Les ASHANINKA du Pérou (1)

Les Ashaninka vivent pour la plus part le long du fleuve qui arrose la vallée Pichis dans la zone centrale de la forêt ombrophile péruvienne.

Je suppose que vous avez entendu parler de Jéromine Pasteur ou que vous avez lu ses livres. Je vous conseille d’aller sur son site pour qu’elle vous parle d’eux
http://www.jerominepasteur.com/index.php

Un article vient de paraître sur elle :

 

L'Express du 20/09/2004
Jéromine Pasteur
L'appel de la forêt
 
par Marion Festraëts

Depuis vingt ans, l'exploratrice ne cesse de retourner chez ses amis ashaninkas, au fin fond de la selva péruvienne. Quelques milliers d'Indiens qui ont survécu aux massacres du Sentier lumineux mais ne peuvent plus échapper à notre monde. Elle a promis de les aider

 
Elle revient de loin, Jéromine. Des profondeurs de la selva péruvienne, troncs et scions enchevêtrés, racines et branches tissées serré en un lacis vert, laissant couler au sol humide quelques flaques de soleil. Du monde retranché des Indiens Ashaninkas, retirés toujours plus loin sur les hauteurs de la cordillère de Vilcabamba, le long du rio Apurimac, torrent nerveux né dans le giron émeraude de la forêt amazonienne. Elle revient de loin, Jéromine, avalée par cette vallée perdue, aspirée par le temps jusqu'à rejoindre les balbutiements de l'humanité, des milliers d'années avant nous, à quelques jets de pierre pourtant.

En 1988, à 34 ans, l'intrépide héritière de Louis Pasteur débarquait sur les plateaux de télévision, frange brune et sourire ingénu, pour parler de Chaveta, le livre qui racontait l'émerveillement de sa rencontre avec les Indiens. De son passage à Apostrophes, les gamins d'alors, aujourd'hui trentenaires, gardent le souvenir chatoyant d'une fille habitée par l'esprit d'aventure, une figure romanesque incarné. Depuis, Jéromine Pasteur est retournée chaque année auprès de son clan, sous les frondaisons gazouillantes d'oiseaux de paradis. Elle partage sa vie entre son bateau et la forêt primaire, le grand large et sa «seconde famille», le clan Ashaninka qui l'a faite sienne. Deux décennies plus tard, elle fait le bilan de ses allers et retours entre deux mondes dans un

nouvel ouvrage abondamment illustré de ses clichés personnels, Vingt Ans au cœur de l'Amazonie (Arthaud). Ses mèches sont toujours aussi sombres, mais sur son sourire juvénile passent des ombres: les scories du monde «civilisé» ont rattrapé sa famille, ceux du chef Shirampari. L'éden rousseauiste a souvent pris les couleurs de l'enfer pour ces hommes et ces femmes jaloux de leur identité. Un temps, Jéromine les a crus morts, emportés par les massacres du Sentier lumineux. Cet été encore, Jéromine a passé deux mois au cœur de la selva, auprès de sa famille d'adoption. A peine rentrée en France, sa silhouette légère encore effilée par son séjour en forêt, elle raconte à L'Express sa vie chez les Ashaninkas et les menaces qui pèsent sur leur avenir.

L'histoire pourrait commencer ainsi: il était une fois la descendante turbulente d'un biologiste français qui sauva l'humanité du péril rabique. Une donzelle ombrageuse grandie dans le Jura, loin de l'océan qui la fascine. Qu'à cela ne tienne: après des études avortées, elle s'initie à la voile et construit de ses blanches mains son bateau de 9,20 mètres, Jydartha. En 1981, elle embarque, seule, vers les côtes d'Afrique, puis met le cap sur le Brésil. Le voyage ne fait que commencer. Jydartha à l'ancre, Jéromine se lance à la conquête de l'Amérique latine, traverse le Venezuela et le Brésil en autobus, en camion, en pirogue, puis aborde la frontière bolivienne. En caboteur, elle remonte les rivières jusqu'au cœur du Pérou, où elle fait la rencontre de sa vie: là, au cœur de la forêt primaire, vivent les Ashaninkas, peuple arawak. Ils sont 30 000 ou 40 000, dispersés en groupes et clans dans la selva, et vivent le long des fleuves Ene, Tambo ou Apurimac comme au premier jour du monde - ou presque. «Sur les 2 millions d'hommes qui vivaient sur la cordillère de Vilcabamba à l'arrivée des conquistadors, ils ne sont plus qu'une poignée, 3 000 environ, dont une trentaine de familles jamais approchées, raconte-t-elle. La forêt est le refuge de ces isolés volontaires, qui refusent de se mêler à la civilisation et souhaitent garder la maîtrise de leurs contacts avec le monde extérieur pour préserver leur culture, leur identité, la mémoire qui les lie à leurs ancêtres et sans laquelle ils n'ont pas de réalité. Les morts sont enterrés au-dessus du village, sur la crête, assis dans un trou pour continuer à regarder vivre les autres.»

