Louis Riel 1844-1885

Qui était Louis Riel ?
 
Louis «David» Riel est né à Saint-Boniface, Terre de Rupert, dans la colonie de la rivière Rouge, en 1844, le fils d'un éminent chef métis, Louis Riel père, et d'une mère canadienne-française, Julie Lagimodière. Il fut l'un des jeunes Métis choisis par Mgr Taché pour aller faire des études classiques au Québec. Après avoir étudier le droit à Montréal, il retourne dans sa patrie à 24 ans, au moment où le Canada s'apprête à acheter de la Hudson's Bay Company un vaste territoire appelé la Terre de Rupert.
Fondateur du Manitoba est le titre que l'on accole volontiers aujourd'hui à Louis Riel. D'aucuns préfèrent voir en lui un bandit usurpateur, d'autres un héros défenseur de la langue française et de la religion catholique.
le Rupert's Land, propriété de la Hudson's Bay Company, est convoité par les Américains et le Canada. En 1869, sans consulter la population, le premier ministre Macdonald négocie avec la Compagnie et acquiert ces terres. C'est dans une atmosphère de tension et d'expectative que Louis Riel se fait connaître de la communauté métisse, lors d'une assemblée en juillet.
En octobre, il forme, avec ses amis et l'appui du clergé, un Comité national. Le but est d'empêcher l'entrée du gouverneur McDougall dans la colonie avant que l'union ne soit renégociée. Celui-ci est repoussé par un groupe de 400 hommes, et Riel s'empare de Fort Garry, le centre névralgique de la colonie. Il neutralise ses opposants les plus virulents, qui se préparent à l'attaque, en les  emprisonnant. Il devient en décembre le président du gouvernement provisoire
À sa suggestion, une convention se réunit pour dresser une liste des revendications de la population et nommer les négociateurs qui iront à Ottawa en leur nom. C'est alors que surviennent les événements qui décideront du cours de la vie de Riel : un prisonnier particulièrement hargneux, l'Ontarien Thomas Scott, abuse de la patience de ses gardes à Fort Garry, qu'il insulte sans relâche. Les Métis réclament que Scott soit jugé en cour martiale; il est condamné à mort.
Son exécution déclenche une tempête de haine en Ontario
Celle-ci est alimentée par Schultz, un évadé de Fort Garry, qui fait de Riel et de ses « complices » les hommes à abattre. Les délégués de l'Ouest arrivent à Ottawa en avril 1870 dans une atmosphère tendue. Parmi eux se trouve le père Ritchot, un bon négociateur : il réussit à faire accepter une bonne partie des droits réclamés, mais ne peut obtenir de garantie d'amnistie pour Riel. La province du Manitoba est créée.
À l'été suivant, des orangistes se joignent à une mission « de paix »; ils veulent la tête de Riel. Il fuit peu avant leur arrivée. Il part en exil à la demande de MacDonald, qui veut éviter les tensions avant les élections, mais revient plus tôt que prévu et se présente comme candidat. Il doit cependant céder son siège à Georges-Étienne Cartier.
L'année suivante, il est élu, mais n'ose pas se présenter à Ottawa, de peur d'être arrêté ou même assassiné; il ne siégera jamais. En 1875, le premier ministre Mackenzie fait approuver l'amnistie de Riel mais le bannit pour cinq ans.
Les années suivantes changent profondément Louis Riel. Épuisé, inquiet, il se tourne vers la religion et devient obsédé par l'idée d'une mission divine. Il fait des séjours sous un faux nom dans les asiles de Montréal et Québec, puis va vivre au Montana, où il se lie avec les Métis. En 1884, il reçoit la visite de Gabriel Dumont, un leader métis de la Saskatchewan, qui le convainc d'aider son peuple à faire connaître ses griefs.
Riel, plus que jamais épris de mysticisme, trouve là la mission qu'il attendait. Il rédige d'abord une pétition, envoyée à Ottawa, qui restera sans effet. Puis, il s'empare avec ses partisans de Batoche et forme un gouvernement provisoire. Les campagnes meurtrières de Dumont et du chef indien Esprit Errant, même si cette dernière est sans lien avec Riel, suscitent l'horreur au Canada anglais.
Le gouvernement canadien envoie ses troupes pour mater la rébellion. Riel décide de se livrer aux autorités. Accusé de haute trahison, il est jugé à Regina devant un jury exclusivement formé de protestants anglophones; Riel ne peut profiter pleinement de ses droits au cours du procès. Il est condamné à mort malgré les opinions divergentes sur son état mental. Les nombreuses pétitions signées au Québec ne parviennent pas à le sauver, et il est pendu en novembre 1885.
http://history.cbc.ca/histoire/?MIval=BiogContent.html&name=Riel&fname=Louis&language=F
 
Les répercussions de la pendaison de Louis Riel
La pendaison de Riel mène à la fondation du Parti national par Honoré Mercier, à une plus grande popularité des libéraux et génère un sentiment de crainte pour l'avenir de la minorité francophone du Manitoba
À la mort de Louis  Riel, le 16 novembre 1885, les drapeaux du Québec sont en berne. À Montréal, au Champ-de-Mars, une foule de cinquante mille personnes se rassemble pour écouter Honoré Mercier. Le  chef du parti libéral du Québec, accuse le gouvernement fédéral d'avoir tué Riel. Mercier profite de l'insatisfaction de la population à l'égard d'Ottawa pour fonder le Parti national, axé sur la défense des intérêts du Québec et sur la lutte à la centralisation fédérale.
Par sa solidarité envers Louis Riel,  le chef du parti libéral fédéral, Wilfrid Laurier, réussit à rapprocher  son parti de la population. Depuis la fin des années 1860, le parti libéral fédéral n'avait jamais été capable de faire des gains politiques au Québec.  Le clergé de la province l'avait rejeté et menait une lutte de tous les instants  contre le parti libéral car il représentait, une menace à la pensée, au pouvoir  et à l'influence de l'Église catholique. Grâce à Laurier, qui apprivoise l'Église petit à petit, le parti connaît un regain de popularité.
Dans l'Ouest, huit autochtones sont pendus pour des meurtres commis lors du soulèvement. Même s'ils étaient restés neutres, les chefs, Big Bear et Poundmaker sont aussi trouvés coupables  et écopent d'une sentence de trois ans. Ils obtiennent de Macdonald la permission  de sortir  de prison avant d'avoir purgé toute  leur peine tant leur santé, physique  et mentale, est affectée par la réclusion.
Après  sa sortie, Big Bear retourne dans sa réserve et meurt seul,  abandonné par son peuple. Poundmaker meurt aussi peu de temps après avoir recouvré sa liberté.  Pour les Indiens des Plaines, le sort en est jeté.
L'Affaire Riel  fait craindre pour l'avenir des minorités catholiques francophones dans l'Ouest. Elle a aggravé  l'intolérance des anglophones et augmenté  les tensions entre les races et les religions. Laurier l'a d'ailleurs bien compris et, dans son journal personnel, il écrit, le 17 novembre 1885, au lendemain de la pendaison de Riel :
« La race et la religion sont sur le point de dominer la politique au Canada. Pas la justice, pas la liberté, la race et la religion. Un gouffre séparera nos deux peuples. » 2
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Dernières paroles de Louis Riel(chef métis),avant son meurtre (pendaison) par le gouvernement fédéral.Un autre acte barbare perpétré par les anglais,mis à part(en plus)de la déportation des acadiens en 1755,des massacres des indiens Pénobscot de Noridgwhak,d`Odanak etc...etc......

