Le mythe du Bison de l'Ouest, les Quatre Âges, les Quatre Vents et le chiffre Sept

Le mythe du Bison de l'Ouest, les Quatre Âges, les Quatre Vents et le chiffre Sept

Les Sioux s'appelaient entre eux Oceti Sakowin Oyate, le Peuple des sept feux.

(inspiré de "Les rites secrets des Indiens Sioux" de Black Elk et de J.E. Brown)

 

 

Par Phil Yak'e yaksapa

________________________________________

"Toi, Tatanka (*), tu as quatre âges ; et lorsque Tu te tournas vers nous pour la dernière fois (allusion à Petsan Win *), nous vîmes que tu es le fruit de notre Mère la Terre qui nous fait vivre. C'est pourquoi tu seras placé le premier au centre du cercle de la nation, Toi qui fortifie nos corps, et aussi nos esprits quand nous Te traitons selon la règle céleste. C'est, grâce à Toi, qui nous a révélé la volonté du Grand-Esprit, qu'il y a maintenant une âme sainte au milieu de notre cercle. Tu y seras avec elle, et là tu disperseras le bonheur à ton peuple. Va maintenant au centre !"

prière prononcée lors de la Cérémonie de la Garde de l'Âme, juste avant de découper la partie de la chair du bison qui est "lilla wakan" (très sacrée, particulièrement sacrée en langue Lakota) et qui se situe sur l'épaule et qui doit être consommée par quatre jeunes filles. Ainsi, elles et leur descendance seront sacrées et elles donneront naissance à des personnes dotées de grands pouvoirs, capable de mener la nation et de la faire prospérer.

* Petsan Win : Petsan est la femelle du bison, le mâle se dit Tatanka en langue Lakota.

Petsan Win est la femme bisonne blanche qui apporta aux Sioux leurs rites en leur offrant la Pipe Sacrée, en leur apprenant les rituels et sa signification

La légende dit que ce fut le chef Corne-Creuse-Debout (Hehloghecha Najine en langue Lakota) qui l'a reçue. En quittant le tipi du chef Hehloghecha Najine, Petsan Win se retourna une dernière fois vers le tipi avant de se rouler au sol et de se transformer plusieurs fois en bison de couleurs différentes, de la couleur des jeunes à celle d'une bisonne blanche avant de disparaître derrière une colline.

________________________________________

D'après la mythologie Sioux, un bison (Tatanka) a été placé, au début du cycle, à l'Ouest afin de retenir les eaux qui menacent la terre. Chaque année, le bison perd un poil, et à chacun des quatre âges cycliques il perd un pied. Quand tous ses poils et ses quatre pieds seront partis, les eaux inonderont de nouveau le monde et le cycle sera arrivé à son terme. Le même mythe se retrouve de manière remarquablement concordante dans la tradition hindoue, sauf que le bison est remplacé par le taureau Dharma.

Les hindous comme les Sioux admettent qu'à notre époque le bison - ou le taureau - est debout sur son dernier pied, et il est presque pelé. D'autres traditions rapportent le même mythe.

Les Sioux établissaient un rapport analogique entre les "Quatre Vents" et les quatre périodes cycliques, symbolisées par les quatre plumes d'aigle qui ornent le "cercle sacré" qu'on utilise dans la "Danse du Soleil" et à d'autres occasions : la première période est celle de la "Pierre", la deuxième est celle de l'"Arc", la troisième celle du "Feu", et la quatrième celle de la "Pipe", chacun de ces symboles représentant le moyen spirituel de la période respective.

De même, il y a quatre âges à travers lequel toute chose crée doit passer : le premier est le Sud (jaune, source de toute vie, et ceci est le premier âge dans un cycle historique, c'est l'"Âge d'or") ; le second est l'Ouest (noir) ; le troisième est le Nord (blanc) ; et le quatrième, l'Est (rouge, c'est l'"Âge de fer").

Selon la tradition, l'humanité terrestre se trouve actuellement dans le quatrième âge qui se terminera par un grand désastre, et le messie attendu par tous les peuples pour la fin de l'Âge de fer viendra de l'Est, selon le symbolisme solaire.

Les "Quatre Vents" sont comme les "Puissances productrices" (au sens du terme sanskrit Shakti) des "Quartiers du Monde" (les quatre directions sacrées, l'Ouest, le Nord, l'Est et le Sud, symbolisé par la svastika - la croix gammée- autant en Inde que chez les Sioux où les Huns), et ils sont conçus comme faisant le tour de l'horizon et déterminent la vie terrestre par leurs influences combinées (pluie et humidité de l'Ouest, vent et froid du Nord, lumière et sécheresse de l'Est et chaleur du Sud).

Aucune des directions n'est contraire à l'autre, bien au contraire, les quatres directions sont complémentaires ! (la notion de "contraire" est inconnue chez les Amérindiens, ils ne peuvent comprendre le fonctionnement des choses et les mystères que par la notion de "complémentairité", ainsi l'Ouest et l'Est ne sont pas opposé, la pluie vient de l'Ouest et la sécheresse de l'Est...)

Le vent est comme le "souffle" du monde terrestre où nous vivons ; il représente ainsi la "respiration" cosmique. Le "souffle" est en certain sens le véhicule de l'"âme" ou de l'esprit, d'où la connexion étymologique de ces mots dans beaucoup de langues.