Les Indiens la nomment «Chaveta», qui veut dire «papillon», la vêtent de la cushma, la tunique traditionnelle de coton brun, peignent son visage de dessins carmin. «On se retrouve aux origines de l'homme, explique-t-elle. Ils sont nos ancêtres. Ils ne vivent pas dans la nature: ils sont la nature. Comme eux, j'estime faire partie de la Terre.» Le clan de Shirampari vit sous les huttes traditionnelles de feuillages tressés, chasse le singe à l'arc, sirote son pearentsi, la boisson qui fait rire, le soir, autour du foyer. Il se défie des camaari, les esprits malins, cachés derrière les périls qui guettent l'homme des bois: la pluie, la nuit, les fauves. Jéromine s'éprend de Barriti, le timide chasseur à l'humour ravageur, mais épouse Shirampari. Chez les Ashaninkas, les seules vraies peines sont des peines d'amour. De l'histoire ancienne, tout ça.

En 1987, avec ses amis ashaninkas et une poignée de compagnons péruviens et français, Jéromine part explorer les profondeurs végétales, à la recherche d'un lieu mythique, sacré: Pavirontsi, «le passage» en langue arawak, le plus grand pont naturel du monde. Cette découverte vaudra à la petite Jurassienne le prix Paul-Emile-Victor de l'aventure.

Pourtant, Jéromine ne revendique guère cette épithète d'aventurière. Pis: elle ne l'aime pas. C'est ainsi, dit-elle, que certains universitaires distingués la désignent. Avec mépris. On lui reproche de gagner sa vie sur le dos de ses amis indiens. De romancer ses séjours en pays Ashaninka pour mieux financer sa vie de voyageuse au long cours. Adoubée par l'illustre Société des explorateurs français, comme, avant elle, Ella Maillart, Théodore Monod ou Henri de Monfreid, Jéromine ne court pas après la gloire. Ne se prend pas pour une scientifique. Ne prétend pas jouer les savantes.

Réconciliée avec l'humanité
Elle répète une seule chose: à vivre si étroitement avec les Indiens, elle connaît intimement leur quotidien, leurs traditions, leurs aspirations. A leur demande, elle leur rapporte des passoires en plastique, dont la laideur la désole: «Je le leur ai dit. Les femmes m'ont répondu que j'étais bien gentille, mais qu'elles ne voyaient pas bien pourquoi elles continueraient à s'arracher les doigts pendant des jours entiers à fabriquer de jolis tamis en osier tressé qui finissent par pourrir.» Imparable. Jéromine loue leur sens de l'humour et ce rire qui fuse à tout propos. Elle déclare que ces gens l'ont réconciliée avec l'humanité, elle qui, gamine, préférait la compagnie des bêtes à celle de ses congénères. Végétarienne, elle a changé de régime en forêt, où l'on ne refuse pas une cuisse de singe, sauf à faire ceinture. Mais, aujourd'hui encore, elle ne peut s'empêcher de tressaillir quand la flèche du chasseur transperce un animal, saisi en plein bond. Petite nature, Jéromine...