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Louis Riel: la réhabilitation d'un patriote

Plus de 110 ans après son exécution, Louis Riel sera exonéré de tout crime et reconnu par la Chambre des communes comme père de la Confédération et fondateur de la province du Manitoba d'ici la fin de l'année

Je n’ai pour tout bien que ceci, mon cœur, et je l’ai donné à mon pays il y a quinze ans. Je vous prie de remercier mes amis de la province de Québec de tout ce qu’ils ont fait pour moi.
Louis Riel (Régina, 16 novembre 1885, 8 h du matin)
 
À lire imperativement pour avoir toute l’histoire
Biographie de Louis Riel
http://www.shsb.mb.ca/Riel/
 
 
 
 
 
 
Louis riel Causerie prononcée au dîner de notre réunion générale, le 25 avril [1964], au chalet de l’Île Sainte-Hélène (Montréal).
http://pages.infinit.net/histoire/riel.html
 
 
                                   

 

Un livre à lire... à tête reposée et à coeur ouvert
 
Louis Riel, Le Bison de cristal
 
OPINIONS DE LECTEURS
 
Excellent discours de lancement... excellent livre dont j'ai débuté la lecture hier, 22 novembre, date symbolique du grand rassemblement des Québécois venus protester contre la pendaison de Louis Riel. Je vais lui consacrer un article dans une revue universitaire car ce livre est important et mérite d'être connu.
 
Reginald Hamel (professeur de lettres à l'Université de Montréal)

Je déguste véritablement cet ouvrage qui est très entraînant. Vous nous donnez juste les informations qu'il faut sans vous perdre dans le détail des bagarres juridiques de Riel, ce qui aurait rendu le livre universitaire et indigeste. J'ai lu tous les ouvrages consacrés à Riel et je retrouve bien la substance de sa pensée et de son être, avec ses complexes, ses tourments, ses contradictions. C'est bien lui (...) Pourquoi vous demander sans cesse si vous êtes digne de Louis Riel ? Bien-sûr qu'il serait fier de vous ! Et pour vos amis de la Société Saint-Jean-Baptiste, vous êtes une grande patriote.
Victor Charbonneau (ancien président de la section « René Lévesque », Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal)

C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu votre livre, Louis Riel, le bison de cristal. Vous nous avez donné l'occasion, à ma femme et à moi-même, de connaître l'illustre et tourmenté personnage que fut Louis Riel, ancien élève de mon collège. Mes professeurs ne m'ont jamais enseigné qui était ce valeureux fondateur du Manitoba. Toutes nos félicitations et bon succès !
Me Jean-Maurice Proulx (notaire, Saint-Henri, Montréal)

Un ouvrage très bien fait, très bien écrit, il se lit comme un roman... Autour de moi, je n'en ai eu que de bons échos.
Yves Saint-Denis (docteur ès lettres, Hawkesbery, Ontario)

Je ne connaissais que ce que l'on doit savoir sur Louis Riel lorsqu'on est originaire du Manitoba. Grâce à ce livre, j'ai appris beaucoup de nouvelles choses sur lui et mieux compris pourquoi mon frère, Henri Bergeron, était habité, comme vous, par cette grande figure. Ce qui me touche en particulier chez Louis Riel, c'est sa grande spiritualité. Quel homme extraordinaire !  Vous nous montrez les motivations dans les deux camps : le camp anglais, qui a voulu écraser les Métis, et le camp français. Bien-sûr, vous prenez parti mais vous laissez aussi votre lecteur se faire son opinion. Votre livre est passionnant, très bien écrit, et vous avez réussi à rendre vivantes les batailles juridiques que Louis Riel livrait, alors que rédigées d'une manière universitaire, celles-ci auraient très vite ennuyé les lecteurs.
Liliane Bergeron (veuve du professeur Albert Le Grand, professeur de lettres et fondateur de la première chaire de littérature canadienne-française au Québec et en France, Montréal)

Ton livre est excellent. Ceux qui ne l'aimeront pas sont des imbéciles ! Louis Riel devient, sous ta plume, un personnage vivant, sympathique et touchant, bien actuel.  Tu as atténué son caractère mystique et illuminé, mais il le fallait car les lecteurs contemporains ne veulent plus beaucoup entendre parler de religion.
Jean-Louis Morgan (auteur et conseiller littéraire, Éditions Stanké, Montréal)

Ismène Toussaint, vous me fascinez... Vous avez tout quitté comme cela, pour répondre à l'appel de cet homme d'un autre siècle mais si actuel, pour marcher sur ses traces, pour écrire ce livre qui le rend si vivant, pour défendre les francophones de l'Ouest, leur culture, leur littérature et la langue française en général. On sent que vous avez eu un rapport très fort avec le Manitoba, ses paysages, les gens (...) Ne vous posez pas de questions : je crois que, placée dans le même contexte que Riel, vous auriez agi et seriez allée à la mort avec le même courage que lui.
Danièle Grenier (animatrice de l'émission La Grande Traversée, Radio-Canada, Ottawa, Ontario)