Le vent est aussi le véhicule actif de la vie, car c'est lui qui alimente et purifie le sang, support passif et inférieur de l'élément vital. Le "souffle" est donc à la fois l'"âme" et la "vie", et il est ainsi fait à l'image du Verbe Divin dont le souffle créateur a fait l'homme.

Pour les Sioux, le Vent du Nord donnait la force et l'endurance.

Lors de la cérémonie de la Pipe Sacrée, l'officiant commençait sa prière en commençant par le Ciel (Tunkasila et Ate, le Grand-Père et le Père), puis par la terre (Unchi et Maka, la Grand-Mère et la Mère), ensuite l'Ouest, le Nord, l'Est et le Sud. C'est le chiffre 6 qui apparaît...

En faisant sa prière, l'officiant tend, vers chacune des six directions, une pincée de tabac sacré, et après chaque prière, il place la pincée de tabac, qui a reçu les pouvoirs de la direction vers laquelle il a adressé sa prière, dans le fourneau de la pipe. Après avoir prié la dernière direction et placé la dernière pincée de tabac dans le fourneau, la pipe devient le centre de l'Univers puisque tous les pouvoirs et toutes les choses dont dépendent les six directions se trouvent dans le fourneau.

Le chiffre sept arrive à ce moment, la 7 ème direction est représentée par l'officiant qui a réunit tous les pouvoirs et toutes les choses en une seule, et l'officiant fait lui aussi partie du Grand Tout, de la multiplicité et de la diversité, il a conçu l'Unité.

Le tabac représente toute la Création et le feu représente Wakan Tanka, le Grand Esprit qui est multiple et unique en même temps.

C'est alors que l'officiant peu allumer la pipe et mêler son souffle à la fumée qui vont se répandent ainsi dans l'Univers, en imitant le vol de Wambali Galeshka, l'aigle tacheté, qui est celui qui vole le plus haut.

Ainsi, la fumée pourra voyager dans tous les recoins de l'Univers en apportant avec elle toute la Création terrestre, mais aussi les prières des Hommes. A ce moment, la Création, les Hommes et Wakan Tanka ne font plus qu'Un.

Mitakuye oyasin.

Phil Yak'e yaksapa

Guyloup guyloup@globetrotter.net

De la part de Phil Yak'e yaksapa

tiré de ""La tradition Sioux, le sang bleus du vieux rocher" de Bernard Dubant

Mitakuye oyasin

________________________________________

1) Le mythe de l'inondation, de la femme, et des jumeaux - le couple primordial, vivant dans le monde souterrain, chez les Navajo - se retrouve dans le mythe sioux.

2) La pipe sacrée et l'initipi (le bain vapeur)

3) Le cercle et le nombre de base (introduction)

 

 

1)

"Il y eu une grande inondation dans les plaines de l'Ouest. Les tribus vinrent sur les collines pour échapper aux eaux montantes. Mais l'eau continua de monter jusqu'à qu'elle ait submergé tout le monde. La chair et le sang des noyés devint la pierre à pipe rouge, Inyansa.

Tandis que les gens se noyait, un aigle chauve (anunkasan) descendit, pour qu'une jeune femme, qui était belle, puisse s'aggripper à ses pattes, et soit transportée sur un grand arbre, sur une éminence au dessus de l'eau. Là, la jeune femme donna naissance à des jumeaux. Leur père était l'aigle (l'akicita de Wakan Tanka, le kola du soleil). Les jumeaux furent au principe d'une tribu qui fut forte et brave. La pierre à pipe, la chair de leurs ancêtres, devait être fumée comme symbole de paix. Et la plume d'araignée devait être sur la tête des guerriers."

Ce mythe de l'inondation est aussi le mythe de la fin. Il est dit qu'au début du temps, un bison fut placé à l'Ouest pour y contenir les eaux. Chaque année il perd un poil, et à chaque ère une patte...quand il sera dénudé et sans pattes, les eaux se précipiterons, et le cycle sera fini...Le bison est quasiment dénudé et il ne lui reste qu'une seule patte...

C'est de l'Ouest que doit venir la destruction (là ou le soleil se couche), la nécessaire purification.

________________________________________

 

2)

Le fourneau de la pipe est donc fait du rocher rouge, qui est tunkasila, le rocher primordial, et la chair des tunkasila. Le rite de la pipe, "au centre de nos rites (Lame Deer)", est accompli pour tous les actes wakan (mystérieux, sacrés). Il en est de même pour le rite de l'inikapagi (le rite du bain vapeur) qui, comme la pipe, est lié au mythe des eaux et du rocher. ce sont aussi les deux mythes reliés au feu, à l' "ignition", à la production de fumée (sota) et de la vapeur (temni) - le feu devient l'agent médiateur entre la vie et la mort (les esprits), non seulement dans la cérémonie de la pipe, mais aussi dans l'initipi (bain vapeur) ou des pierres profanes (celles de la pipe et du bain de vapeur) sont chauffées et ainsi emplies de ni (force vitale et souffle), deviennent wakan, sont comme crées par le feu.

C'est ainsi que l'initipi et le fourneau de la pipe sont analogues.

"L'univers entier se retrouve dans la pipe. L'initipi est petit mais il représente l'univers entier." (Lame Deer)

Le fourneau de la pipe est en pierre, et dans l'initipi, la pierre est au centre. La pierre du fourneau de la pipe (la catlinite) doit être creusée rituellement. Le fourneau est la caverne d'où tous les êtres symboliquement représentés, par des grains de cansasa (bois rouge,écorce rouge, on mélange l'écorce intérieure du saule rouge avec du tabac), les feuilles de sauge argentées, ou les morceaux d'écorce de saule rouge.