Quand elle n'est pas à Parijaro, elle navigue sur toutes les mers du globe. «Je suis une nomade», dit-elle. Elle a bourlingué à travers l'Atlantique, le Pacifique et la mer des Caraïbes. Depuis deux ans, elle explore avec son compagnon les canaux de la Patagonie chilienne. Son bateau est à l'ancre à Ushuaia, à la proue des Amériques. Sous la neige, vient-on de lui apprendre. Elle frissonne: pas facile de naviguer sur cette eau froide, sous la pluie, dans ces défilés gelés aux courants traîtres. Ça change de la touffeur amazonienne.

Cet été, Jéromine est retournée à Parijaro. Avant cela, elle s'est rendue à Tangoshiari, sur le versant oriental de la cordillère de Vilcabamba, où se sont réfugiés une partie de ses amis après les massacres des années 1990, quand le Sentier lumineux a attaqué la mission du padre franciscain Mariano Gagnon à Cutivireni et a traqué les Indiens dans la forêt. Le prêtre, absent lors de l'assaut, raconte dans un récit, Les Guerriers du paradis, l'horreur du massacre de 1990, le village incendié, l'instituteur crucifié vif, émasculé, torturé à mort par les sendéristes. Pour leur échapper, les 600 compagnons de Shirampari ont pris la route difficile des sommets. Pendant trois ans, Jéromine les a crus morts, avant de retrouver leur trace.

Depuis, 80 d'entre eux seulement sont retournés sur leurs terres. Pas Shama, la meilleure amie de Jéromine. Shama la guérisseuse, qui tient mastivenqui, la science des plantes, de sa mère disparue. Shama, qui connaît les fumigations bienfaisantes, herbes choisies et galets chauffés à blanc jetés dans une bassine d'eau aux pieds du «patient», dont la vapeur brûlante monte sous la cushma, jusqu'à tirer des larmes. Après ce sauna de campagne, la jeune femme trie les plantes bouillies, y lit le mal dont souffre la personne et dispense ses conseils: Jéromine devra manger plus de viande et moins de bananes...

Avec d'autres, Shama est restée à Tangoshiari, sous la protection des Indiens Machiguengas, leurs frères arawaks. «Au cours de cette décennie, quelque 30 000 Ashaninkas endurèrent ou fuirent les violences conjuguées des mouvements révolutionnaires liés aux narcotrafiquants, des colons et des militaires, explique l'ethnologue France-Marie Renard-Casevitz, directrice de recherche au CNRS et membre du Collège de France. Des villages ont été dévastés, plusieurs centaines de familles capturées par des colonnes sendéristes; les autres se réfugièrent dans des communautés ashaninkas plus éloignées, seul refuge pour elles.» En 1993, le quotidien péruvien La Republica relatait les exactions des tueurs du Sentier lumineux, égrenant les massacres et les mutilations. On parle à l'époque de «Biafra péruvien», tandis que les autorités du pays refusent d'armer les Ashaninkas constitués en armée de défense dérisoire.

Dans la vallée de l'Ene-Apurimac, la terreur demeure, diffuse. D'autres dangers guettent les Ashaninkas. Les colons, poussés par le gouvernement péruvien à s'installer le long des fleuves dans les années 1970, ont fait venir leurs familles et grignotent la forêt pour y planter des fruits ou de la coca. Là, comme dans toute l'Amérique latine, les Indiens occupent le plus bas niveau de l'échelle sociale. Méprisés, insultés, ils savent que leur vie ne vaut pas cher. Pas étonnant qu'ils se défient de notre «progrès», eux qui n'ont accès qu'à ses plus minables corollaires: violence, paupérisation, alcoolisme, prostitution, maladies, racisme... «Depuis la conquête espagnole, ils ont appris la honte, explique Jéromine. Si certains enfants ashaninkas des missions de la vallée vont à l'école, ils ne dépassent pas le niveau du primaire. Certains parviennent jusqu'au secondaire et partent étudier dans des bourgades plus lointaines, mais ils finissent par rentrer pour fuir le mépris des autres jeunes.» En août, Chaveta est venue avec un médecin pour prodiguer des soins aux Indiens malades, dépister paludisme et tuberculose. Trois bébés sont morts depuis la dernière visite de l'exploratrice - sur quatre naissances...

