Alanis Obomsawin

Alanis Obomsawin

Alanis Obomsawin

31 août 1932, New Hampshire, USA

D’origine abénaquise, Alanis Obomsawin est l’une des documentaristes les plus en vue du Canada. Son plus récent film réalisé à l’Office national du film du Canada, Our Nationhood (La survie de nos enfants) (2003), montre la détermination et la ténacité avec lesquelles les Mi’gmaq de Listuguj entendent gérer les ressources naturelles de leur territoire ancestral. Les Mi’gmaqs de Esgenoopititj (Burnt Church) au Nouveau-Brunswick étaient le sujet de son documentaire réalisé en 2002, Is the Crown at War with Us? (La Couronne cherche-t-elle à nous faire la guerre?), regard intense et extrêmement fouillé sur le conflit entre les Mi’gmaq et leurs voisins non autochtones au sujet des droits de pêche.

 

D’abord chanteuse, auteure et conteuse, elle se lance dans le cinéma en 1967, année où elle écrit et réalise Christmas At Moose Factory. Vingt autres documentaires sans concession suivront, portant tous sur les peuples autochtones du Canada.

 

En 2000, l’ONF produit Rocks at Whiskey Trench (Pluie de pierres à Whiskey Trench), quatrième film de madame Obomsawin sur la crise d’Oka de 1990. Le premier, Kanehsatake 270 Years of Resistance (Kanehsatake - 270 ans de résistance) (1993), documentaire de long métrage sur le soulèvement mohawk survenu en 1990 à Kanehsatake et à Oka, a remporté 18 prix à l’échelle internationale. Le deuxième, My Name is Kahentiiosta (Je m'appelle Kahentiiosta) (1995), porte sur une jeune Mohawk de Kahnawake arrêtée au terme du conflit armé de 78 jours. Le troisième, Spudwrench - Kahnawake Man (1997), trace le portrait d’un Mohawk de Kahnawake, Randy Horne, monteur de hautes charpentes métalliques.

 

Alanis Obomsawin est née au New Hampshire, en territoire abénaquis. Lorsqu’Alanis avait six mois, sa mère est retournée vivre dans le nord-est de Montréal, à la réserve Odanak, où Alanis a vécu jusqu’à l’âge de 9 ans. Pendant toute son enfance, Théophile Panadis, le cousin de sa mère, l’a initiée à l’histoire des Abénaquis et lui a appris de nombreuses chansons et légendes. Alanis et ses parents ont alors quitté Odanak pour Trois-Rivières, où ils étaient la seule famille autochtone. Coupée de ses racines, parlant un peu le français et pas du tout l’anglais, Alanis s’est accrochée aux chansons et aux contes qu’elle avait appris dans la réserve.

 

En 1960, elle fait ses débuts de chanteuse professionnelle à New York. En 1967, les producteurs de l’ONF Joe Koenig et Bob Verrall la voient à la télévision et l’invitent à l’ONF à titre de conseillère pour un film sur les Autochtones. Elle en vient ensuite à réaliser ses propres films, tout en continuant à donner des spectacles et à réclamer justice pour son peuple.

 

Pendant 31 ans, elle a réalisé pour l’ONF des documentaires à forte teneur sociale, poussée par le désir de donner la parole à son peuple. En 1983, elle est faite membre de l’Ordre du Canada, qui reconnaît ainsi son dévouement au bien-être de son peuple et à la préservation du patrimoine autochtone par ses films et ses activités militantes. Parmi ses films, mentionnons : Incident at Restigouche (Les Événements de Restigouche) (1984), une description saisissante du raid mené par des policiers provinciaux dans une réserve mi’gmaq du Québec; Richard Cardinal: Cry from a Diary of a Métis Child (Richard Cardinal : le cri d’un enfant métis) (1986), un documentaire perturbant sur le suicide d’un adolescent; No Address (Sans adresse) (1988), le portrait de l’itinérance à Montréal.

Auteure et interprète, Alanis Obomsawin a donné des prestations pour des causes humanitaires dans des universités, des musées, des prisons, des centres culturels, ainsi que dans des festivals d’arts populaires au Canada, aux États-Unis et en Europe. Dans son album Bush Lady, paru en 1988, elle chante des chansons traditionnelles abénaquises ainsi que des compositions originales.

 

En mars 2001, madame Obomsawin s’est vu décerner un prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques. Nommée Officier de l’Ordre du Canada, elle a également reçu les distinctions suivantes : Prix du mérite exceptionnel en réalisation, de l’association Women in Film and Television - Toronto (WIFT-T); Prix national d’excellence décerné à des Autochtones par la Fondation canadienne des arts autochtones; Prix de contribution exceptionnelle de la Société canadienne de sociologie et d’anthropologie (SCSA). Ce dernier prix marque une première puisque la SCSA avait jusque-là réservé cet honneur aux universitaires travaillant en sociologie ou en anthropologie.

 

Alanis Obomsawin a également reçu une bourse de recherche de l’Ontario College of Art, un doctorat honorifique en lettres de l’Université York, un doctorat honorifique en droit de l’Université Concordia et un doctorat honorifique en littérature de la Carleton University. Elle a également enseigné aux Rencontres estivales ciné-vidéo à Ottawa.

 

Elle a déjà présidé le Conseil d’administration du Foyer pour femmes autochtones de Montréal et a siégé au Comité consultatif des Premiers Peuples du Conseil des arts du Canada. Elle a aussi été membre du conseil du Studio 1, le studio autochtone de l’ONF, et conseillère à New Initiatives in Film, un programme du Studio D de l’ONF à l’intention des femmes de couleur et des femmes autochtones. En tant que membre du Conseil d’Aboriginal Voices, elle a participé aux démarches visant à obtenir une licence de radiodiffusion pour l’organisme. Elle siège actuellement au Conseil d’administration de l’Aboriginal Peoples Television Network et du Public Broadcasting System du Vermont.

 

La filmographie d'Alanis Obomsawin 
 
      
1.   Avant de juger l'Indien, chausse ses mocassins
1972,  
2.   Canada vignettes : le riz sauvage
1979, 
3.   La Couronne cherche-t-elle à nous faire la guerre?
2002,
4.   Les Événements de Restigouche
1984,  
5.   Je m'appelle Kahentiiosta
1996,  
6.   Kanehsatake - 270 ans de résistance
1993, 
7.   Luna, Luna, Luna
1981,  
8.   La Maison Poundmaker - La Voie de la guérison
1988,
9.   Mère de tant d'enfants
1977, 
10.   Le Patro Le Prévost 80 ans après
1991, 
11.   Pluie de pierres à Whiskey Trench
2000, 
12.   Richard Cardinal : le cri d'un enfant métis
1987, 
13.   Sans adresse
1988, 
14.   Spudwrench : l'homme de Kahnawake
1997, 
15.   La survie de nos enfants
2003, 

à lire :

http://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/002026-709-f.html