________________________________________

3)

Le cercle et le nombre de base :

De même, la caverne qu'est l'initipi, sera bâtie rituellement. On coupe douze ou seize jeunes saules blancs, pour la charpente. Le nombre de jeunes troncs - d'environ un pouce de diamètre et dont l'écorce a été ôtée - est un multiple de quatre, le nombre de base. seize est encore plus wakan que douze, car c'est le carré de quatre, et ainsi le nombre de Wakan Tanka.

Ce tipi sera circulaire, comme presque tout les tipis (il y en a qui sont ovales), ainsi que les boucliers, et le centre du camp (hocoka), et aussi les tambours chamaniques, le mouvement de danse.

"Wakan Tanka aime ce qui est circulaire"

(Vestal)

"Toute chose que fait le pouvoir de l'Univers, Il le fait en forme de cercle. Le ciel est circulaire, et j'ai entendu que la terre est ronde comme une boule, et les étoiles, elles aussi sont rondes. Le vent, dans sa plus grande force, tourbillonne. Les oiseaux font leurs nids en forme de cercles, car ils ont la même religion que nous...Nos tentes (tipis) étaient circulaires comme les nids des oiseaux, et elles étaient toujours disposées en cercle, -le cercle de la nation, un nid fait de beaucoup de nids, où le Grand Esprit voulait que nous couvions nos enfants"

(in "Black Elk parle", Black Elk est un Sioux Lakota Oglala)

Il est faux de croire que l'achat d'une pipe sacrée et d'une tenue "authentique" d'Indien en peau de daim dans un magasin de souvenir nous ouvre les portes de la spiritualité amérindienne, comme il est faux de croire que de participer à une loge de sudation et que de se déguiser en Indien les fins de semaine nous permettent de comprendre la spiritualité des Amérindiens.

Il n'est nul besoin de singer pour être, nul besoin de pipe ni de tenue "authentique", si l'extérieur est propre mais que l'intérieur est pourri, imiter n'est pas être, imiter, c'est se contenter seulement des apparences.

A nous de voir, d'imaginer, et au besoin de construire, le Cercle Sacré à l'intérieur, dans notre coeur, et de savoir imaginer que notre coeur est comme le fourneau d'une pipe sacrée, qui contient l'Univers entier et toute l'Humanité, les bipèdes, les quatre pattes et les créatures ailées, d'où s'élève la fumée de nos prières fait dans le tabac sacré qui vient du coeur et de l'esprit et qui se mêlent au souffle de nos paroles que l'on adresse au Grand Esprit.

"Wantakiya hoyewaye lo

Cannunpa kin yuha hoyewaye lo.

Mitakuye ob wani kte ca lecamun welo

Eyaya Tunkasila cewakiye lo."

(prière lakota)

J'envoie une voix au-dessus

Ayant la pipe j'envoie une voix.

Je fais cela pour vivre avec mes parents

Je dis cela et j'implore le Grand-Père.

C'est à nous d'imaginer que notre coeur est comme un tipi, un coeur au milieu d'autre coeur, un tipi au milieu d'un grand campement, celui de l'Humanité, "le cercle de la nation, un nid fait de beaucoup de nids, où le Grand Esprit voulait que nous couvions nos enfants".

Black Elk a vu se briser le cercle de sa nation un triste jour de décembre 1890 à Wounded Knee, quand il a assisté, impuissant, au massacre par des bons chrétiens de 300 de ses frères et soeurs, femmes, enfants, vieillards et guerriers, ses amis et ses parents, la bande de Minneconjous du chef Black Foot.

Alors, Black Elk a choisit de nous transmettre son savoir au travers de ses livres, il a ainsi confié à l'Humanité le cercle sacré de sa nation et l'Arbre Sacré de la Vie, à nous de reconstruire nos propres cercles sacrés et de les réunir dans un grand campement, à nous de nous occuper et d'arroser cet Arbre qui n'est pas celui de Black ou des Sioux en particulier qui est est le patrimoine de l'Humanité, pour que les fleurs repoussent et donnent la vie.

"Je ne comprenais pas alors tout ce qui c'est achevé là. Quand je regarde maintenant vers le passé du sommet de mon vieil âge, je peux encore voir les femmes et les enfants étendus, massacrés, les corps jonchant le sol du ravin. Je les vois aussi clairement que lorsque je les ai vus avec mes yeux encore jeunes, et je peux voir qu'autre chose est mort dans cette boue sanglante, enseveli dans la tourmente de neige, le rêve d'un peuple a été brisé là. C'était un beau rêve, et moi à qui une si grande vision a été donnée dans ma jeunesse, vous me voyez maintenant comme un vieil homme pitoyable qui n'a rien fait, car le cercle de la nation est brisé, il n'y a plus de centre depuis longtemps et l'arbre marqué d'une cicatrice est mort."

Black Elk (Oglala), en souvenir de ses frères et soeurs tombés dans la neige et le froid de Wounded Knee

"La véritable connaissance, ce n'est pas l'accumulation de savoir mais la fraîcheur du regard, -innocence du coeur"

La philosophie et le mode de vie des autochtones étaient partout le même avant la colonisation. Que ce soit en Australie, en Afrique ou ailleurs , ces cultures millénaires n'avaient pratiquement pas changé au fil des temps. Ces êtres jouissaient en général d'une excellente santé, ils étaient heureux et simples, ils n'avaient aucun besoin inassouvi et ne s'en créaient pas artificiellement ; ils ne "travaillaient" de 3 à 5 heures par jour en moyenne, hommes comme femmes (informations historiques), ce qui leur laissait amplement le temps de profiter des simples plaisirs de la vie comme s'occuper de leur famille, de s'amuser et se dévouer à leur pratique spirituelle.