Ma femme et moi avons bien reçu votre livre sur Louis Riel. Il est très captivant. Ce Riel avait beaucoup de difficultés avec son être mais il est, au fond, bien sympathique. Je pense que tous les vrais Québécois (Canadiens-français, toutes ethnies confondues) devraient lire cet ouvrage et s'en inspirer dans leur démarche de promotion de l'indépendance.
Jacques Bergeron (président de la section « Ludger Duvernay », Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, et directeur du journal L'Action indépendantiste)

J'avais à peine achevé Les Chemins secrets de Gabrielle Roy que je recevais Louis Riel, Le Bison de cristal. Il est aussi passionnant que le premier. Merci infiniment de cette marque d'amitié. J'admire votre labeur ainsi que votre attachement à votre Manitoba d'élection. Et félicitations pour votre belle écriture.
Gilles Dorion (professeur à l'Université Laval, Québec)

Un livre magnifique... Il faut remercier Ismène Toussaint pour tout ce qu'elle fait pour les francophones de l'Ouest et pour Louis Riel !
Claude-Jean Harel (animateur de l'émission Jours de Plaines, Radio-Canada, Regina, Saskatchewan)

Chère Madame Toussaint, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre livre sur Louis Riel et appris beaucoup de choses sur lui. Mais en dépit de tout le respect et de l'admiration que j'ai pour votre travail, je demeure convaincue que Louis Riel était un grand malade et je ne partage pas du tout l'opinion des nationalistes qui veulent en faire un héros.
Yolande Boucher (infirmière psychiatrique, Montréal)

Vos préoccupations sur la langue française rejoignent les nôtres, vos idées sur le Québec et les communautés francophones minoritaires sont proches des nôtres, et c'est la raison pour laquelle en plus des Métis, vos amis québécois de la Société Saint-Jean-Baptiste vous considèrent comme une des leurs. Votre livre sur Louis Riel, écrit dans une langue plus qu'élégante, est très intéressant. J'ai toujours considéré Riel comme un mystique égaré, un homme qui s'était éloigné de notre grande tradition chrétienne, et dont les conceptions religieuses n'avaient aucune allure. Mais je reconnais que ses positions politiques étaient justes et même visionnaires. Chez lui, il importe de séparer le politique du religieux. C'est un être attachant et fragile qui ne méritait pas le sort qu'on lui a fait : il a été victime du racisme le plus primaire, il est l'illustration de la plus grande injustice qui ait été commise dans l'Histoire contre les Métis, le système central canadien-anglais a commis là un crime épouvantable...
Paul-Émile Roy (auteur et professeur de lettres au Cegep de Saint-Laurent, Québec)

Vous êtes une belle voix pour le Manitoba.
Antoinette Nielsen (enseignante, Saint-Lupicin, Manitoba, et Montréal)

Lorsque je suis allé dans l'Ouest, je n'ai entendu que de belles choses sur vous et sur Louis Riel, le Bison de cristal. Les gens vous considèrent comme un missionnaire, mais dans le bon sens du terme. Ils disent que vous êtes quelqu'un de très simple, de gentil et d'abordable, qui n'est jamais arrivée en conquérante en cherchant à imposer sa culture française, qui ne s'est jamais moquée d'eux, contrairement à bien des Français, mais qui s'est très bien intégrée au pays, aime sincèrement celui-ci et fait maintenant rayonner sa culture à l'extérieur. L'autre jour, une dame regardait les photos d'un de vos livres en me répétant fièrement : « Regardez, ce sont des gens de ma famille!» Le Manitoba étant ma province natale, je suis touché de l'amour que vous portez à l'Ouest,  et je suis fier de partager les mêmes intérêts que vous pour la culture des francophones des Prairies, pour leurs auteurs, Louis Riel, Gabrielle Roy, etc. Je sais que vous avez toujours œuvré pour la défense et la promotion de mes compatriotes sans exiger d'argent en échange : dans notre système nord-américain, cela est rare et admirable.
J'ai lu Louis Riel, le bison de cristal d'une traite car on est emporté par cette histoire depuis le début jusqu'à la fin. C'est comme cela qu'il fallait la raconter, avec cette écriture qui coule. Le personnage est très actuel et vous montrez bien que rien n'a changé depuis 130 ans. Et ce procès ! Vous l'avez rendu comme au cinéma. Je rêve de le mettre en scène !
Marcel Collet (réalisateur TV, Radio-Canada, Montréal)

Je ne te dirai qu'une seule chose : comme Henri aurait aimé ton livre !
Yvonne Bergeron (veuve d'Henri Bergeron, annonceur, Radio-Canada, Montréal)

À l'école, on nous apprenait un certain nombre de choses sur Louis Riel, que j'ai retrouvées dans ton livre, mais j'en ai appris bien d'autres que je ne connaissais pas. Il est très intéressant, le personnage est vivant et tu a réussi à éviter de nous assommer avec de détails juridiques en les intégrant habilement à l'intrigue.
Marie-Louise Mercier (travailleuse sociale, Saint-Boniface, Manitoba et Montréal)
Non seulement ton livre est beau, mais il est très bon. Raconter le destin de Louis Riel sous la forme d'un reportage historique, faire de ce personnage du passé un jeune homme de maintenant était une idée originale. Il faut continuer avec d'autres personnages. Il y a quelques jours, j'ai rencontré l'écrivain métis Jean Morisset qui m'a dit combien il t'aimait, et combien les Métis t'aiment, et comme il éprouve de l'admiration pour ton travail.
Marguerite Paulin (historienne et animatrice de l'émission Le Quai des partances, Radio-centre-ville Montréal)

J'étais présent à votre lancement et j'ai lu votre livre. Vous êtes la seule à faire quelque chose pour Riel, ici ! On veut étouffer cette affaire, nous couper d'elle... Cela n'a pas de bon sens ! Vous au moins en avez, vous avez compris l'importance de ce patriote dans notre Histoire...
Un militant de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

Votre ouvrage vient poursuivre le très bon livre de Maggie Siggins, Louis Riel, une vie de révolutions. Bravo et continuez ! Lorsque j'étais jeune, j'ai demandé qu'on enlève l'effigie du ministre Macdonald de Montréal. Évidemment, on ne m'a jamais répondu. Excusez l'expression mais ce type est ce qu'on appelle en québécois « un chien ! » Je suis écœuré de le voir sur les billets de banque et m'empresse toujours de me débarrasser d'eux quand j'en ai dans mon portefeuille. Vous avez vu cela un peu ?
Un militant de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

