Il était une fois l'Ouest , les Navajos

Il était une fois l’ouest que reste-t-il du Far West ? Retour sur les lieux mythiques, ou les vestiges racontent une réalité parfois bien éloignée de la légende

 

Ce document a été traité par National Géographic du  mois de septembre 2009. Pour ma part je ne vais vous parler que de la partie Amérindienne, pour en savoir plus il vous faudra vous procurer le magazine.  titre le l'article "Il était une fois l'Ouest"

(http://www.nationalgeographic.fr/magazine/numero_120_septembre_2009 )

 

A l’ouest, à cheval sur l’Arizona et l’Utah, le parc tribal navajo de Monument Valley ne connaît pas la crise. Depuis que John Ford y a posé ses camera* l’endroit est devenu le paysage le plus célèbre de la conquête de l’Ouest – et le plus visité par les touristes. « Le cow-boy de Marlboro ! », s’exclame une Française devant une image qui a fait le tour du monde. Plantée au bout du John Ford’s Point, une silhouette se détache, en chemise rouge et Stetson blanc, sur un mustang noir : l’icône de l’homme blanc dans l’immensité sauvage, le cow-boy le plus célèbre de l’Amérique. A un détail prés : le cow-boy est un Indien. Spectacle ironique et bien rodé. Depuis quarante ans, des qu’un car de touristes approche, Franck Jackson, prend une pose pas si éloignée de la réalité. Car la ségrégation raciale se pratiquait peu sur les pistes du bétail. La moitié des cow-boys étaient noirs, mexicains ou indiens.

 

Leur vie n’avait rien de romantique qui se résumait principalement au convoyage de troupeaux. Dans les années 1880, on compta jusqu’à 7,5 millions de têtes de bétails dans l’ouest.

Le cow-boy n’était qu’un garçon vacher miséreux, sans colt ni cheval – en général fourni par le ranch. Tout juste possédait il sa propre selle. S’il ne mourrait pas piétiné par un mouvement de panique des bêtes ou foudroyé, il finissait perclus de rhumatismes.


Mais devant les buttes ocre de Monument Valley, la figure la plus marquante du folklore américain retrouve toute la superbe du mythe.

 

« On m’appelle « le John Wayne navajo », dit Franck Jackson en riant. Le vrai, il l’a croisé sur les plateaux de tournage de westerns : « j’étais un bon cavalier, je faisais des rodéos, alors ils m’ont pris comme figurant. »

 

Non loin du John Ford’s Point, Marlene Salazar-Smith me montre les photos de son père. Il louait ses chevaux sur les tournages. « C’était très isolé, ici. Nous n’avions pas la télé et nous ne savions pas ce qu’était les westerns, John Wayne nous avait envoyé des bobines de films, mais nous n’avions ni projecteur ni électricité ; alors, avec mes frères et sœurs, nous jouions au Frisbee avec. »

 

Toute la Fratrie a fait des apparitions dans des westerns. Susie Yazzie figurait aussi parmi le casting. A 90 ans passés, elle en a gardé quelques souvenirs brumeux. « On nous faisait porter des vieux vêtements. Les Navajos s’habillaient mieux que ça !  Et nous avions des tresses : rien à voir avec notre chignon traditionnel ! » C’est que les Navajos étaient censés interpréter des Cheyennes ou des Apaches, dont Hollywood avait fait les habitants de Monument Valley. Une « Licence cinématographique » parmi d’autres. La charge héroïque ?  L’armée adopta  une autre tactique pour réduire les Navajos : la destruction de leurs récoltes et du bétail. Les Indiens, au bord de la famine et contraints à la  reddition furent déportés à Bosque Redondo, au nouveau Mexique en 1862.

 

Pourtant dans cet interminable lamento de l’histoire indienne durant la conquête de l’Ouest, les Navajos ne furent pas les plus mal lotis. En 1868, le gouvernement les autorisa à revenir sur le quart de leur ancien territoire ; 43 000 km2 arides, dépourvus de métaux précieux, qui n’intéressaient pas les blanc. Jusqu’à ce que les producteurs de cinéma découvrent les lieux. Et dans leur sillage, des millions de touristes.

