Le cheval chez les Indiens d'Amérique du Nord (3)

Nous allons parler d'un cheval qui a accompagné l'Indien dans la chasse au bison, dans ses raids guerriers, et dans le transport de ses tipis : le Mustang.
 
Son origine.
 
Les Espagnols débarquèrent sur le Nouveau Continent avec leurs chevaux andalous, mélange de sang barbe, napolitain et espagnol. Ils s'installèrent, bâtirent des fermes, firent de l'élevage et, au cours d'attaques indiennes, beaucoup de ces chevaux s'échappèrent et redevinrent sauvages. Au fil des générations, afin de s'adapter à l'environnement, leur morphologie subit des transformations. Ils devinrent plus petits, robustes et nerveux. On les appela alors "Mestenõs", soit Mustangs.
 
Son influence :
 
1. Chez les blancs : sa nervosité et sa robustesse plurent aux colons de la côte atlantique qui le croisèrent avec leurs propres chevaux d'origine anglaise et barbe, ce qui donna, entre autre, le Quarter Horse, un excellent cheval de bétail.
 
2. Chez les Indiens : Ces mêmes qualités leurs plurent. Les premiers à le dompter furent les tribus du Sud (là où s'étaient installés les espagnols), soit les Apaches, Navajos et Pueblos. Par le biais des échanges commerciaux, les indiens des Plaines et du Nord, tels les Crows, Sioux, Cheyennes, Arapahoes et Pawnees, s'en portèrent acquéreurs.  
Une nouvelle façon de vivre pour les indiens.
 
Avant leur rencontre avec le cheval, les chasseurs usaient de ruses pour envoyer les bisons vers des précipices dans lesquels beaucoup de bêtes chutaient.
 
Ils en tuaient ainsi plus qu'il n'en fallait pour la tribu.
Montés, ils ne tuaient que le strict nécessaire. Ils faisaient galoper leur monture le long du bison et lui apprenait à s'en écarter dès qu'ils avaient décoché leur flèche. Malgré ces précautions, il arrivait parfois que l'animal, blessé, se retourne, charge le cheval et l'éventre.
 
Les chasses avaient lieu en été, lorsque le cheval était en forme et que le bison était gras. On en faisait encore une au milieu de l'hiver, quand la fourrure était plus épaisse, pour les robes d'hiver.
 
Le cheval était dirigé par la pression des genoux. La flèche décochée traversait le bison ou, parfois, disparaissait dans son corps. Certains chasseurs préféraient se servir de lances, d'autres sautaient depuis leur monture sur le dos de l'animal pour l'égorger
Les chevaux servaient également à transporter les tipis, autrefois tirés par les chiens. De ce fait, les tentes purent être plus grandes et abriter plus de personnes.
 
Les guerriers se mirent à se voler les montures d'une tribu à l'autre, ce qui constitua des nouveaux "coups comptés" ou exploits. Plus un Indien possédait de chevaux, plus son rang social s'élevait.
 
Mais ils capturaient aussi les chevaux sauvages qui leur servaient pour mener des raids plus rapides et plus nombreux.

Les Apaches développèrent autant d'adresse à cheval que leurs voisins des plaines. Eux aussi créèrent des pièces de harnachement spécifique alliant côté pratique avec côté esthétique. Il est une chose qui était confiée aux femmes : la fabrication des sacoches. Elles étaient destinées à transporter tout ce dont le guerrier avait besoin durant son raid : nourriture, munitions plus particulièrement.
 
 

Les Apaches développèrent autant d'adresse à cheval que leurs voisins des plaines. Eux aussi créèrent des pièces de harnachement spécifique alliant côté pratique avec côté esthétique. Il est une chose qui était confiée aux femmes : la fabrication des sacoches. Elles étaient destinées à transporter tout ce dont le guerrier avait besoin durant son raid : nourriture, munitions plus particulièrement.
 
 
 
 
On se servait de peau d'antilope ou de daim. Elle était séchée, grattée et frottée avec de la cervelle mais jamais trempée dans le mélange eau-cendres. On taillait un rectangle, puis on rabattait vers le milieu les bords droit et gauche. On les cousait ensemble ainsi que le fond. Puis on pratiquait une ouverture dans chaque pan de la sacoche et on y glissait de la poussière pour la mise en forme pendant le séchage.
 
Chaque pan était terminé par des franges. Pour le reste de la décoration, on appliquait des bandes de flanelle rouge sur lesquelles étaient cousus ou peints des motifs géométriques (losanges, cercles et triangles). On faisait pendre également des bandes de peau perforées peintes de lignes ou de larges cercles.
 
Ces sacoches étaient la seule partie du harnachement confiée aux femmes et chaque guerrier avait ses motifs et couleurs préférés comme décoration sur ses sacoches. On savait donc toujours à qui elles appartenaient.


la selle indienne.

Au début, l'indien montait "à cru", sans selle. Parfois il posait une simple peau de bison sur le dos de sa monture. Un peu plus tard, il utilisa un coussin de peau rembourré de poils. Puis, de véritables selles virent le jour. L'arçon, c'est-à-dire l'ossature de la selle, était en corne de wapiti et en bois. L'avant et l'arrière était très haut, mais les hommes préféraient soit le coussin soit une selle à l'avant et au dossier nettement moins hauts, pour ne pas être gênés pendant la chasse ou la guerre. Une peau brute enveloppait l'arçon et, une fois sèche, elle maintenait l'ensemble cohérent. Une peau de bison pouvait être jetée en travers sur le siège, pour plus de confort. Croupières, poitrails et étriers pouvaient être ornés de broderies.
 
Avant l'apparition du mors, une corde en cuir cru passait dans la bouche du cheval, enserrant sa mâchoire inférieure. Les deux extrémités de cette longue corde formaient les rênes.
 
Des sacs souples de cuir brodés se jetaient en travers de la selle pour le transport d'objets divers.