Un grand merci pour Louis Riel, le bison de cristal. Je suis en train de le lire. Nous aimerions aussi publier des reportages de qualité, vivants, humains, susceptibles de toucher le grand public. Bravo pour votre travail et quelle portée ! Je vous ai entendu, l'autre jour, à cette grande émission sur Radio-Canada, dans laquelle bien des auteurs aimeraient passer !
Jacques Allard (directeur littéraire, Éditions Québec-Amérique, Montréal)

J'ai trouvé Louis Riel, le bison de cristal et les articles que vous avez aussi écrits sur lui très intéressants, passionnants même. Vous le présentez à vos lecteurs avec beaucoup de compassion et de finesse. Ce n'est pas un être simple et beaucoup de gens s'empressent de le ranger sous une étiquette commode de fou, alors qu'il est un personnage fascinant comme tous les êtres qui vivent leur passion jusqu'au bout. Il me semble l'incarnation parfaite du destin tragique de la nation métisse. Entre l'homme et la cause qu'il épouse et pour laquelle il meurt, il n'y a pas la moindre faille. Vous m'avez appris qu'il avait une œuvre littéraire considérable, ce que j'ignorais. Bravo donc pour ce travail d'historienne que vous menez avec courage, lucidité, émotion et érudition. Louis Riel mérite effectivement d'être connu.
Marie Francoeur (sémioticienne, ancien professeur de lettres à l'Université Laval de Québec)

Ton discours de promotion de ton livre était un bijou : construit, sensible, prenant. Il a touché bien des gens : la preuve, il n'y avait pas un bruit dans la salle alors que d'habitude, les membres de la Société Saint-Jean-Baptiste sont agités, même pendant les discours. Et le livre aussi est un véritable bijou. N'oublie pas, comme on dit familièrement ici : « T'es une bonne ! » Alors continue !
Diane Girard (recherchiste à Radio-Canada, Montréal)

Quoique pathétique, Louis Riel est une figure émouvante, sympathique, et on ressent cette émotion et cette sympathie en lisant votre livre.
Myo Kapetanovitch (professeur de lettres, Université de l'Alberta, Edmonton, Alberta )

Ce livre est un geste d'importance pour le peuple métis.
Marcelle Lamoureux-Jolibois (enseignante métisse, Saint-Boniface, Manitoba)

Je sais que vous n'êtes pas née au pays et que vous n'êtes pas métisse – quoique j'aie cru pendant un moment que vous étiez une Métisse du Manitoba, tant vous êtes imprégnée par cette culture et attachée à ce pays – mais vous êtes autochtone de cœur et c'est ce qui compte le plus pour nous...
Jean Jolicœur (représentant des Premières Nations, Saint-Eustache-Oka, Québec)

Ismène Toussaint est une des nôtres.
Un lecteur métis (La Chute-à-Blondeau, Québec)

Je suis très touché – et le mot est bien faible – non seulement par votre livre et votre approche de Louis Riel, mais aussi par ce que vous m'avez écrit sur le film que j'ai commencé à tourner sur Louis Riel, ses racines métisses et indiennes, sur mon travail, sur l'Ouest et sur moi-même. J'ai bien vu que le Manitoba était comme votre second pays... Comme vous, je suis un fils spirituel de Louis Riel, comme vous j'aime Saint-Boniface, même si je n'y ai jamais vécu, et cette cathédrale avec sa rosace vide de vitraux. Je suis à la recherche de mes racines car nous, Métis, vivons perpétuellement dans le brouillard : c'est ce que j'essaie de traduire dans mes films tout en cherchant à en faire sortir mes compatriotes. Aujourd'hui, ils se cherchent une identité à travers Internet (...) Vous êtes un très bel être, j'ai beaucoup d'admiration pour votre travail et pour vous  Je suis heureux de savoir que je vous ai ouvert une nouvelle dimension dans votre approche de Riel et rendu les racines que vous avez poussées au Manitoba.
Gregory-Coyes-L'Hirondelle (cinéaste métis anglophone, Edmonton, Alberta – Vancouver, Colombie-Britannique)

Comme dans Les Chemins secrets de Gabrielle Roy, tu as une manière personnelle d'utiliser une langue directe qui touche le lecteur au cœur, tu appelles un chat un chat, sans faire de fioritures, et pourtant cela reste poétique. Ton style est un peu comme la mer avec ses alternances de tempêtes et de calmes plats, c'est curieux... Tu voies les gens et tu les juges, mais sans préjugés, un peu comme Gabrielle Roy, d'ailleurs. Enfant spirituel de Louis Riel moi-même, j'ai beaucoup d'admiration pour toi, pour ton travail et pour la manière méthodique avec laquelle tu travailles. Je partage l'avis de mon ami le cinéaste Gregory Coyes, selon lequel tu es un très bel être. Après être allé sur tous les lieux par lesquels était passé Riel, il a commencé à tourner un film poétique sur lui qui te plairait beaucoup. Tu as une sensibilité très proche de la sienne. D'ailleurs, il a été bouleversé par sa rencontre avec toi et espère que tu pourras travailler un jour avec lui.
Tu as une écriture d'une limpidité rayonnante.
Jean Morisset (auteur métis et professeur de géographie à l'Université du Québec à Montréal)

Lorsque je vous ai rencontrée à Saint-Boniface, il y a dix ans, je savais que vous deviendriez quelqu'un, que vous écririez, que vous feriez de grandes choses pour le Manitoba francophone, Louis Riel et les Métis. Vous aviez un rapport très fort avec le pays, les gens et le fondateur du Manitoba. Je vous voyais dans l'avenir grandir et prendre une importance croissante dans la vie manitobaine. Je vous l'avais dit mais vous ne me croyiez pas, vous n'aviez aucune confiance en vous. Voyez que mes prévisions étaient justes.
Régent Lamoureux (professeur d'anglais métis, Bangkock, Thaïlande)

Mille merci pour le beau livre. À part cela, j'ai toujours trouvé que vous étiez quelqu'un d'extraordinaire.
Lise-Gaboury  (poète métisse, professeur au Collège universitaire de Saint-Boniface, Manitoba)