Un «saut de civilisation» périlleux
Certes, le gouvernement péruvien a reconnu, en 2002, les territoires ashaninkas. Mais cela ne suffira pas à les protéger des trafiquants de bois, qui pillent la forêt et repoussent les Indiens toujours plus loin dans les hauteurs de la selva. Cette année, des madereros sont venus trouver Shirampari à Parijaro. Ils lui ont fait apposer l'empreinte de son pouce sur un papier. Un mois plus tard, les bûcherons sont arrivés pour réclamer leur dû. «Shirampari ignorait qu'il avait signé un contrat, raconte Jéromine. Furieux, il ne les a laissés couper qu'un seul arbre, du bois très précieux. Ils reviendront.» Conscients d'être acculés, les Ashaninkas veulent apprendre à se défendre. Pour conserver leur mode de vie. Maîtriser leur destin d'isolés volontaires, eux qui n'ont pas de mot pour parler de l'avenir, qui ignorent même le sens du mot «futur». Ils veulent une école, des méthodes de langue ashaninka/espagnol. Chez eux. Pour que leurs enfants apprennent à survivre dans une jungle qui n'a rien à voir avec leur forêt. Ils ont chargé Jéromine de les aider. Lorsqu'on s'étonne de ce «saut de civilisation» périlleux qu'ils s'apprêtent à accomplir, la réponse de Jéromine fuse, cinglante: «Alors ils ne devraient connaître de nous que le pire? Puisqu'ils ne peuvent pas échapper à notre monde, aidons-les au moins à en connaître le

meilleur. Ils veulent apprendre l'espagnol pour se défendre, envoyer un jeune faire des études pour devenir infirmier.» Eux pensent que c'est leur seule chance de ne pas disparaître, happés par l'acculturation, broyés par le métissage de la société péruvienne. Jéromine vient de fonder une association, Chaveta (1), afin de collecter les fonds qui lui permettront d'aider ses amis. «Pour que la fille de Shama ne fasse jamais le trottoir à Satipo.»


Post-scriptum
Outre le Brésil et le Pérou, les 6 millions de kilomètres carrés de la selva couvrent sept autres pays: Guyane, Guyana, Suriname, Venezuela, Colombie, Equateur, Bolivie. Elle abrite 1 million d'espèces animales et végétales, soit les deux tiers des espèces de la planète. En dix ans, plus de 60 tribus indiennes ont disparu.

(1) www.chaveta.org


Un autre site intéressant ou là vous comprendrez aussi les problèmes qu’ils rencontrent. Cet article date d 12 02 2004 et a été écrit par Mario Loayza Villegas, je vous conseille de le lire
http://www.google.fr/search?q=cache:asLVx0qgJV8J:www.itto.or.jp/live/Live_Server/728/tfu.2004.02.(03-06).f.pdf+Ashaninka.&hl=fr&start=19&lr=lang_fr


LA SAGESSE DES ASHANINKA
 
L’État de l’Acre au Brésil se situe dans la forêt amazonienne. Il compte 614.000 habitants, dont 20.000 sont des Amérindiens.
Dans le cadre de sa politique de développement durable, le gouvernement de l’Acre a mené des actions en faveur des peuples amérindiens : reconnaissance de droits fonciers, protection contre toute agression, mise en place de structures éducatives et sanitaires.
Les peuples les plus préservés vivent dans les endroits les plus reculés. C’est le cas des Ashaninka, qui sont installés le long de la rivière Amônia, à trente kilomètres de la frontière avec le Pérou. Cette communauté a fui le Pérou en raison de l’activité intense des exploitants forestiers. Elle s’est installée dans cette région du Brésil, où les conflits avec d’autres exploitants ont été meurtriers. Cependant, à force de lutter, les Ashaninka ont obtenu la reconnaissance de leur territoire en 1988. Celui-ci a une superficie de 87.250 hectares ; 450 personnes y vivent.
Les Ashaninka ont su préserver leur mode de vie traditionnel. Ils tirent leur subsistance de la pêche, de la chasse, de la culture du riz et du manioc. Ils cultivent aussi le coton, qui sert à tisser leurs vêtements. La commercialisation d’un artisanat fort diversifié et la vente de quelques produits collectés dans la forêt leur procurent de maigres revenus monétaires.
Les Ashaninka ont lancé des initiatives qui contribuent au développement durable de la région : cultures itinérantes, projet d’agroforesterie, élevage de tortues par exemple.
Le projet de la communauté est un modèle pour les autres populations qui vivent de l’élevage ou de la culture de produits vivriers, mais qui utilisent des techniques assez destructrices pour le milieu forestier amazonien.
 

