour.

Rhume / toux :
Faire bouillir l’aubier du mélèze (larix laricina) avec un rognon de castor et en boire le jus.

Insecticide :
Pour éloigner les moustiques et les poux de corps, frotter un crapaud vivant sur toutes les parties du corps.
Pour les mouches noires et les moustiques, enduire les vêtements portés d’huile de marmotte.

Irritation locale :

1. Appliquer de la poudre ou poussière de vesse-de-loup (le champignon    séché).

2. Brûler du poil de lièvre alors qu’il est encore blanc et utiliser les cendres    obtenues.
3. Pulvériser une souche d’arbre pourrie; sécher et appliquer sur l’irritation

 Gelée de cèdre

 

 

Produits :3 tasses de pousses de cèdre

Assez d`eau pour recouvrir le cèdre(environ 2 tasses)

Jus de citron frais(2)

Une demie bouteille de pectine

Colorant alimentaire vert

3½ tasses de sucre

          

Méthodologie :

 

*Broyer finement les pousses

*Couvrir d`eau très chaude et laisser bouillir 15                  minutes

*Filtrer à la passoire(réserver 2 tasses)

*Ajouter le sucre

*Faire bouillir en brassant pendant 10 minutes

*Ajouter la pectine et continuer l`ébullition     pendant environ une minute

*Verser dans des pots stérilisés très chauds

*Laisser refroidir et couvrir de parrafine fondue

 

 

Suggestion :badigeonner vos tartes aux pommes(chaudes) avec la gelée ou cuire votre venaison avec une cueillerrée à thé de cette délicieuse gelée  

 

 

P.S. Sur la sauge :faites-en provision et faites sécher,la tête en-bas.Vous pouvez passer au mélangeur les feuilles séchées pour en appliquer la poudre sur les aisselles et les pieds …excellent pour régulariser et diminuer les sécrétions excessives.

 

  Je tiens à Remercier Monsieur Yvon Mercier qui m'avait confié son livre, il y a quelques années et qui m'avait donné l'autorisation de le diffuser

May