la toponymie des Amérindiens au Canada

Toponymie : étude linguistique de l'origine des noms des lieux

 

Le retour aux noms autochtones pour désigner les villages amérindiens ou inuits
 La forme abrégée des prénoms suivie du nom de famille 

1. Critères de choix
 
1.1    Normes générales
          1.1.1     Unicité du nom de lieu
          1.1.2     Usage
          1.1.3     Langue de l'élément générique
          1.1.4     Langue de l'élément spécifique
          1.1.5     Présence et unicité du générique
          1.1.6     Utilisation de génériques conformes
          1.1.7     Exclusion des noms de personnes vivantes ou décédées depuis moins d'un an
          1.1.8     Utilisation d'un nom déjà officiel
 (voir sur le site)

 

 

 2. Sources d'inspiration recommandées

2.1     Ressources historiques et folkloriques du milieu
2.2     Ressources de la géographie
2.3     Préservation des régionalismes
2.4     Milieu autochtone
2.5     Désignations commémoratives
2.6     Noms de personnes

2. Sources d'inspiration recommandées

2.1 Ressources historiques et folkloriques du milieu

Pour la désignation de lieux, il convient de s'inspirer des faits, des événements et des personnages historiques ou folkloriques qui ont marqué la vie locale ou régionale.

Exemple : La municipalité régionale de comté appelée Les Pays-d'en-Haut. Ce régionyme d'usage répandu désigne la contrée au nord de Montréal. Déjà, au XVIIe siècle, les explorateurs et les coureurs des bois se servaient de ce toponyme que l'oeuvre de colonisation du curé Labelle et les écrits de Claude-Henri Grignon ont très largement contribué à diffuser par la suite. Il était donc parfaitement justifié de redonner vie à ce toponyme lors de la création de cette MRC en 1982.

2.2 Ressources de la géographie

La dénomination de lieux tire avantage de s'inspirer des caractéristiques du milieu naturel environnant (flore, faune, géologie, etc.).

Le milieu géographique a suggéré des noms d'entités géographiques naturelles comme Colline aux Érables, Lac Emmuraillé, Rivière Qui-Mène-du-Train, Rapide Danseur, ce qui renforce mutuellement l'image que le paysage projette et celle que le nom évoque. Afin que les noms choisis reflètent adéquatement les caractéristiques du milieu, il est souhaitable de retrouver un lien logique entre les noms d'inspiration géographique et les lieux à désigner. Ainsi, l'attribution du nom Rue des Peupliers à une nouvelle voie de communication qui serait dépourvue de cette essence forestière et qui ne ferait même pas partie d'un système de noms établi d'après des catégories d'arbres serait contre-indiquée.

2.3 Préservation des régionalismes

Il importe d'accorder un soin particulier à la préservation des régionalismes dans la toponymie.

La constitution d'une toponymie authentique repose sur la conservation et la mise en valeur des termes de la langue générale propres au français québécois qui entrent dans la composition des génériques et des spécifiques. Il arrive en effet trop souvent qu'en vertu d'une certaine idée de la modernité, bien intentionnée la plupart du temps mais aussi source de déculturation, on se trouve à favoriser la disparition de noms savoureux et évocateurs au profit de noms plus banals. La préservation des régionalismes est l'un des moyens pour conserver à la toponymie son authenticité.

Exemples :

Coulée des Vaches (ruisseau); Coulée de la Pointe aux Fraises (ravin); Barrage de la Mare du Sault; Zec des Passes (zone d'exploitation contrôlée); District électoral des Écores; Chemin de la Dame-en-Terre.

2.4 Milieu autochtone

Dans les régions habitées ou fréquentées par les populations autochtones, la Commission accorde une attention particulière à la toponymie des Amérindiens et des Inuits dans la dénomination des lieux.

Le retour aux noms autochtones pour désigner les villages amérindiens ou inuits de la Baie-James et de l'Ungava s'inscrit dans ce mouvement. Aussi ne parle-t-on plus de Nouveau-Comptoir ni de Paint Hills, mais désormais de Wemindji; il en est de même pour Kangiqsujuaq qui a remplacé Maricourt et Wakeham. Une action analogue a eu lieu dans le Québec méridional.

2.5 Désignations commémoratives

Des personnes, des organismes, des collectivités ou des événements peuvent faire l'objet de désignations commémoratives s'ils ont joué un rôle important pour la communauté québécoise.

Exemples :

Mont Jean-Charles-Bonenfant; Pont Charles-De Gaulle; Baie Elizabeth-Ann-Beach; Portage Ikwe (mot algonquin signifiant «femme»; le toponyme fut attribué à l'occasion d'un 8 mars, journée internationale des femmes);Côte de la Grande Traversée (allusion au premier voyage de Jacques Cartier, en 1534).