Dans toutes les nations autochtones du monde, la spiritualité repose sur les mêmes principes de base : le respect et l'amour de la Terre-Mère ; les concepts demeurent identiques, seules les formes changent.

D'une certaine façon, nous pouvons dire qu'une cérémonie n'est ni plus ni moins qu'un contenant ; ce qui fait sa force, ce ne sont pas tant les gestes posés ou les prières récitées, mais son contenu, l'énergie qui l'habite ; cette énergie sert de point de jonction, de communion.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle un amérindien peut très bien célébrer une cérémonie sans esquisser le moindre geste ; par le pouvoir de la création : il en visualise les formes dans son esprit, et celle-ci se réalise alors par la seule force de l'énergie ainsi engendrée. C'est alors un esprit éclairé car il a choisi de ne pas trop s'attacher à la forme pour éviter de tomber dans le matérialisme spirituel ; ce dernier est devenu un phénomène courant de nos jours, les êtres s'attachent davantage à la forme d'une cérémonie qu'au contenu non visible...

La loge à transpirer est un bon exemple : avant le déroulement d'évènements sacrés, la loge sert à purifier "corps et âme" ceux qui seront présents aux cérémonies ; or cette cérémonie étant spectaculaire et unique, bien des personnes ne désirent y assister que par pure curiosité, simplement pour "tenter l'expérience" et "voir"... cette attitude oblige parfois malheureusement à annuler des loges à transpirer pour réharmoniser les intentions des participants...

Souvent les cérémonies amérindiennes sont assez longues. certaines peuvent durer de 3 à 4 jours, il en a même existé qui ont duré douze jours !!! Et si pendant cette période les gens s'efforcent d'être constamment à leur meilleur, de réprimer tout mouvement d'impatience et de toujours sourire, lorsqu'ils quitteront le contexte cérémoniel, ils constateront qu'ils ont changé ; le seul fait d'avoir surveillé attentivement leurs pensées et leurs actions pendant un certain temps aura amélioré leur façon d'être... En ce sens, la cérémonie, ou plutôt son essence, aura servi à faire ressortir le meilleur d'eux-mêmes.

Ce même principe se remarque partout : lorsque des personnes se rendent à l'église ou à un évènement important pour eux, ils accordent un soin plus particulier à leur personne et à leurs vêtements par exemple, se comportent correctement ; les indiens autrefois revêtaient leurs plus beaux atours, exhibaient leurs coiffures de plumes pour évènements spéciaux, c'étaient des habits de cérémonie réservés aux grandes occasions...

D'ailleurs, les autochtones ont une prière qui dit à peu près ceci : "avec la beauté devant moi, avec la beauté à côté de moi, avec la beauté au-dessus de moi, avec la beauté en dessous de moi, je peux vivre ma vie"... car la beauté est une voie qui nous rapproche du Créateur.

Lorsque nous allons dans la nature, nous pouvons constater que chaque chose occupe la place qui lui revient ; la plus petite feuille qui tombe de l'arbre se dépose exactement là où elle doit être, tout est parfait, tout est à sa place, tout est beau ; tout est harmonie et équilibre... la nature lorsque nous la laissons s'occuper d'elle-même est d'une incroyable beauté... partout nous pouvons y sentir le pouvoir de la main de Kitché Manitou le Grand Esprit Créateur.

L'un des buts visés par les cérémonies est d'atteindre cette beauté autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Choisir la voie de la beauté est une façon de faire appel à ce qu'il y a de plus élevé en nous : notre essence divine... cette dernière est notre nature fondamentale, lumineuse et omnisciente.

De même façon, une fois que nous savons reconnaître la beauté, nous pouvons également découvrir la vérité sur nous-mêmes car les cérémonies nous aident à délimiter un espace à l'intérieur duquel nous créons notre propre médecine, celle qui nous guidera vers la vérité, l'harmonie et une meilleure communication avec le monde spirituel ; notre médecine nous aidera également à mieux définir notre place dans l'univers et la mission que le Créateur attend de nous : la médecine de la beauté est parente de l'esprit de la cérémonie...

Nous sommes des êtres spirituels incarnés sur un plan physique ; une fois notre raison d'être trouvée, et lorsque nous avons le courage de la réaliser, tous les outils nécessaires à notre accomplissement sont mis à notre portée ; une condition essentielle est de témoigner nos intentions physiquement... Il est très important de voir toujours plus loin, d'augmenter notre puissance d'action en posant les gestes qui accompagnent honnêtement et vraiment notre pensée et nos intentions ; il est également important d'aller jusqu'au bout de notre manifestation en tant qu'être humain ; nous avons tous un rôle important à jouer, nous avons tous une mélodie intérieure nécessaire à la symphonie planétaire, et il est primordial de chanter notre note ; notre musique apporte au monde quelque chose de très précieux que nous seuls en mesure d'offrir... très souvent soutenir cette note demande du courage et beaucoup de temps et de ressourcement, ces moments deviennent privilégiés, ils nous confirment l'être que nous sommes et la voie choisie...

