De Kitcisakik à Cannes

Philippe Doherty

Actualités culturelles - Publié le 9 mai 2011 à 14:48

 



 

 

Le court métrage ''Déboires'', de Délia Gunn de Kitcisakik, se retrouvera au Marché du film du Festival de Cannes, du 11 au 20 mai. Une grande fierté pour la réalisatrice anishnabe.

 

D’une durée de trois minutes, ''Déboires'' raconte une altercation liée aux problèmes de consommation d’alcool que Délia et sa sœur Lina ont réussi à vaincre. Le tout a été réalisé en animation, grâce à l’expertise et aux conseils techniques de Serge Bordeleau, cinéaste valdorien qui agi à titre de formateur pour la Wapikoni Mobile. «Tout s’est mis en place pour donner un film comme celui-là. J’ai donné un coup de main au niveau technique. Je connaissais les techniques d’animation et j’essayais de canaliser les énergies de tout le monde pour que ça se rende jusqu’au bout. L’histoire de Délia et sa sœur est assez dure, mais aussi assez touchante. À la fois, c’est touchant et drôle. On cherchait une façon de mettre ça en image. Ç’a vite viré qu’on ferait quelque chose en animation», a-t-il précisé.

 

Ce court métrage s’inscrit dans la série Perspectives Canada, dont Téléfilm Canada fait la promotion à Cannes.

 

Accompagné de Serge Bordeleau, je suis allé rencontrer Délia Gunn à Kitcisakik le 7 mai.

 

D’où a parti le projet de court métrage pour ''Déboires''?

 

«Moi-même j’étais une grande consommatrice, je buvais souvent. C’était la fête quasiment à chaque jour pour moi. Quand je suis tombée enceinte, j’ai tout arrêté. Quand j’ai vu l’affiche du concours, ça m’a donné envie de raconter un peu mon histoire. Je suis pas mal surprise que ça passe dans un gros festival comme Cannes.»

 

Le concours dont il est question a eu lieu en 2010. Il invitait les gens de la communauté de Kitcisakik à réaliser un court métrage portant sur les problèmes de consommation. Celui de Délia a terminé en deuxième position, mention du jury, ce qui lui a valu une petite caméra. Ce court métrage a d’ailleurs été projeté aux Hot-Docs, un grand festival de documentaires.

 

Tu affirme avoir cessé de consommer. Qu’est-ce que ça t’as apporté?

 

«Mon petit garçon va bientôt avoir 11 mois. Je ne consomme plus depuis que j’ai su que j’étais enceinte. Je suis heureuse. Je me rends compte que je n’avais pas besoin de l’alcool pour vivre. Je suis contente, je peux m’occuper de mon petit garçon. Quand j’ai arrêté, il y a du monde qui a décidé de suivre mon exemple. Lina (sa sœur) a continué elle aussi à ne pas consommer. J’ai été un modèle un peu. Mon frère Mats, c’est lui le vrai modèle. C’est lui le tout premier qui a arrêté.»

 

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