Tommy Prince La brigade du diable.(ancien combattant autochtone)

 

Thomas George Prince est né le 25 octobre 1915 à Petersfield, au Manitoba. Il est un des onze enfants de Harry et Elizabeth (née Desjarlais) Prince, de la bande indienne de Brokenhead. Il était un descendant de Peguis, le chef Saulteux. En 1920, la famille déménagea à Scanterbury, au Manitoba, sur la réserve Brokenhead.

 

Même si Tommy Prince répondait à tous les critères pour être recruté dans l’armée, il fut refusé plusieurs fois avant d’être finalement accepté le 3 juin 1940. Il y fit une belle carrière, au début comme sapeur, et ensuite en tant que membre des parachutistes canadiens. Il fit partie d’un groupe spécial formé pour s’entraîner au sein d’une équipe d’attaque spécialisée, la 1ère brigade de service spécial. Le groupe était connu de ses ennemis sous le surnom de « brigade du diable ».

 

En 1944, en Italie, le sergent Prince espionnait des Allemands. Il avait établi un poste d’observation dans une maison de ferme abandonnée, très près des lignes ennemies. Pendant des jours, il rapporta les activités qui se déroulaient dans le camp allemand. Peu après, des bombardements coupèrent les lignes de communication. Le sergent Prince, que ce léger contretemps n’allait pas arrêter, se déguisa en fermier occupé à bêcher ses terres. En faisant semblant d’attacher son lacet, il réussit à réparer les lignes sous les yeux des soldats allemands. Grâce à lui, les tanks allemands qui tiraient sur les Alliés furent détruits.

 

Le sergent Prince continua de se distinguer. À l’été de 1944, il traversa plusieurs kilomètres en terrain montagneux, loin derrière les lignes allemandes, se privant de nourriture et d’eau pendant des jours, pour localiser un camp ennemi. Il retourna à son unité, qui réussit à capturer plus de 1 000 soldats allemands.

 

Lorsque les hostilités prirent fin, le roi George VI remit à Tommy Prince la Médaille militaire et la Silver Star, une décoration américaine honorant sa bravoure devant l’ennemi. Il fut libéré de l’armée le 15 juin, avec tous les honneurs qui lui étaient dus.

Cependant, Tommy Prince revenait dans un pays qui lui refusait le droit de vote aux élections fédérales, ainsi que les prestations et avantages offerts aux autres anciens combattants canadiens. L’entreprise qu’il avait confiée à un de ses amis avait périclité en son absence. Plutôt que d’être chômeur, Tommy Prince se réengagea et se joignit à la Princess Patricia Canadian Light Infantry. Pendant ses deux périodes de service au cours de la guerre de Corée, il se vit remettre la Médaille canadienne de service volontaire pour la Corée et la médaille des Nations Unies. Il fut blessé au genou, et libéré de l’armée le 28 octobre 1953.

 

Tommy Prince est l’ancien combattant autochtone le plus décoré. C’était également un homme brave et remarquable. Le sergent Prince avait un grand sens du devoir et il était très fier de son peuple. Il disait : « Toute ma vie, j’ai voulu faire quelque chose pour redorer le blason de mon peuple. » Il s’engagea par la suite à améliorer les possibilités d’éducation et la situation économique des peuples autochtones.

 

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http://www.histori.ca/minutes/minute.do?id=14762

 

 

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Diffusé le 9 août 2001
 

Tommy Prince, le prince du diable
http://archives.cbc.ca/IDC-0-9-1902-12492/guerres_conflits/heros_guerre_canada/clip2

 

Tommy Prince, un héros canadien

Prince (à droite) arborant sa MM. La médaille américaine Silver Star lui a aussi été décernée pour avoir découvert un campement ennemi et y avoir conduit la brigade. (C.J. Woods / MDN / AN / PA-142287)

 

Les soldats allemands sur la ligne de front près d’Anzio, en Italie, ne se préoccupent pas du paysan qui sarcle son champ près de là. En fait, son lopin de terre est éventré par les bombardements et la récolte perdue. Indifférents, les soldats le regardent avancer lentement et s’arrêter pour lacer ses chaussures. Finalement, il fait une pause, menace du poing les Allemands, puis les alliés et retourne lentement chez lui.
Ce fermier en apparence inoffensif est en réalité un soldat canadien d’élite, un tireur de précision et un expert du pistage qui sait rôder à proximité de l’ennemi sans se faire remarquer. Il s’appelle Thomas George (Tommy) Prince et son expertise, il l’a acquise en grandissant dans la réserve des Ojibway Brokenhead, au nord de Winnipeg.