2.6 Noms de personnes

Lorsqu'on honore la mémoire d'une personne par l'attribution de son nom à un lieu, on devrait privilégier le nom sous lequel elle est la mieux connue; il peut s'agir du nom complet ou d'une forme usuelle.

Le choix de l'anthroponyme commémoratif doit permettre d'identifier correctement la personne honorée. On s'efforce généralement de retenir le nom complet de la personne (prénom(s) et nom de famille).

Si l'on juge trop long le nom complet ou usuel, on devrait alors recourir au segment le plus connu à titre d'élément spécifique, dans la mesure où l'omission de constituants ne suscite pas la confusion.

Exemple avec le nom complet : Boulevard Henri-Bourassa

Exemple avec la partie du nom la plus connue : Rue La Hontan

En effet, si l'on désirait honorer la mémoire de Louis Armand de Lom d'Arce, baron de La Hontan, par l'attribution de son nom à une voie de communication, il conviendrait alors de choisir comme forme abrégée le segment La Hontan, à titre d'élément spécifique, puisque c'est sous ce nom que ce personnage est connu.

Par ailleurs, si l'on souhaite honorer à la fois un individu et la famille à laquelle il appartient, on devrait alors recourir au nom de famille seul.

Exemples : Rue Ferland; Chemin des Gagnon.

Enfin, lorsque le nom complet d'une personne n'est pas le nom sous lequel celle-ci est la mieux connue, on peut, dans ce cas, utiliser l'une des formes énumérées ci-après.

Le nom de famille accompagné du titre
Exemples : Rue du Curé-Labelle; Rue Monseigneur-Grandin.

La partie noble du nom
Exemple : Rue Vaudreuil (en l'honneur de Pierre de Rigaud de Cavagnal, marquis de Vaudreuil)

Le pseudonyme
Exemples : Rue Ringuet (pour Philippe Panneton); Rue Molière (pour Jean-Baptiste Poquelin).

La forme abrégée des prénoms suivie du nom de famille, lorsque cette forme a été couramment utilisée du vivant de la personne honorée. Cette forme abrégée peut porter sur plus d'un prénom ou sur un seul et s'appliquera particulièrement lorsqu'il s'agit d'écrivains, de peintres ou d'autres personnages qui avaient l'habitude d'utiliser de telles abréviations.
Exemples : Rue É.-Z.-Massicotte; Rue F.-X.-Garneau; Rue Jos.-D.-Bégin.

En dehors d'un contexte de commémoration, on peut utiliser comme spécifiques des prénoms, des surnoms ou des diminutifs, seuls, si tel est l'usage courant.

Exemples : Baie d'Alexis; Lac à Ti-Blanc-Plante; Montagne à Jeannot.

Les noms de personnes qui entrent dans la composition de noms de lieux devraient figurer dans leur langue d'origine, sauf certains qui comportent des titres ou ceux dont l'usage admet la traduction française.

Exemples : Avenue Franz-Schubert, non pas Avenue Francois-Schubert; Parc Léonard-de-Vinci, aussi bien que Parc Leonardo-da-Vinci, étant donné que la version française du nom du maître italien est fort répandue; Rue du Roi-Georges; Quai King-Edward.

Lorsque des noms de personnes contiennent les formes abrégées St- (pour Saint-) ou Ste- (pour Sainte-), usuelles et attestées dans des actes d'état civil, ou lorsque, concernant de telles formes, on a adressé une requête à la Commission de toponymie pour leur utilisation expresse à propos d'une personne ou d'une famille en particulier, on peut utiliser St- ou Ste- comme constituants spécifiques.

Exemples : Rue St-Onge; Cours d'eau St-Amour; Rue St-Pierre.

 

3. Pratiques contre-indiquées
 
3.1     Désignations péjoratives, grossières ou suscitant la dissension
3.2     Noms banals ou utilisés fréquemment
3.3     Désignations publicitaires
3.4     Points cardinaux
3.5     Désignations numériques, alphabétiques et alphanumériques
3.6     Non-juxtaposition de toponymes
3.7     Non-utilisation du suffixe -ville
(voir le site)

 

http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/accueil.html

 

 

Voici pour ajouter à ton texte:

Ce sont d'abord des toponymes de la langue Mi'kmaq qui seront adoptés par les Français à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe. Encore aujourd'hui, on utilise plusieurs de ces noms, mais leur prononciation dans les langues européennes leur a parfois fait perdre leur sonorité musicale originale.