Les cérémonies autochtones présentaient cet avantage d'offrir aux participants l'occasion de se retrouver et de réévaluer leur place dans la communauté et l'influence que leur action pouvait avoir sur l'ensemble ; ces activités aident les êtres à définir leur place au sein de l'univers ; une fois cette étape franchie, nous pouvons accomplir ce pourquoi nous sommes créés, c'est à dire ce que le Créateur attendait de nous en nous envoyant sur la Terre-Mère...

 

Je vous parlais la dernière fois de ce que le Créateur attend de nous... nous sommes tous en mesure de découvrir cette mission : la nôtre, puisque chacun la porte inscrite dans son cœur... le plus souvent il suffit simplement d'observer ce que nous aimons faire le plus. Curieusement, il y a des gens qui ne savent même pas ce qu'ils aiment...c'est même un phénomène courant aujourd'hui ; ces gens sont tellement encadrés dans les écoles puis dans leur milieu de travail qu'ils ont l'impression de ne plus avoir le choix, ils suivent le même sentier que le reste de la meute... Les messages reçus de l'extérieur nous incitent fortement à nous fondre dans la masse, à devenir un rouage du système surtout sans chercher à le contourner ou à l'éviter, comme si notre raison d'être nous venait de l'extérieur, du système d'éducation, de la pression de nos supérieurs, de la télévision, des médias, du gouvernement, etc...

Alors, comment concilier ces conditionnements avec les instructions fondamentales inscrites à l'origine dans le cœur de chacun de nous ?

Il est courant dans les sociétés occidentales que les jeunes se rebellent contre l'ordre établi... ils s'habillent de manière provocante, ont des comportements et des propos choquants, voire destructeurs (pour les autres tout autant que pour eux malheureusement), ceci pour affirmer leur individualité et se démarquer de la masse... c'est je crois une réaction normale dans ces circonstances...

Nous sommes ici pour expérimenter la matière, pour manifester dans le monde physique une réalité spirituelle...

Nous sommes également ici pour trouver notre raison d'être et la réaliser...

Évidemment ce la demande courage et persévérance car le monde dans lequel nous vivons est parsemé d'embûches et ce ne sont pas les épreuves qui manquent... car la société moderne est ainsi faite que chacun doit rentrer de gré ou de force dans le moule sans surtout trop poser de questions...

Nous voyons bien que ceux qui osent défier le système économique et social sont immédiatement repérés et catalogués dans une classe à part... pour eux notre société dite moderne a des prisons et des asiles d'aliénés (notez que ceci n'existait pas dans les sociétés traditionnelles autochtones).

Alors, lorsque nous avons des impulsions qui viennent de notre nature unique, celles-ci nous font peur... on ne les écoute pas, on les rejette au lieu de profiter et de canaliser dans le bon sens l'énergie et la pensée ainsi récupérées...

Nous avons tendance à transformer ces qualités uniques en cherchant à se développer artificiellement, comme si on suivant une mode, en abusant de choses qui diminuent l'énergie vitale naturelle (travail en excès, sport en surabondance, vitamines artificielles, activités diverses)... et avec la répétition, la dépendance se crée...

Aujourd'hui les dépendances sont très nombreuses : télévision, ordinateur, café, alcool, drogue, cigarette, sexe, sucre, nourriture grasse, excès de confort, etc... la liste pourrait s'allonger...

Mais parmi toutes celles-ci, la dépendance affective est sûrement la plus forte ; les gens en souffrent pour diverses raisons, entre autre parce que la civilisation actuelle a tendance à nier et à ignorer les besoins émotionnels de base de l'être humain, ils manquent d'autonomie... et cette lacune existe parce que les gens ignorent qui ils sont et pourquoi ils sont la sur notre Mère-Terre... ils n'ont pas vraiment de ligne directrice et très peu de points de repère pour s'orienter dans leur rechercher intérieure....

La solution à ces problèmes a été trouvée par les dépendants eux-mêmes, c'est le programme spirituel préconisé par exemple par les A.A. (Alcooliques Anonymes), puis par touts les autres mouvements qui ont suivi les AA, les Narcotiques Anonymes, les Weight Watchers, etc...

Un des maîtres d'Aigle Bleu disait que ce programme pouvait s'intégrer à toutes les religions du monde parce qu'il préconise un mode vie spirituel universel... les cercles anonymes sont très nombreux chez les Amérindiens et ont permis à un nombre incalculable d'entre eux de sortir de la spirale infernale de l'alcool, de la drogue ou de la prostitution... comment ? tout simplement parce que le programme des cercles anonymes est semblable à la vie ancestrale des tribus amérindiennes... il permet d'entrer en relation avec le Grand Esprit et de vaincre sa dépendance en découvrant sa raison d'être (parfois tout simplement l'épreuve à laquelle on a été confronté a permis de découvrir de quelle manière aider ceux qui "plongent" dans le même trou noir, c'était là alors notre voie choisie par le Créateur)...

N'oublions pas que toute expérience est enrichissante quelle qu'elle soit... même si elle parait négative sur l'instant, même si vous ne comprenez pas ce que le Grand Esprit vous faisait vivre à ce moment là, il y avait une raison que vous ne connaissiez pas encore... plusieurs années après, retournez-vous sur vous-mêmes, et vous comprendrez certainement l'engrenage de votre vie...

Chaque chose a une raison d'être, et chaque chose a un temps pour être...