Photo 01

En forêt amazonienne, la pirogue est le principal moyen de déplacement.

A partir de Tumaturgo, la plus importante localité au sud-ouest de l’État de l’Acre, il faut trois jours en pirogue pour atteindre le lieu où vit la communauté ashaninka.
 
Photo 02

Retour de la forêt.
Les Ashaninka
vivent en groupes disséminés sur le territoire qui leur est attribué.

 
Photo 03

Les habitations sont construites sur des terrains qui surplombent la rivière.

On distingue, sur la droite de la photo, un espace attribué à la cuisine. Au second plan, à gauche, l’habitation principale.
 
Photo 04

Fillette ashaninka dans l’espace réservé à la cuisine.

Les familles possèdent quelques ustensiles pour la cuisson du riz et du manioc qui constituent l’alimentation de base. A cette nourriture s’ajoutent les produits de la pêche et de la chasse.
 

Photo
05
Femme ashaninka.
Les Ashaninka fabriquent leurs vêtements avec du coton cultivé sur place.
 

Photo 06

Groupe de femmes et d’enfants.
L’habitation principale des Ashaninka est constituée d’un plancher surélevé, recouvert d’un toit. Les matériaux de construction proviennent de la forêt.
 

Photo
07

Groupe d’enfants.
La communauté dispose d’une école. Les enfants la fréquentent pendant cinq ans. Un membre de la communauté se charge de l’enseignement. Il utilise surtout la langue ashaninka.
 
Photo 08
Fillette ashaninka.
Les enfants ne souhaitent pas quitter leur communauté. La très grande majorité des jeunes ne poursuivent pas leurs études après l’école primaire.
Les Ashaninka constituent un groupe uni et très solidaire.
 
Photo 09

Jeunes filles transportant des tubercules de manioc.

Le transport des produits cultivés, depuis la forêt jusqu’à la maison, est dévolu aux femmes.
 

Photo 10
Jeunes filles servant la boisson traditionnelle des Ashaninka.

Cette boisson, légèrement fermentée, est à base de manioc.
Elle est consommée tout au long de la journée, pendant les travaux de culture, lors du repos, et à l’occasion des fêtes.
 
Photo 11

Vue de la cuisine qui donne sur la rivière en contrebas.
Les Ashaninka vivent dans un environnement naturel exceptionnel. Certains animaux de la forêt, comme ici un singe, s’approchent des habitations.
 
Photo 12

Benke, le chaman des Ashaninka.
Ce jeune chaman joue un rôle important pour la communauté. Il est à la fois le détenteur des savoirs traditionnels des Ashaninka (notamment en ce qui concerne la pharmacopée) et l’animateur du projet de développement durable mis en œuvre par la communauté.
 

Photo
13

Homme en train d’abattre un arbre à la hache.
Les Ashaninka
pratiquent la culture itinérante sur brûlis. Un terrain est exploité pendant cinq ou six ans, puis laissé en jachère afin de laisser la terre retrouver sa fertilité. Cette pratique permet de préserver l’écosystème forestier.

 
Photo 14

Le chef et un autre notable de la communauté visitent un terrain défriché et brûlé, qui sera cultivé prochainement.

Le travail est communautaire et s’effectue sur les parcelles des différentes familles. Seulement 0,5 % de la surface totale du territoire des Ashaninka est dévolu aux cultures vivrières et au coton.
 
Photo 15

Benke, le chaman, est aussi technicien en agroforesterie.

La communauté a développé un projet d’agroforesterie sur une surface de 30 hectares. 70000

plants, de 146 espèces différentes ont été plantés : arbres fruitiers, arbres de fruits particuliers de la région ou bien encore arbres qui sont exploités pour le bois d’œuvre. Ce projet contribue à la préservation de la biodiversité.
 