Pour Tommy comme pour la plupart des jeunes hommes enrôlés dans la Réserve canadienne, la Deuxième Guerre mondiale représente un emploi et trois repas par jour. Cependant, les autochtones sont souvent refusés pour des raisons de santé, mais aussi à cause de leur race. Les demandes de Tommy sont rejetées même s’il satisfait aux exigences de recrutement. Néanmoins, il persiste et est finalement accepté le 3 juin 1940. Il est affecté à la 1re compagnie du parc du Génie du Corps royal du génie canadien. Excellent soldat, il relève tous les défis qui se présentent.
En 1942, Tommy devient sergent dans le Bataillon canadien des parachutistes. Il est affecté au 1er Bataillon canadien du service spécial et fait partie d’un groupe de soldats canadiens choisis pour s’entraîner avec une unité américaine en vue de former une équipe d’assaut spécialisée de 1600 hommes – la 1re Force d’opérations spéciales (1re FOS), que l’ennemi baptise la «Brigade du diable». Ce nom deviendra le titre d’un film hollywoodien (1968) sur l’unité d’élite. Tommy y est présenté comme «Chef».


Très tôt, la 1re FOS entre en action. En Italie, Tommy se porte volontaire pour installer une ligne de communications de 1400 m jusqu’à une ferme située à moins de 200 m d’une position de l’artillerie allemande. Tommy installe son poste d’observation dans la maison de ferme et, pendant trois jours, rend compte des activités du camp allemand.


Le 8 février 1944, un bombardement rompt le câble. Tommy, déguisé en fermier, trouve et répare la panne sous les yeux de l’ennemi, en faisant semblant de nouer ses lacets. Son courage mène à la destruction de quatre chars allemands qui martelaient les alliés. Il est décoré de la Médaille militaire pour «bravoure exceptionnelle sur le champ de bataille».


Tommy continue à se distinguer. Pendant l’été 1944, la 1re FOS atteint le sud de la France. Tommy parcourt à pied 70 km en terrain montagneux et accidenté, sans eau ni nourriture pendant 72 heures, pour pénétrer profondément derrière les lignes allemandes à proximité de L’Escarène et déterminer la position d’un camp ennemi. Il en informe son unité et conduit la brigade jusqu’au campement. Plus de 1000 soldats allemands sont capturés. Pour cet exploit, il mérite la Silver Star, une décoration américaine pour bravoure devant l’ennemi, ainsi que six médailles du service. Tommy reçoit sa libération honorable le 15 juin 1945 et rentre au Canada.


Après s’être battu contre le racisme nazi, Tommy revient dans un pays qui lui refuse le droit de vote à l’élection fédérale et les avantages consentis aux autres anciens combattants. Le commerce qu’il avait confié à un ami pendant son absence a périclité. Confronté au manque d’emploi et à la discrimination, Tommy se rengage et sert dans la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry. En deux périodes de service pendant la guerre de Corée, il obtient la Médaille de Corée, la Médaille canadienne du volontaire et la Médaille du service des Nations Unies. Il est blessé au genou et reçoit sa libération honorable le 28 octobre 1953.


Tommy Prince est l’ancien combattant autochtone canadien le plus décoré. Il était considéré comme un être courageux et exceptionnel, doté d’un sens de l’humour espiègle, un homme qui avait vaincu ses propres démons, y compris l’alcoolisme. Tommy possédait un solide sens du devoir civique et une profonde fierté de son peuple. «Toute ma vie, j’ai voulu faire quelque chose pour redorer le blason de mon peuple. Je voulais montrer qu’on vaut autant que n’importe quel blanc», a-t-il affirmé. Il s’est voué à améliorer les possibilités économiques et éducatives des peuples autochtones.


Tommy est mort le 25 novembre 1977, à l’âge de 62 ans.

 

Laura Neilson Bonikowsky est corédactrice de L’Encyclopédie canadienne.

http://www.thecanadianencyclopedia.com/PrinterFriendly.cfm?Params=F1ARTFET_F69