L'univers dans lequel nous vivons a commencé par être simplement une pensée dans l'esprit de Kitché Manitou... lorsque nous découvrons notre raison d'être, la raison profonde pour laquelle nous sommes ici bas, et que nous avons le courage de suivre cette voie, en dépit de tout obstacle qui se dresse devant nous, nous devenons co-créateur avec le Grand Esprit de ce monde dont nous faisons partie car nous créons une dimension qu'il avait espérée pour nous...

La façon de déterminer quelle sera notre place dans l'univers est d'une importance primordiale... il existe des cérémonies et des rituels dont le seul but est justement de nous apprendre à trouver et à prendre cette place en accord avec le Grand Esprit...

La quête de vision de l'homme et la retraite lunaire de la femme sont des exemples de médecines personnelles qui donnent un sens à notre vie...

 

La première fonction des rites et des cérémonies autochtones est de rendre grâce. Dans l'esprit indien, témoigner sa reconnaissance aux puissances de l'univers permet de vivre en équilibre au sein du monde.

Un sage huichol du Mexique, qui venait d'appeler la pluie sur une terre californienne éprouvée par la sécheresse, dit aux gens étonnés par le résultat de ses prières : « Les mercis des hommes sont la nourriture des dieux ! »

La civilisation matérialiste s'est bien moquée des Indiens qui dansaient pour faire venir la pluie. Mais les Blancs demeurent quand même bien intrigués par ce phénomène.

La plupart des peuples nomades vivant de cueillette sauvage n'ont pas de religion structurée ou de cérémonies publiques célébrées à dates fixes. Leur mode de vie ne se prête pas à de telles manifestations. Pour ces communautés, lu véhicule spirituel de base est le chamanisme.

Le pouvoir de la personne-médecine lui vient de sa relation personnelle avec le monde spirituel. Le chaman, contrairement à l'imagerie populaire, ne se distingue pas des autres membres de la communauté. Il pêche et chasse pour subvenir à ses besoins et ceux de son entourage et il partage les connaissances qu'il détient. C'est l'Esprit qui le choisit comme son intermédiaire auprès du peuple. La personne de qui on demande un tel devoir assume courageusement sa quête. Refuser d'accepter les responsabilités découlant d'une vision ou d'une demande du monde spirituel équivaut parfois à un arrêt de mort. Plus le pouvoir spirituel d'une personne est grand, plus le Grand esprit se montrera exigeant envers elle. Le travail de la personne-médecine est loin d'être facile et demande parfois de nombreux sacrifices, des jeûnes et des obligations.

Le rôle communautaire de la personne-médecine varie énormément d'un endroit à l'autre et il existe autant de techniques chamaniques que de chamans. L'un des premiers devoirs universels des chamans est celui de guérir les malades. Les autres, plus particuliers, sont de pratiquer la divination psychologique, préparer la chasse, retrouver les objets perdus, interpréter les signes et les songes, célébrer les mariages et les rituels, etc.

Une autre constante universelle parmi les chamans : celle de posséder des esprits gardiens ou esprits tutélaires. Ces « manitous » sont des entités du monde spirituel auxquels le chaman fait appel pour qu'ils l'aident dans son travail. Pas besoin d'être sorcier pour bénéficier de l'aide d'une entité spirituelle ; les autochtones croient que nous avons tous des alliés immatériels qui veillent sur notre évolution spirituelle, croyance que nous retrouvons avec les anges gardiens du christianisme.

La personne-médecine est celle qui a reçu le don de voir et d'entendre les esprits. Elle subit des épreuves afin de mériter un «manitou ». Une fois l'initiation réussie, il est dit du chaman qu'il possède un manitou. Le chaman détient alors son pouvoir de l'ours, de la libellule, de l'aigle ou encore d'un arbre. Ce n'est pas l'animal physique qui transmet ce pouvoir mais bien son esprit. Par contre, les objets en rapport avec l'animal, par exemple une griffe ou une dent d'ours, facilitent la communication. La vue de ces objets et leur contact transmettent leur pouvoir à celui qui en a reçu la vision.

Pour un amérindien, l'une des plus grandes recherches de Dieu se trouve dans la quête de visions. Ce rituel, pratiqué encore aujourd'hui, est commun à toutes les nations.

Après avoir demandé l'assistance d'un sage, l'homme purifie son corps dans la loge à transpirer. Il purifie ses sentiments par le silence et son esprit par la prière. On l'amène ensuite sur une montagne vêtu de ses plus humbles habits et muni d'une seule couverture. Le but qu'il souhaite atteindre : y rencontrer le Grand Esprit, devant qui il est si petit. Il se présente ainsi avec les seules choses qui lui appartiennent vraiment, son corps, son cœur et son esprit respectueusement purifiés. Seul sur la montagne, il implore sa vision, sans eau et sans nourriture, pendant plusieurs jours et plusieurs nuits. Il s'astreint au jeune ainsi parce qu'il veut communiquer avec l'autre monde, là où le besoin d'eau et de nourriture n'existe pas.

Si l'Esprit juge cet homme digne, il enverra ses anges ou autres messagers animaux lui dire quels doivent être son travail et sa médecine. Néanmoins, la vision n'appartient pas à l'individu. Elle appartient à la communauté, à qui elle profite par le service que l'homme désigné apportera à ses semblables.

Les Amérindiens ont reçu la plupart de leurs cérémonies grâce aux visions. Ce sont elles qui donnent les pouvoirs liés à une expérience religieuse profonde. La vision est un don du Grand Esprit qui aide l'homme à faire vivre son peuple, et lui permet une communication directe avec l'autre monde. Elle procure à l'homme sa raison d'être, son but et sa mission sur la terre. Il devient alors un homme véritable.