Photo
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Benke, le chef et un notable autour d’une ruche.
Les Ashaninka envisagent de développer l’apiculture pour obtenir un miel de très grande qualité.
Les Ashaninka collectent aussi plusieurs produits de la forêt : en particulier les fruits du murmuru, qui servent à faire du savon, et diverses graines qu’ils utilisent pour confectionner, notamment, de magnifiques colliers.
 
Photo 17
Benke déplaçant deux tortues.
Il existe des chasseurs de tortues qui les mangent ou en font le commerce. Aussi le nombre de ces animaux, dans la forêt et dans la rivière, a-t-il considérablement diminué. Il y a deux ans, les Ashaninka ont commencé à en faire l’élevage. Les jeunes tortues sont relâchées dans la nature. C’est une première expérience pour restaurer la faune.
 
Photo
18

Fillette ashaninka.
Les enfants devront eux aussi transmettre plus tard l’art de vivre et la richesse culturelle du peuple ashaninka.
 
Photo 19
Groupe d’enfants près d’un hamac.
Chaque soir, à la tombée de la nuit, adultes et enfants se rassemblent par groupe pour chanter, faire de la musique et rappeler l’histoire de la communauté.
 
Photo
20

Fillette.
Selon Benke, l’action conduite permettra de préserver l’environnement pour les générations futures. « Nous voulons que le projet de notre communauté serve de modèle non seulement pour toute la région, mais encore pour l’État, le Brésil et même le monde entier. (…) Nous voulons protéger la nature, préserver la biodiversité, assurer l’alimentation des familles et préserver la qualité de vie ».

Pour voir toutes les photos allez sur le site :
http://www.igapura.org/expo_photos1.htm

 

 Vous pouvez aussi contacter : benoit.theau@igapura.org pour toute question

D’autres photos de Bart Van Oudenhove
http://www.perou.org/album/photos/index.php?lg=fr&album=~contrib_06

 

Il y a aussi à lire sur le net
Histoire de la belle-mère de Martin-pêcheur fragment de mythe matsiguenga France-Marie Renard-Casevitz C.N.R

http://www.vjf.cnrs.fr/celia/FichExt/Am/A_18_07.pdf

 

Actuellement les Ashaninka ont la possibilité de s’ouvrir au monde grâce qu net

Pour les Asháninka, l'Internet est un moyen de partager leurs traditions, d'affermir leur langue et leur culture.]
Dans une hutte ouverte au toit de feuilles de palmier, à la lisière des Andes péruviennes et de la jungle amazonienne, une vision inhabituelle annonce une révolution : un ordinateur installé au beau milieu d'une table de planches grossièrement assemblées affichant une page Web.

Lire la suite de l’article sur
http://web.idrc.ca/fr/ev-5375-201-1-DO_TOPIC.html

 

Une plante médicinale  très en vogue
LA GRIFFE DU CHAT


CES PLANTES MÉDICINALES QUI RÉVOLUTIONNENT LA MEDECINE
La GRIFFE
DU CHAT
, venue d'Amazonie. Dans la vallée de l'Urubamba, le peuple des Ashaninka utilise depuis des millénaires cette plante extraordinaire qu'ils consomment en tisane mais qu'ils font infuser avec d'autres plantes pour masquer son amertume.

Nos chercheurs ont donné à cette liane grimpante munie de crochets semblables aux "griffes du chat" d'où son nom, le nom latin plus scientifique de UNCARIA TOMENJOSA ; elle fait partie de la famille des Rubiacées (comme le café et le quinquina). Cette liane pousse lentement à peu près 1m50 par an. A l'intérieur de cette liane, sous l'écorce, une sorte de moelle gorgée d'eau.

Qu'a donc de si particulier cette liane pour que l'on s'y intéresse autant depuis les années 70 ? Tout d'abord les chercheurs ont découvert dans cette plante des Alcaloïdes qui stimulent fortement le système immunitaire de l'homme. On estime que ce stimulant immunitaire est encore plus puissant que le Ginseng Sibérien, le Lapacho, ou l'Echinacea. Ce n'est pas pour rien qu'en mai 1994, l'OMS a commandité la première Conférence Internationale sur la GRIFFE DU CHAT dont les effets thérapeutiques sont assez étonnants.