  

Les Navajos ont appris à composer avec les visiteurs. Ils proposent leurs bijoux, visites guidées du parc ou démonstrations de tissage. Leur principale source de revenus vient du tourisme. Non sans culpabilité. « Les Navajos ont vraiment du mal à trouver un équilibre entre la protection de leur terre, la fidélité à leur culture et le développement économique, souligne Nathan Lafont, de l’hôtel Goulding’s Lodge, en lisère du parc. Les procédures pour obtenir une licence commerciale sont très complexes. » Le parc a inauguré il y a moins d’un an sont premier hôtel en projet depuis les années 1970.

Pour les dix neuf familles qui vivent a Monument Valley, le dilemme entre préservation et impératifs économiques a tourné au cercle vicieux. Ou plutôt au nœud coulant qui ne cesse de les étrangler. «  Nous n’avons ni électricité ni eau courante. Les deux s’arrêtent à l’hôtel pour les touristes, parce que la Nation Navajo (le conseil tribal) veut que tout reste naturel, se lamente Karolyn Charley, qui devrait être privilégié : les étrangers en visite ou les gens qui vivent ici depuis des générations ? »

Exaspérés, les habitants ont crée une association de résidents. « Nous demandons l’eau, l’électricité, des bus scolaires et de meilleurs panneaux d’information pour les touristes, explique Linda Jackson, la fille de Frank. Ils ne devraient pas nous prendre en photo comme bon leur semble, ils nous donnent l’impression d’être des animaux dans un zoo. » A Monument Valley l’ouest sauvage a pris des allures de tristes tropiques.

 

Le cinéma

 

John Ford y tourna pour la premier fois en 1938, mentionnent, laconique, les annales du western. En réalité, le réalisateur n’est pas venu à Monument Valley. C’est Monument Valley qui était venu à lui, quelques mois plus tôt, dans la guimbarde de Harry et Leone (surnommé « Mike ») Goulding.

En 1923, le couple a ouvert un comptoir commercial dans la région. Il fourni aux Navajos des denrées alimentaires contre des bijoux et des tapis indiens. « Harry et Mike se sont liés d’amitié avec les navajos, raconte Stanley Crank, superviseur du parc de Monument Valley. Ils avaient baptisé Harry « Dib’eenez » (le grand mouton), en raison de a haute taille.

Les Gouldings sont alors les seuls blancs autorisés à vivre dans la vallée. Dans les années 1930, frappés par la grande Dépression et par deux sécheresses successives. Ils se retrouvent au bord de la faillite. Et les Navajos au bord de la famine. Harry, apprenant que John Ford cherche un décor naturel pour son prochain film, décide d’utiliser ses dernières économies afin de promouvoir Monument Valley à Hollywood.

Il est aidée dans son entreprise  par un photographe allemand, Josef Muench, l’homme se serait exilé aux Etats-Unis en 1928, huit ans plus tard il découvre fasciné Monument Valley, c’est avec une série de ses clichés que Harry et Mike prennent le chemin des studios de Hollywood.

La suite rentrera dans la légende.  Quelques jours plus tard, les Golding regagnent Monument Valley. Les premiers camions de matériel se trouvent sur place pour le tournage de « la Chevauchée Fantastique », le film propulsera John Ford et John Wayne au premier plan. Et l’histoire du far-West trouvera dans la vallée son incarnation la plus dramatique.

Les westerns du XXe siècle puisèrent dans ce répertoire, et les mesas de grès rouge de Monument Valley virent défiler tout le casting héroïque de la conquête de l’Ouest ; shérifs, hors-la-loi, cow-boy et indiens. Mais ni mineurs, ni fermiers, trop laborieux.

 

 

A lire :

 

  • Les Navajos de    Monument Valley

            http://mae.chez.com/navajo.htm

 

·        MonumentValley...  Histoire / Géologie / Culture.

       http://www.monumentvalley.com/Pages/french_infopage.html

 

·        Monument Valley - Parc tribal des Navajos

http://www.america-dreamz.com/utah/paysages/monument_valley.php

 

 

A Voir

Vidéo

  • UTAH: Les Indiens Navajos de Monument Valley

 

http://blog.france2.fr/Washington/index.php/2009/06/30/129856-utah-navajos-indians-in-monument-valley

 

  • Photos

http://lettres-histoire.ac-rouen.fr/histgeo/navajos.htm

avec l'accord de la rédaction de National Géographic (extrait des articles "Il etait une fois l'Ouest "  et "Ils ont fait de la vallée un monument" de Marie-Amélie Carpio. )

P.S : je n'ai pas l'accord pour les photos (voir le magazine)

May