Je me demande si Ismène Toussaint, avec ses livres, ses articles, ses actions, ne sera pas capable de faire bouger un jour tout un peuple, en l'occurrence les Métis.
Un lecteur métis (Saint-Boniface, Manitoba)

Louis Riel, le bison de cristal est un hommage magnifique. Compte sur moi pour en faire la publicité autour de moi !
Marcelle Lemaire (enseignante métisse en retraite, Saint-Boniface, Manitoba)
À lire :
LOUIS RIEL, LE BISON DE CRISTAL,
INTERVIEW D'IMÈNE TOUSSAINT
PAR MARGUERITE PAULIN
 
LETTRE À ISMÈNE TOUSSAINT
par Jean Morisset [1]

           Chère Ismène,
Quelque chose en nous sait.
Nous en avons prescience.
Quelque chose en nous se sait.
Parmi tous ceux qui nous ont précédés sur cette terre, et, en particulier, parmi les êtres qui ont tracé la géographie ancestrale et tramé l’espace spirituel nous projetant dans le devenir même de la mémoire, certaines figures emblématiques se détachent avec une telle force que leur sang palpite toujours dans les veines de notre conscience.
Riel est de ceux-là.
Et il savait.
 Alors qu’on lui enlevait la vie à quarante et un ans, au seuil même de son plus grand potentiel de création, le départissant ainsi de tout ce qu’il aurait alors pu donner au Pays-de-Canada et à la formation des Amériques ; alors qu’on lui prenait sa vie pour mettre terme à l’œuvre qui germait en lui de toutes parts… Riel savait. Il savait que son sacrifice n’allait pas être vain puisque c’est à nous qu’il appartient de s’en saisir, de s’en inspirer et de le portager à notre tour jusqu’à l’autre rive de ce devenir collectif commun.
Merci, Ismène, de le rappeler avec cette évidence, cette fermeté et cette grâce se conjuguant en beauté à travers tes textes.
Au moment précis où l’histoire de notre appartenance métisse appelle révélation et transcription pour l’extraire des réduits où tout semble vouloir la jeter, de te savoir là, tout simplement là, procure une telle chaleur et une telle allégresse qu’on éprouve une seule envie : te dire merci.
 Il y a en toi une traversée des Prairies.
Il y a en toi une traversée de la grande marée géologique du continent. Une traversée de l’esprit demandant incarnation sur cet immense pan d’Amérique devenu tien d’autant plus fortement qu’il résulte d’un choix devenu réciproque.
Reçois donc pleine adhésion, plein appui et belle fierté.
Reçois aussi pleine reconnaissance de rappeler à tous avec vigilance et certitude ce que nous sommes. Fils et filles de Riel et des siens, héritières et héritiers de ce qui a permis, depuis les tout débuts, l’émergence de la confluence humaine nous ayant projeté en naissance.
 

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Jean Morisset (1940-). Né à Saint-Michel-de-Bellechasse (Chaudière-Appalaches, Pays-de-Canada ), ce professeur de géographie à l’UQÀM, grand voyageur, est l’auteur de nombreux ouvrages destinés à réhabiliter le véritable visage des Métis et des Indiens (Les Chiens s’entredévorent, 1977 ; Canada : Indianité et lutte d’espace, 1983 ; Ted Trindell : Metis Witness to the North : Ni Blanc ni Indien, 1986 ; L’Identité usurpée, 1985 ; Mathias Carvalho : Poèmes amériquains, suivi de Louis Riel, écrivain des Amériques, 1997 ; Amériques, 2000 ; Vision et visages de la Franco-Amérique (avec Dean Louder et Éric Wadell, 2002) ; Le Mensonge identitaire, 2005), de nouvelles et de recueils de poèmes : L’Homme de glace (1995), Récits de la terre première (2000), Suite polaire pour un ayou en liesse (2001), Chants polaires (2002). L’un des grands fils spirituels de Louis Riel, il tient également depuis plus de vingt ans des carnets de voyage qu’il décore artistiquement. Nous reproduisons ici cette lettre avec son autorisation.
De la part d'Ismène-Riel Toussaint :
 
Quant aux provinces canadiennes de l'Est, beaucoup de Métis y vivent méprisés sous le costume indien. Leurs villages sont des villages d'indigence. Leur titre indien au sol est pourtant aussi bon que le titre indien des Métis du Manitoba.
 
Louis Riel (Lettre à R. B. Deane, Edgar Dewdney et John Macdonald, 6 juillet 1885)

LE RÈVE DE LOUIS RIEL SE RÉALISE

 
11 OCTOBRE 2005

RECONNAISSANCE OFFICIELLE DES MÉTIS DE L’EST PAR LES MÉTIS DE L’OUEST

« LA RÉVOLUTION MÉTISSE EST EN MARCHE ! » DÉCLARE ISMÈNE TOUSSAINT LORS DU LANCEMENT DE SON LIVRE, LOUIS RIEL : JOURNAUX DE GUERRE ET DE PRISON


La foule était telle que la salle de la SSJB de Montréal ne put offrir un siège à chacun : ici, elle se presse pour rencontrer Mme Ismène Toussaint. Derrière l'auteur, se tient Louis Riel, personnifié par M. Archie Martin. Suivent dans l'ordre, M. Raymond Cyr, aîné et leader de la Communauté Métisse de l'Estrie, M. Réal Daigle, doyen de Communauté métisse de l'Estrie, M. Gabriel Dufault, président de l'UNMSJ du Manitoba, M. Éric Dubé, président de Communauté métisse de l'Estrie, et M. Claude Forest, vice-président de l'UNMSJ du Manitoba et représentant culturel du Manitoba métis.
Ils ont tant voulu cacher notre histoire toute faite de temps événementiels. Ils auront voulu dire que la pendaison de Louis Riel fut le dernier événement de notre existence d’Est en Ouest. Alors, qui dira un jour que Louis Riel n’était pas un Métis ? Qui fera maintenant l’ultime affront aux Métis de douter de leur droit de se reconnaître entre parents ? Pourtant...

Ils auront pendu Louis Riel pour étouffer l’expression des douleurs de son peuple. Coupable. Ismène Toussaint le fait parler. Émouvant. Le onze octobre dernier, les Journaux de guerre et de prison de Louis Riel (Éditions Stanké) sont présentés au grand public. Y est aussi affirmé qui sont ces Métis de l’Est fondateurs de l’Ouest métis. Ici, la grande nation métisse réapparaît publiquement.