Les femmes peuvent également s'engager dans une quête de vision, bien que cela soit moins fréquent car en effet, la femme détient déjà ce qui est considéré comme « la plus grande des médecines » : ses règles ou sa lune. Souvent, une femme dans sa lune se retire pour apprendre de cette force qui coule en elle. Du reste les femmes dans leur lune ont le droit de refuser de faire leur travail habituel quotidien, c'est alors l'époux qui doit la remplacer pendant cette période intense en ressentis émotionnels.

Chez certains peuples, on considérait la femme comme un être accompli à partir de sa première lune et l'homme, à partir de sa première vision.

Il existe des moyens autres que la vision d'accéder aux régions plus subtiles de l'être. Comme, par exemple, le véhicule plus habituel des rêves et des songes. Le monde du rêve est aussi réel que ce monde-ci. C'est seulement la conscience et le contrôle de notre être qui rêve qui est moindre. L'enseignement traditionnel donne des outils d'apprentissage afin de rapporter à la conscience éveillée les informations que nous recevons la nuit. Et cela commence dès l'enfance ; en effet c'est une coutume, pour les familles autochtones, de raconter au lever les rêves qui ont visité chacun. Parfois, la conscience et la maîtrise deviennent telles que le rêveur se réveille dans son rêve. Il se rend compte qu'il est en train de rêver et qu'il peut influencer consciemment le déroulement du rêve en cours.

Il existe cependant une distinction importante entre le rêve et le songe. Ce dernier est, à l'instar de la vision, un message du monde divin. Il est formé d'un début, d'un déroulement et d'une fin. Il est clair, plus clair même que la vie éveillée, et laisse une impression indélébile sur l'esprit. Le songe appartient lui aussi à la communauté. Il est donc raconté aux personnes qui ont la compréhension spirituelle nécessaire à l'interprétation et à l'identification des implications pour la personne et pour la communauté.

Les rituels décrits ici ont été confiés aux peuples amérindiens. Il peut arriver qu'un amérindien nous invite à partager ses pratiques. Mais il ne faut pas chercher à imiter ces rituels sans en avoir d'abord reçu l'enseignement oral d'une personne dûment autorisée par son peuple.

La société occidentale a beaucoup inculqué sa religion aux peuples amérindiens. J'ai constaté que les Indiens sont souvent des catholiques dévoués et fervents. Ils pratiquent de façon naturelle la charité et l'humilité. Comme Jésus, ils vivent une vie pauvre en biens matériels et riche en spiritualité, d'ailleurs ils agissaient comme des chrétiens avant même de connaître l'Evangile.

La relation avec le Grand esprit est une évolution perpétuelle. Comme la vie, elle ne peut demeurer stationnaire. Elle s'ouvre à une participation constante et active de tous. Elle contribue à répandre la paix et l'amour sans souci de race, de couleur, de religion ou de classe sociale. Elle est humble et agissante.

 

Dans les cérémonies traditionnelles autochtones, on ne trouve pas de spectateurs. Tous participent. I1 n'y a pas non plus d'Église-institution avec hiérarchie, honneurs et tout le falbala. Au contraire, chacun exerce sans exception un rôle précis dans la cérémonie et la vie de la communauté.

Une notion très intéressante dans l'univers spirituel amérindien est celle de l'humour. Le rire est sacré pour l'Indien. Il n'y a pas de meilleur remède pour prévenir la maladie que la bonne humeur. La spiritualité autochtone est aussi la seule que je connaisse où le rire fait souvent partie des cérémonies. Il existe même, dans plusieurs nations, des hommes (appelés « heyokas » chez les Sioux) dont le rôle est de faire rire. Lors des cérémonies, les heyokas se déguisent de la manière la plus farfelue et font tout à l'envers. Là où les rites sont bien ordonnés, ils arriveront en trombe, tombant lus uns par-dessus les autres, s'étalant dans une flaque d'eau.

Les cérémonies autochtones durent plusieurs jours et sont parfois très sérieuses et intenses. Le rire provoqué par les heyokas permet un moment de détente de temps en temps. I1 est salutaire et donne à l'homme l'occasion de se voir tel qu'il estcar si l'homme ne sait pas rire de lui-même, cela trahit un sérieux manque d'humilité.

 

 

©TribRenouveauAmérindien - 2005

texte

Courage !

Moi, ce que j'entends souvent dire, c'est que les amérindiens ont souvent des problèmes, que ce soit de consommation ou même de violence.

Certains ne comprennent pas pourquoi nous sommes un grand peuple.

Dans le temps, nous n'avions pas besoin d'argent pour vivre, nous étions un grand peuple et nous le sommes toujours.

Certains ont oublié notre importance et l'importance de sauvegarder notre culture.

Je vois des amérindiens découragés qui baissent les bras, parce qu'ils ont subi des discriminations, parce qu'ils ont été humiliés et parce qu'ils ont été rabaissés.

 

Mais quand on les regarde, ils sont encore debout, voila la vraie beauté de ce peuple, notre peuple.

Vous vous dîtes peut-être que tout est fini et que vous allez en rester là, mais moi je dis qu'il faut rester debout et persévérer !

Certains ont perdu la notion des choses et ne croient plus en rien.

 

Je vais vous dire moi, quand j'entends chanter ces personnes a tue-tête, quand je les voix danser et crier pour montrer qui on est et quelle est notre culture, je vois un grand peuple.

