Les Canadiens d'origine autochtone durant la Seconde Guerre mondiale

Introduction


Des Autochtones de chaque région du Canada ont servi dans les forces armées pendant la Seconde Guerre mondiale et ont participé à toutes les grandes batailles et campagnes. Pour servir leur pays dans les forces armées, les Autochtones ont dû surmonter des défis culturels uniques. Leur courage, leurs sacrifices et leurs réalisations sont une source de fierté pour leurs familles, leurs collectivités et tous les Canadiens.

 

Au moins 3 000 Autochtones inscrits, dont 72 femmes ainsi que des Inuits, des Métis et d'autres Autochtones dont le nombre reste inconnu, se sont enrôlés dans l'armée. Leur nombre était sans doute beaucoup plus élevé.


Parmi ce petit nombre d'Autochtones identifiés comme membres des forces armées, 17 ont été décorés pour des actes de bravoure.


Réalisations remarquables


Un ancien combattant s'enrôle de nouveau


Chef Joe Dreaver, de la Bande Cri Mistawasis en Saskatchewan, a servi pendant les deux guerres mondiales. Lors de la Première, il était sapeur et obtint la Médaille militaire en Belgique. Lorsque la guerre éclata de nouveau, il s'enrôla de nouveau, quitta sa ferme et emmena avec lui 17 hommes, dont trois de ses fils. Trop âgé pour le service outre-mer (il avait alors 48 ans), il resta au Canada et servit dans la Garde territoriale des anciens combattants, pour surveiller des prisonniers de guerre en Alberta.


Un sacrifice familial extraordinaire


John McLeod, un Ojibwa, avait servi outre-mer durant la Première Guerre mondiale et il était membre de la Garde territoriale des anciens combattants durant la Seconde. Six de ses fils et une de ses filles s'étaient enrôlés. Deux de ses fils perdirent la vie et deux autres furent blessés. En 1972, l'épouse de John, Mary, fut la première femme autochtone nommée Mère de la Croix d'argent du Canada, et elle déposa une couronne au Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa, au nom de toutes les mères canadiennes qui avaient perdu des enfants à la guerre.


La bravoure au combat


Charles Byce, fils d'une femme Cri, joignit le Régiment du Lac Supérieur (motorisé). Il gagna la médaille militaire aux Pays-Bas et la Médaille de conduite distinguée lors de la campagne du Rhin. Sa citation pour cette dernière était impressionnante : « La bravoure dont il a fait preuve dans des situations désespérées, sans armes adéquates et avec seulement une poignée d'hommes restera à jamais un exemple pour tous les grades du régiment. »


Le prince de la brigade


Thomas George Prince, un Ojibwa du Manitoba, s'était porté volontaire comme parachutiste. Son unité, le Premier bataillon canadien en mission spéciale, s'était jointe à un corps d'élite américain pour former une avant-garde de 1 600 hommes que les Allemands appelaient la Brigade du Diable. Il obtint la Médaille militaire lors d'une bataille en Italie et la Silver Star, une récompense américaine, pour ses activités de reconnaissance en France. Ces récompenses lui furent présentées par le roi George VI au Palais de Buckingham.


Une carrière remarquable


Le brigadier Oliver Milton Martin, un Mohawk de la réserve des Six-Nations de Grand River, a atteint le grade militaire le plus élevé jamais accordé à un membre autochtone des forces armées. Durant la Première Guerre mondiale, il servit dans l'armée de terre et l'aviation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il supervisa la formation de centaines de recrues au Canada. Pour ses 20 années de service, il obtint la Décoration pour officiers des forces auxiliaires coloniales.


Un homme aux multiples talents


David Greyeyes, un membre de la Bande Cri de Muskeg Lake de la Saskatchewan, servit dans sept pays européens, où il assuma plusieurs fonctions militaires difficiles, dont le commandement d'une section de mortiers en Italie. Durant la campagne d'Italie, il mérita la Croix militaire grecque (troisième classe) pour s'être distingué dans le soutien à la Brigade de montagne grecque. En 1977, il obtint l'Ordre du Canada. Sa citation était la suivante : « Athlète, soldat, agriculteur, ancien chef de la réserve de Muskeg Lake de la Saskatchewan, et finalement directeur de la division des Affaires indiennes dans les régions de l'Alberta et des Maritimes. Pour un long et dévoué service à son peuple, souvent dans des circonstances difficiles ».

Dans leurs propres mots


« Nous sommes fiers du mot « volontaire ». Personne ne nous a forcés. Nous étions de bons Canadiens - des patriotes. Nous avons combattu pour notre pays. » – Syd Moore, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale


« Le jour du Souvenir, nous disons en cri : « Kahgee pohn noten took». Cela signifie « Le combat a pris fin ». – Irène Plante, veuve d'un ancien combattant

« Le colonel commence à lire les noms des 36 qui sont tombés. Il a les larmes aux yeux. Il défaille et tend le papier à l'adjudant, qui le plie calmement, le met dans sa poche et dit doucement : « Ce n'est pas nécessaire. C'était des camarades. Nous ne les oublierons jamais ». – James Brady, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale


Le legs


Les braves hommes et femmes autochtones qui ont quitté leur foyer durant la Seconde Guerre mondiale pour contribuer à la lutte pour la paix étaient de véritables héros. Les défis additionnels qu'ils ont dû surmonter rendent leurs réalisations d'autant plus notoires.

 

 

 

 Image :  Recrues de File Hills en Saskatchewan en compagnie d'aînés, de membres de leur famille et du représentant du ministère des Affaires indiennes avant leur départ pour la Grande-Bretagne. Archives nationales du Canada/PA 66815

 

Pour en apprendre davantage sur leurs réalisations et leurs sacrifices, veuillez vous reporter à la publication d'Anciens Combattants Canada « Soldats autochtones, Terres étrangères » ou composer sans frais le  : 1 877 604-8469   

Pour plus d'informations voir le site :  

 

http://www.vac-acc.gc.ca/remembers_f/sub.cfm?source=history/secondwar/fact_sheets/aborigin

Site à consulter :

Soldats autochtones en Terres étrangères

http://www.vac-acc.gc.ca/remembers_f/sub.cfm?source=history/other/native