Une brochette d'invités attentifs au discours de Mme Ismène Toussaint. À l'arrière-plan, Mme Danielle Robineau, cinéaste métisse, M. Éric Dubé, président de la Communauté métisse de l'Estrie, Mme Simone Gaudreault, doyenne de la Communauté métisse de l'Estrie. Au premier plan, M. Jean Dorion, président de la SSJB de Montréal, M. Jean Louis Morgan, journaliste indépendant, M. Marco Daigle, gardien de la spiritualité de la Communauté métisse de l'Estrie, et M. Réal Daigle, doyen de la Communauté métisse de l'Estrie.
En ce onze octobre 2005, ancêtres, parents et amis des Métis de l’Ouest étaient présents par leur descendance à la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal. Ces cousins de l’Ouest et de l’Est y reconnurent leurs ancêtres autochtones communs. Ils n’ont pas attendu les Gouvernements pour se reconnaître entre eux. Les Métis sont demeurés une seule et grande famille.

Les représentants des Métis francophones manitobains ont officiellement et publiquement affirmé que les invités métis étaient des Métis de l’Est. Les monteurs d’échafauds et négateurs des droits auront trop dit qu’il n’y avait pas de Métis dans l’Est. Les cousins de Riel, de Dumont, de Batoche ou encore d'André Nault se sont rencontrés dans ce temps nouveau.


Mme Ismène Toussaint félicitée par les sourires et les applaudissements de M. Gilles Rhéaume, maître de cérémonie, et ceux des leaders métis et des Premières Nations : MM. Raymond Cyr, Archie Martin, Gabriel Dufault, Claude Forest et Jean Jolicoeur.
Ismène Toussaint, fille de France, cette première nation chez les Métis du pays, fut naturalisée métisse par la communauté métisse d'Estrie-Beauce Dorchester. Va-t-on nier aux Autochtones métis le droit de discerner l’esprit puissant des leurs ? Tous nos Esprits autochtones sont maintenant les siens. Riel, lui, l’accompagne depuis son arrivée au pays.

L’histoire sera réécrite. Les Patriotes de 1837-1838 ont fondé la Société Saint-Jean-Baptiste. Nous, Métis, notre mémoire rappelle que nous avons pris parti pour les habitants contre les forces britanniques dans cette tourmente. La Société Saint-Jean Baptiste de Montréal a renoué avec ces faits. Qui, là, savait encore que l’ancêtre Elliot de P. E. Trudeau est l’un des Métis qui prit les armes ?

Ismène Toussaint sait que cette immense géographie intérieure qui accueillit les solides éléments de sa race est le sanctuaire menacé du peuple Franco-Métis. Ainsi, en cette saison où les arbres offrent leurs plus belles couleurs, nous les lui présentons en bouquet de mariage avec notre peuple. Un geste de reconnaissance devenu rare depuis nos premiers Temps.

Raymond Cyr Ki-Twoghk
Métis de l’Est et de l’Ouest
11 OCTOBRE 2005

LA RÉVOLUTION MÉTISSE EST EN MARCHE !

Discours d’Ismène Toussaint


Mesdames, Messieurs,
Monsieur le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal,
Mesdames et Messieurs les représentants des Métis et des Premières Nations,
Chers patriotes, chers amis, chers frères et sœurs métis,


Mme Ismène Toussaint, une oratrice convaincante et passionnée. L'Esprit de Louis Riel nous parlait par cette grande métisse naturalisée GO'gwejjl (Araignée).

Avant d’aborder mon propos, je voulais vous remercier d’être venus ici ce soir, en particulier M. Jean Dorion, président de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, qui, dans l’esprit du général de Gaulle, a compris que l’avenir était au métissage, M. Gilles Rhéaume, conseiller général, spécialiste de Louis Riel, et M. Michel Émery, président de la section Louis Riel et organisateur de cet événement. Je tiens en effet à souligner que la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a toujours soutenu notre Chef Louis Riel et ce, dès la formation de son gouvernement provisoire, en 1870. Lui-même était, je le rappelle, le cofondateur et le coprésident de la section de l’Ouest. La Société Saint-Jean-Baptiste a été le premier organisme au Québec à prendre la défense du père du Manitoba lors de sa condamnation et à apporter son appui aux Métis, notamment pour des commémorations.


Au micro, M. Claude Forest, vice-président de l’UNMSJ du Manitoba et représentant culturel du Manitoba métis, et M. Gabriel Dufault, président de UNMSJ du Manitoba. Deux grands Métis franco-manitobains venus s'adresser à leurs cousins de l'Est. ''Nous avons les mêmes ancêtres autochtones et nous étions déjà cousins par ces ancêtres avant de nous déplacer vers l'Ouest pour suivre le castor... Nous vous reconnaissons Métis chez vous !'' affirme Claude Forest, d'une voix empreinte d'une grande émotion devant Mme Ismène Toussaint et la foule. Manito baw se faisait entendre.

J’ai le grand honneur et le plaisir d’accueillir aujourd’hui M. Gabriel Dufault, président de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, fondée par Louis Riel en 1884 et reprise par son frère Joseph en 1887, le plus ancien organisme métis dans l’Ouest. Animé par l’esprit de Louis Riel, M. Dufault a fait émerger la condition métisse canadienne-française au plan national. En dépit des difficultés que nous pose l’éloignement, nous travaillons en tandem étroit depuis trois ans aussi je profite de cette occasion pour le remercier de la confiance qu’il m’a témoignée en me permettant de le représenter dans l’Est et de prendre des décisions souvent délicates en son absence.

J’ai la joie d’accueillir M. Claude Forest, un vieil ami, arrière-petit cousin maternel de Louis Riel et fils de feu Georges Forest, ce grand Métis qui, le 13 décembre 1979, au prix d’un épuisant combat, a fait abroger la loi Greenway privant depuis 1890 nos compatriotes franco-manitobains de leur langue dans les cours et les tribunaux. M. Claude Forest est l’un de nos représentants culturels dans l’Ouest.


M. Jean Jolicoeur, représentant des Premières Nations et grand parlementaire autochtone auprès des Métis, des Indiens et des Inuits séduisit la foule par un discours d'une grande sagesse et d'une grande sensibilité.