Ce peuple toujours aussi fort, ce peuple toujours debout.

 

Moi ce que je pense, c'est qu'il n'y a pas de mot pour dire a quel point on est grand et puissant.

 

N'arrêtez pas de croire en vous, n'arrêtez pas de croire en notre peuple et montrez à quel point notre peuple est résistant, montrez à quel point nous méritons d'être respecté l'un autant que l'autre.

 

Croyez-y et ne baissez pas les bras.

La vie est un combat , c'est comme ça, il faut toujours se battre, c'est comme ça qu'on a des résultats.

On est toujours là et on va rester là, à notre place, c'est-à-dire notre pays, nos maisons.

 

On va rester là et on ne bougera pas, quoi qu'il puisse se passer.

 

Montrez au monde qui nous sommes.

 

Moi j'en suis fière.

 

 

Texte écrit par Wabano - Sandra, 18 ans, (Waban-aki), nation Abénaki, le 22.05.04.

 

 

 

 

©TribuRenouveauAmérindien-2005

Toute chose que fait le pouvoir de l'Univers, Il le fait en forme de cercle. Le ciel est circulaire, et j'ai entendu que la terre est ronde comme une boule, et les étoiles, elles aussi sont rondes. Le vent, dans sa plus grande force, tourbillonne. Les oiseaux font leurs nids en forme de cercles, car ils ont la même religion que nous...Nos tentes (tipis) étaient circulaires comme les nids des oiseaux, et elles étaient toujours disposées en cercle, -le cercle de la nation, un nid fait de beaucoup de nids, où le Grand Esprit voulait que nous couvions nos enfants"

(in "Black Elk parle", Black Elk est un Sioux Lakota Oglala)

Il est faux de croire que l'achat d'une pipe sacrée et d'une tenue "authentique" d'Indien en peau de daim dans un magasin de souvenir nous ouvre les portes de la spiritualité amérindienne, comme il est faux de croire que de participer à une loge de sudation et que de se déguiser en Indien les fins de semaine nous permettent de comprendre la spiritualité des Amérindiens.

Il n'est nul besoin de singer pour être, nul besoin de pipe ni de tenue "authentique", si l'extérieur est propre mais que l'intérieur est pourri, imiter n'est pas être, imiter, c'est se contenter seulement des apparences.

A nous de voir, d'imaginer, et au besoin de construire, le Cercle Sacré à l'intérieur, dans notre coeur, et de savoir imaginer que notre coeur est comme le fourneau d'une pipe sacrée, qui contient l'Univers entier et toute l'Humanité, les bipèdes, les quatre pattes et les créatures ailées, d'où s'élève la fumée de nos prières fait dans le tabac sacré qui vient du coeur et de l'esprit et qui se mêlent au souffle de nos paroles que l'on adresse au Grand Esprit.

"Wantakiya hoyewaye lo

Cannunpa kin yuha hoyewaye lo.

Mitakuye ob wani kte ca lecamun welo

Eyaya Tunkasila cewakiye lo."

(prière lakota)

J'envoie une voix au-dessus

Ayant la pipe j'envoie une voix.

Je fais cela pour vivre avec mes parents

Je dis cela et j'implore le Grand-Père.

C'est à nous d'imaginer que notre coeur est comme un tipi, un coeur au milieu d'autre coeur, un tipi au milieu d'un grand campement, celui de l'Humanité, "le cercle de la nation, un nid fait de beaucoup de nids, où le Grand Esprit voulait que nous couvions nos enfants".

Black Elk a vu se briser le cercle de sa nation un triste jour de décembre 1890 à Wounded Knee, quand il a assisté, impuissant, au massacre par des bons chrétiens de 300 de ses frères et soeurs, femmes, enfants, vieillards et guerriers, ses amis et ses parents, la bande de Minneconjous du chef Black Foot.

Alors, Black Elk a choisit de nous transmettre son savoir au travers de ses livres, il a ainsi confié à l'Humanité le cercle sacré de sa nation et l'Arbre Sacré de la Vie, à nous de reconstruire nos propres cercles sacrés et de les réunir dans un grand campement, à nous de nous occuper et d'arroser cet Arbre qui n'est pas celui de Black ou des Sioux en particulier qui est est le patrimoine de l'Humanité, pour que les fleurs repoussent et donnent la vie.

"Je ne comprenais pas alors tout ce qui c'est achevé là. Quand je regarde maintenant vers le passé du sommet de mon vieil âge, je peux encore voir les femmes et les enfants étendus, massacrés, les corps jonchant le sol du ravin. Je les vois aussi clairement que lorsque je les ai vus avec mes yeux encore jeunes, et je peux voir qu'autre chose est mort dans cette boue sanglante, enseveli dans la tourmente de neige, le rêve d'un peuple a été brisé là. C'était un beau rêve, et moi à qui une si grande vision a été donnée dans ma jeunesse, vous me voyez maintenant comme un vieil homme pitoyable qui n'a rien fait, car le cercle de la nation est brisé, il n'y a plus de centre depuis longtemps et l'arbre marqué d'une cicatrice est mort."

Black Elk (Oglala), en souvenir de ses frères et soeurs tombés dans la neige et le froid de Wounded Knee

"La véritable connaissance, ce n'est pas l'accumulation de savoir mais la fraîcheur du regard, -innocence du coeur"

(J-Y Leloup)

Mitakuye oyasin.

Phil Yak'e yaksapa