Cette plante est aujourd'hui une des plus en vogue aux USA et dans les pays anglo-saxons (alors qu'en France, elle reste peu connue).
Elle est préconisée pour la fragilité immunitaire associée à des troubles intestinaux : recto-colites, maladie de Crohn, troubles liés à l'activité du VIH, candidoses, diarrhées, certains cancers,... C'est donc un nettoyeur idéal de l'intestin. Mais il fait plus encore, car il a des effets toniques multiples, fortifiants et équilibrants, de la flore intestinale.

Le gouvernement Péruvien surveille attentivement la culture de cette plante qui fait l'objet d'une demande mondiale en forte croissance.
UÑA DE GATO -Uncaria tomentosa
Le nom de cette plante (griffe de chat) est dû à la forme de ses épines rappelant celle de la griffe d'un chat.
Cette plante est souvent présentée proche de miraculeuse, et si aucune conclusion scientifique n'a appuyé ces thèses, il n'en reste pas moins vrai que toutes les populations de la région connaissent et utilisent, l'infusion de l'écorce de cette plante.
On lui reconnaît des propriétés multiples comme remède contre l'arthrite, les herpes, dysenterie, certaines recherches se sont même dirigées vers la lutte contre le Sida.
En règle générale on l'utilise pour renforcer le système immunitaire.  

J’aurai bien aimé savoir, puisque cette plante est très utilisée quel bénéfice  revenait aux Asháninka, mais je n’ai hélas rien trouvé à ce sujet.

 

Mise sous protection du territoire Ashaninka, River Tambo District (Est du Pérou)
Ambohimahamasina, Madagascar
 
Land in Ambohimahamasina is intensively used Notre plus vaste programme en date est mené en partenariat avec nos collaborateurs locaux de « l’Associacón para la Conservacion del Patrimonio del Cutiverini (ACPC) » depuis 1998, en assistance aux Ashaninkas des vallées Ene et Tambo River d’Amazonie péruvienne.

Pendant plus de dix ans, la région a été victime de violents conflits opposants les révolutionnaires Sendero Luminosos aux autorités péruviennes. Aujourd’hui terminée, cette guerre aura causé la mort et la disparition de milliers d’Ashaninkas dans la seule vallée de Ene River. Pendant le conflit, des documents officiels tels que titres de propriété ou recensement de la population Ashaninka et de ses territoires, ont été systématiquement détruits ou déclarés perdus.
La région est aujourd’hui littéralement prise d’assaut par des colons Andéens désireux de tirer un maximum

d’avantage de l’absence de titres de propriété Ashaninkas, afin d’établir leurs propres exploitations agricoles. Ceci représente une réelle menace pour l’environnement fragile que représente la forêt tropicale ainsi qu’une majeure cause de conflit entre les Ashaninkas et les colons.

L’objectif premier du projet est de parvenir à une titularisation légale de ces territoires, afin de permettre aux populations Ashaninkas de bénéficier d’un développement à long terme ainsi que de pacifier les ardeurs planant sur la région Tambo River. Ainsi, le projet tend à :

1. Cartographier et délimiter les territoires Ashaninkas des régions agricoles colonisées et des zones nouvellement désignés « régions protégées ».
2. S’assurer que les dossiers officiels justificatifs, en particulier l’immatriculation des territoires, ont bien été réactualisés et que ceux-ci tiennent bien compte de la révision des territoires et des frontières ashaninkas.
3. Tenter de solutionner les désaccords entre les Ashaninkas et les colons au sujet de l’utilisation et de la gestion des territoires.
4. Développer une classification des ressources naturelles de la région, afin d’instaurer une nouvelle gestion des forêts et de ses ressources.

Situé à l’intersection de Ene, Tambo et Urubamba Rivers, et abritant deux communautés autochtones, le Parc National d’Otishi a récemment été désigné « région protégée ». Ceci devrait assurer une protection à long terme de la forêt, à condition que les populations locales soient impliquées dans la gestion et la conservation de ces nouvelles régions protégées.


http://www.rainforestfoundationuk.org/fcpage.php?fcpage=Ashaninka%20Territorial%20Security%20-%20Peru&language=FR