J’ai l’honneur et le plaisir d’accueillir M. Dominique Genest, représentant de M. Carl Dubé, Président-Grand Chef de l’Alliance Autochtone du Québec. J’admire, nous admirons le courage dont ce dernier a fait preuve en osant se présenter, dans un climat de campagne électorale extrêmement difficile, sous la bannière de Louis Riel. C’était une première dans l’histoire de l’Alliance. Il est certain que feu notre Chef lui a porté chance et que l’accession de M. Dubé à ce poste inaugure une ère nouvelle pour tous les Métis.

J’ai l’honneur et le plaisir d’accueillir M. Jean Jolicœur, un autre vieil ami, contrôleur de l’Alliance Autochtone du Québec et responsable d’une douzaine de corporations dont l’une avait Louis Riel pour emblème. C’est un homme entièrement dévoué aux siens et dont l’œuvre de pionnier, de tisserand, nous sert beaucoup aujourd’hui dans notre entreprise d’union des Métis et de rapprochement avec les Premières Nations.


La langue du Métis en est demeurée une d'images. M. Raymond Cyr est gardien de la mémoire ancestrale des siens et représentant de l'Union métisse Est-Ouest au Québec. Ici, il ne discourt pas. Il dit au public des Temps en évènements. Ta'n tujiw plamu getu' siga'lat amujpa tmg toqjua't sipug (Pour frayer, un saumon doit d'abord remonter la rivière... celle des Temps... de l'Histoire.)

J’ai l’honneur et le plaisir d’accueillir M. Raymond Cyr, arrière-petit cousin de Gabriel Dumont, leader de la communauté métisse de l’Estrie, celui qu’on appelle le « Louis Riel de l’Estrie », pas seulement parce qu’il est né le même jour que lui, mais qu’il a été le premier à se révolter contre des organismes qui prétendaient contrôler les Métis du Québec et de l’Est sans représenter leur identité, leurs valeurs et leur culture. Parce que nous partagions une même vision, M. Raymond Cyr est le leader que j’ai choisi pour effectuer la jonction entre les Métis de l’Est et de l’Ouest le 8 mai 2005. Je profite également de cette circonstance pour lui témoigner mon respect pour le travail énorme qu’il accomplit en faveur des siens et mes remerciements pour l’inspiration, le courage et la confiance en soi qu’il me communique dans cette entreprise d’union.


M. Archie Martin s'entretenant avec Mme Simone Gaudreau, doyenne de la Communauté métisse de l'Estrie.

J’ai l’honneur et le plaisir d’accueillir M. Archie Martin, notre Louis Riel de ce soir, représentant culturel métis des Maritimes, qui nous aide si fortement à nouer des liens avec le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. M. Martin a été l’un des premiers à afficher son identité métisse dans sa région et à encourager ses semblables à en faire de même dans un contexte qui leur est actuellement toujours défavorable.

Au cours de cette soirée, je vous invite à poser toutes les questions que vous souhaitez à ceux qui demeureront désormais dans l’Histoire métisse sous le nom de « Pères de l’Union ».


À la fois attentifs et intériorisés, l'Ouest et l'Est écoutent les orateurs dans l'Esprit de Riel.

Je suis particulièrement touchée de constater que sont présents à notre rendez-vous plusieurs descendants de la famille et des amis de Louis Riel : M. Patrick Riel, son arrière-petit-cousin, de Val-des Monts ; Mme Anita L’Heureux, son arrière-petite cousine et veuve de Georges Forest, de Saint Boniface, au Manitoba ; Mme Odette Poitras, de Montréal, arrière-petite cousine de Jean-Marie Poitras, le beau-frère de Louis Riel ; M. Louis-Riel Sébastien Du Sault et Mme Carole Du Sault, de Montréal, arrière-petits-enfants d’Ambroise Lépine, le bras-droit de Louis Riel dans son gouvernement provisoire – à ce sujet, je vous signale que messieurs Patrick et Robert Massé, du groupe métis Chinook, viennent de mettre en musique un chant que Louis Riel avait écrit en hommage à Ambroise Lépine : La Complainte d’un condamné. Leur disque sera lancé au printemps prochain. Je souhaite également la bienvenue à M. Royal Lamontagne, petit-neveu de Marie-Julie Guernon, la première fiancée de Louis Riel ; à M. Georges Letendre-Batoche, arrière-petit fils de Xavier Letendre-Batoche, fondateur de la ville du même nom en Saskatchewan. (M. Batoche est un membre influent de la communauté métisse de l’Estrie) ; et M. Réal Lévesque, directeur du Séminaire des Sulpiciens de Montréal, où Louis Riel fit ses études.


Mme Ismène Toussaint reçoit son certificat de naturalisation autochtone des mains de M. Éric Dubé, président de la Communauté métisse de l'Estrie. Debout derrière eux, le Métis Gilles Rhéaume, chercheur associé à la chaire d'histoire Hector-Fabre de l'Université du Québec à Montréal (UQUAM) et directeur de l'Institut des politiques linguistiques ; assis, Louis Riel, personnifié par M. Archie Martin, leader de l'Union métisse Est-Ouest dans les provinces Maritimes.

Je terminerai cette impressionnante liste en remerciant mes collaborateurs habituels, sans lesquels mes livres ne pourraient voir le jour : je ne citerai ici que mon fidèle éditeur, M. André Gagnon, des Éditions Stanké, et son équipe ; le professeur Réginald Hamel de l’Université de Montréal, historien de la littérature de réputation internationale, qui est le premier à avoir fait entrer Louis Riel dans des ouvrages de référence ; et M. Victor Charbonneau, fondateur des Vigiles Louis-Riel à Montréal, qui m’a aidée gracieusement dans mes recherches avec un dévouement exemplaire, alors qu’il était souffrant. Les autres trouveront leur nom à la fin de mon livre.


Entrée de Guéganne, artiste-peintre du Nouveau-Brunswick accueillant les invités d’honneur à la manière autochtone.

Mesdames, Messieurs, ce n’est pas un hasard si nous avons choisi la date du 11 octobre pour effectuer le lancement de cet ouvrage : en effet, il y a exactement 136 ans, le 11 octobre 1869, à la rivière Rouge, Louis Riel posait le pied sur les chaînes des arpenteurs canadiens-anglais venus s’emparer illégalement des terres des Métis avec un « Non ! » de colère, marquant ainsi le début de la résistance métisse dans l’Ouest.