Le Canada, les provinces et de nombreuses villes, rivières et montagnes portent des noms venant des Peuples Autochtones, en voici une courte liste:

Anticosti: du mot Mi'kmaq «Natigosteg» signifiant «terre avancée».
Canada: du mot Wendat «kanata» signifiant «peuplement» ou «village».
Baddeck: du mot Mi'kmaq «petekook» signifiant «l'endroit qui se trouve sur le chemin du retour».
Caraquet: du mot Mi'kmaq «Kalaket» signifiant «rencontre de deux rivières».
Chibougameau: du mot Cri signifiant «un endroit où le cours d'eau rétrécit».
Chicoutimi: du mot Innu «shkoutimeou» signifiant «la fin des eaux profondes».
Chilliwack: du mot Ch.ihl-KWAY-uhk du peuple du même nom, signifiant «remonter» ou «retourner».
Coquilam: du mot Salish «Kawayquitlam» signifiant «petit saumon rouge».
Etobicoke: du mot Ojibway «wah-do-be-kaung» signifiant «l'endroit où poussent les aulnes».
Fort Chipewyan: du mot Chipewyan signifiant «peaux à pointes».
Gaspé: du mot Mi'kmaq signifiant «fin» ou «extrémité» «fin des territoires».
Grands Rapids: du mot Cri «misepawistik» signifiant «rapides agités».
Kamloops: du mot Shushwap «kahm-o-loops» signifiant «là où se rencontrent les eaux».
Kapuskasing: du mot Cri signifiant «là où la rivière fait un détour».
Listuhji: du mot Mi'kmaq «lustagooch» signifiant «rivière à cinq branches».
Manitoba: du mot Cri « maniot-wapow» signifiant «le détroit du Grand Esprit». Certains prétendent que le nom viendrait des
Mississauga: du mot Mississaugas «michi» ou «missi» signifiant «plusieurs» et «saki» signifiant «sortie», «une rivière dotée de plusieurs décharges».
Musquodobit: du mot Mi'kmaq «mooskudoboogwek» signifiant «s'éclaboussant en écume» ou «s'élargissant soudain après une entrée étroite à son embouchure».
Nunavut: du mot Inuktitut «Nunavut» signifiant «notre terre».
Oromocto: du mot Wolastoqiyik «welamooktook» signifiant «bonne rivière».
Ontario: du mot Wendat «onitariio» signifiant «lac magnifique», ou «kanadario» signifiant «eaux scintillantes» ou «eaux splendides».
Oshawa: du mot Seneca de la Nation du même nom, signifiant «croisée d'un cours d'eau» ou «lieu de portage».
Ottawa: du mot Algonquin «adawe» signifiant «troquer» ou «commercer».
Pangnirtung: du mot en Inuktitut signifiant «l'endroit du caribou mâle».
Qu'appelle: du mot Cri «kab-tep-was» signifiant «la rivière qui appelle».
Québec: du mot Mi'kmaq «Gepe'g» signifiant «détroit».
Rimouski: du mot Mi'kmaq signifiant «terre des orignaux» et du mot Wolastoqiyik signifiant «retraite des chiens».
Saskatchewan: du mot Cri «kisiskatchewani sipi» signifiant «rivière au débit rapide».
mots Assiniboine « mini» et «tobow» signifiant «lac des Prairies».
Saskatoon: du mot Cri «mis-sask-guah-too-min» désignant une baie rouge comestible du même nom.
Shubenacadie: nom Mi'kmaq «segubunakadik» signifiant «là où poussent les arachides (pommes de terre indiennes)».
Tadoussac: du mot Mi'kmaq «Giatosog» signifiant «entre les rochers».
The Pas: du mot Cri «opa» signifiant « un lieu étroit » ou du mot «opaskweow» signifiant «un lieu étroit encaissé entre de
Toronto: du mot Wendat signifiant «un endroit de rencontre» ou «un endroit d'échanges».
Tuktoyaktuk: du mot Inuit «tuktu» signifiant «caribou» et du mot «yaktuk» signifiant «ressemble» ou «le renne qui ressemble au caribou».
Wetaskiwin: du mot Cri «wi-ta-ski-oo cha-ka-tin-ow» signifiant «endroit de paix» ou «colline de la paix».
hautes falaises».
Winnipeg: du mot Cri «win-nipi« signifiant «eau sale» ou «eau glauque».
Yukon: du mot «loyYu-kun-ah» signifiant «grand fleuve».

Nitaput, migwitte'tmug ula
(Souvenez-vous de ceci mes amis)

Algik