C’est aussi d’une colère qu’est née l’idée de ce livre, Louis Riel : Journaux de guerre et de prison, suivie d’une chronologie métisse 1604-2006. Colère lorsque j’ai découvert les écrits déchirants de ce condamné à mort que le gouvernement d’Ottawa a torturé moralement de manière inqualifiable en reportant à trois reprises son exécution avant d’étrangler sa voix.


Guéganne offre de cadeaux en signe d’amitié et de bienvenue aux leaders des Métis et des Premières Nations.

Colère aussi lorsque le 9 décembre 2002, je recevais une lettre bouleversante de M. Gabriel Dufault, que je ne connaissais alors que de réputation, me confiant sa lassitude de devoir se battre constamment contre des organismes métis anglophones qui niaient l’existence des Métis canadiens français de l’Ouest, allant jusqu’à souhaiter, je cite, « les voir disparaître ».

Colère encore lorsque le 9 avril 2005, je rencontrais M. Raymond Cyr qui me raconta l’histoire des Métis du Québec et de l’Est que l’entreprise de colonisation des terres, dans les années 1850, avait rejetés dans l’ombre, l’indigence et l’oubli. C’étaient les descendants de ceux qui, à l’exemple des ancêtres maternels de Louis Riel, étaient partis fonder au XVIIIe et au début du XIXe siècles la future nation métisse de l’Ouest.


Les leaders acceptent leurs cadeaux en signe d’amitié partagée avec ceux qui les reçoivent.

Peu de temps avant sa mort, Louis Riel avait prophétisé que son peuple dormirait pendant cent ans et que lorsqu’il s’éveillerait, ce seraient les artistes et les écrivains qui le conduiraient. Sans avoir la prétention de le conduire, je me suis dit que, quelles que soient les inimitiés que je ne manquerais pas de m’attirer, il était temps de donner un coup de pied dans la fourmilière ou plutôt d’indiquer une direction, une voie quelconque. Il me semblait en effet que Louis Riel et son peuple qui, au fil des époques, ont attiré l’attention des plus grands, de Napoléon III à Hugo Chavez, l’actuel président du Venezuela, en passant par Honoré Mercier, le sénateur Alphonse Desjardins, Ulysses Grant, le président des États-Unis, René Lévesque ; il me semblait que Louis Riel et son peuple donc, qui ne cessent d’inspirer architectes, sculpteurs, peintres, écrivains, historiens, réalisateurs, publicitaires, chanteurs, compositeurs, etc., méritaient que je fasse quelque chose. Par conséquent, afin de sceller d’une pierre supplémentaire le mur de l’Histoire du peuple métis, j’ai élaboré à la suite de ces Journaux de guerre et de prison une chronologie de la vie de Louis Riel et des principaux événements métis survenus entre 1604 et 2006 : certes, elle n’est pas exhaustive mais c’est la plus complète effectuée à ce jour et j’y ai ménagé une ouverture aux Métis de l’Est.


M. Gabriel Dufault, président de UNMSJ du Manitoba et Mme Priscilla Doucet-Martin, dite Guéganne, artiste métisse fière de sa culture, posent devant le drapeau métis avec M. Gilles Bérubé, Métis, PDG de Corporation Waskahegen.

D’autre part, afin d’essayer d’aider les Métis à sortir de l’impasse et à cicatriser les blessures de ces deux familles de l’Est et de l’Ouest séparées par plus de deux siècles d’Histoire et des milliers de kilomètres, j’ai proposé la formation d’une Union pancanadienne franco-métisse, telle que l’avait déjà préconisée Louis Riel. La même idée mûrissait parallèlement dans l’esprit de Gabriel Dufault et de Raymond Cyr qui souhaitaient constituer un mouvement, une force nationale. Conclue le 8 mai dernier à Montréal, notre Union fructifie depuis du Labrador à la Colombie-Britannique. À ce sujet, je voulais remercier tous les représentants et représentantes métis qui m’ont fait confiance à travers le pays. Certains d’entre eux sont ici ce soir, d’autres m’ont envoyé un message de soutien. Malheureusement, le temps me manque pour citer leurs noms et leurs courriers.


M. Archie Martin, incarnant Louis Riel, le père spirituel d'Ismène Toussaint. Elle tient ici le bâton de la marche de l'Histoire.

Au fil de la progression de notre association, nous avons reçu l’appui du Congrès des Peuples autochtones, du Cercle bolivarien Louis-Riel de Toronto (the Bolivarian Louis-Riel Circle of Toronto), de délégués auprès de l’ONU, des Zapatistes du Mexique, d’autres groupes encore. Le 13 juin 2005, nous avons même conclu la première alliance métisse Nord-Sud, que Louis Riel avait aussi anticipée, avec le Venezuela, pays leader sur le plan de la défense des Indigènes et des Métis.

En conséquence, en ce 11 octobre 2005, je déclare, en qualité d’auteur et de porte-parole des Métis de l’Ouest et de l’Est, que la révolution métisse, la révolution riellienne est en marche et que rien, désormais, ne pourra plus l’arrêter. Après quinze années d’attente, je ne puis que vous exprimer ma joie et ma fierté de voir les prophéties de Louis Riel s’accomplir enfin, la nation métisse canadienne-française se réveiller, un mouvement riellien d’un genre nouveau et inattendu prendre son ampleur, et les Métis de l’Est et de l’Ouest se tendre une main fraternelle par-dessus des siècles d’Histoire. Mesdames, Messieurs, il me reste simplement à espérer vous donner rendez-vous un autre 11 octobre, dans le futur, afin que nous célébrions tous ensemble la libération de l’Amérique franco-métisse, ultime dessein de la mission de Louis Riel. Je vous remercie.



Un livre vient de sortir sur Louis Riel écrit par Mme Ismène Toussaint : "Journaux de guerre et de prison."
 
125e anniversaire de la mort de Louis Riel
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De rares photos de Louis Riel découvertes en Australie

L'Université du Manitoba a dévoilé vendredi de rares photographies historiques de la province et de Louis Riel mises au jour lors d'une vente aux enchères en Australie.

http://www.radio-canada.ca/regions/manitoba/2013/03/09/001-photos-anciennes-riel-australie.shtml

Date de dernière mise à jour : 11/03/2013