Venezuela les peuples de l'Orénoque

Ils vivent du fleuve et de la foret. Ils sont les témoins du monde encore préservé.
Mais certains sont menacés de disparaître, alors que d’autres ont déjà été absorbés par notre civilisation.
Le delta de l’Orénoque (25 000 kilomètres carrés) forme un véritable labyrinthe dans lequel se croisent plus de 300 canaux. C’est le territoire des Indiens Waraos (« peuple des pirogues » dans leur langue) réputés pour leur gentillesse et leur hospitalité. Ils vivent principalement de pêche, de chasse et de l’exploitation du palmier moriche. (Palmiers “morichal” dont les indiens waraos tirent une fibre qu’ils utilisent pour confectionner les hamacs)

Plusieurs groupes ethniques constituent la population indigène du Venezuela et sont éparpillés un peu partout sur le territoire. Un regroupement linguistique permet de les relier les uns aux autres sans tenir compte de cette disparité géographique. Les ethnologues ont ainsi répertorié  trois grandes familles : les Arawaks, sédentaires et pacifiques, les Caribes, autrefois nomades et guerriers et les Chibcha, aujourd’hui menacés de disparaître. Or quelques groupes ethniques n’appartiennent à aucune de ces trois familles. Les Yanomami par exemple, mais aussi les Waraos, le « peuple des pirogues ». La légende raconte que les premiers d’entre eux est apparu il y a quelques milliers d’années sur l’une de ces barques et que depuis elles sont taillées de la même façon : à partir d’un tronc unique, creusé et brûlé à l’intérieur. On dit que les flammes durcissent le bois.
On ne sait pas grand chose sur les Waraos. Le chef des Waraos de Garanaco s’appelle Guerrero, comme tout son peuple il est pécheur. Ils vivent au rythme du fleuve mais surtout grâce au palmier Moriche (mauritia flexulosa). Les indiens disent que c’est un don du ciel, un cadeau du grand Jaburi, l’esprit divin qu’ils vénèrent depuis toujours. Du centre du tronc ils en tirent de la farine – yurima -, mais aussi des larves et des vers que les enfants aiment en dessert. La fibre sert pour la fabrication des hamacs, les palmes pour le toit des maisons sur pilotis et du bois pour les ustensiles, les outils, les pagaies etc......
Le chef raconte parfois qu’un jour, dieu prit une poignée de pétales de fleurs blanches, les jetas en l’air et des aigrettes diaphanes s’envolèrent..............
Une autre communauté vie sur le bord de l’Orénoque, dans un village sur pilotis, c’est une communauté de Piaroas, autrefois nomades, aujourd’hui sédentaires. Eux aussi vivent de pêche et de la foret. Leurs maisons sont rondes ou rectangulaires bien calfeutrés pour se protéger de la chaleur. Les hommes fument  des graines de Yopo, une plante hallucinogène déjà décrite au XVe siècle dans une chronique espagnole

 

Les Waraos

 

Les indiens du delta de l'Orénoque sont connus sous le nom de Waraos. Cette nation indienne était constituée encore au début du siècle de 5 ou 6 tribus. Si certaines différences de langue et de type persistent encore suivant la région du delta que l'on visite, le nom de Waraos est désormais appliqué à l'ensemble des clans. Les indiens vivants prêt de l'embouchure de Mariusa, sur le golfe de Paria, ont un physique très particulier : leur visage est taillé au couteau. Leur langage conserve des tournures et un vocabulaire que ne comprennent par toujours les indiens venus de l'intérieur du delta. En fonction des variantes que l'on peut noter dans la langue Warao, 5 régions peuvent encore se distinguer. D'autre part, le travail, les ressources t le mode de vie varient suivant le milieu. Les indiens de la côte vivent de la pêche et de l'exploitation du palétuvier, ceux de l'intérieur de la chasse et de l'exploitation du cœur de palmier.
L'indien Warao est tranquille par nature, et élimine automatiquement toute complication mentale. Le concept d'année solaire, avec sa division en mois et semaines, et récent pour lui et ne touche que les populations en contact avec la civilisation créole. L'année est marquée par la saison des basses et hautes marées, conséquence directe de la saison des pluies et de la saison sèche. Les journées sont rythmées par la marée montante ou descendante, qui peut se faire sentir à plus de 150 km de la mer, avec des différences de niveau de plus d'un mètre cinquante.  
 

Les pirogues

L'ethnie Warao est aujourd'hui plus que jamais en confrontation avec le monde civilisé, à un carrefour important de son évolution. Warao signifie en langue indienne "le maître de la pirogue". Ce terme est très largement justifié, comme vous pourrez vous en rendre compte si vous décidez de pénétrer dans les canaux. Leur pagaie en bois brasse l'eau d'une manière régulière, sans une éclaboussure, dans le silence le plus complet. La pirogue glisse sur l'eau, tourne sans aucun effort apparent ni changement de rythme, fait marche arrière pour sortir des frondaisons. Très basses sur l'eau, petite et d'apparence instable, ces pirogues en mauvais bois ont une durée de vie assez courte, de l'ordre de 5 à 10 années. Elles sont par contre totalement adaptées au milieu dans lequel elles sont destinées à évoluer. Fines, elles se faufilent dans les canaux les plus encombrés et les plus étroits et, si elles prennent régulièrement l'eau, elles ne chavirent pas. Il n'y a pas de plaisir plus grand pour le touriste en soif d'aventure que d'évoluer dans ces petites embarcations au milieu d'une nature exubérante. Les oiseaux parmi les plus grands, du magnifique ara à l'aigle pêcheur, se laisseront approcher, observer et photographier.

Pour les 20000 Waraos, la pirogue -curiara-, basse et d’une grande flottabilité, est l’unique moyen de déplacement. Ils sont les maîtres du fleuve Orénoque.
     
 L'habitat

 

La famille Warao vit sous des toits de palmes en bois. Ces constructions sans mur restent ouvertes sur l'extérieur. Leur toit en palme de temiche leur assure une étanchéité de quelques années. Elles sont surélevées de plus de un mètre pour échapper à l'humidité et à la marée montante. Toute la famille vit sous le même toit. Le régime étant matriarcale, l'homme vient habiter chez sa femme et s'installe chez ses beaux-parents. La famille se réserve alors un coin du techo de palma. Il n'est pas rare de rencontrer ainsi  plus de vingt personnes vivant sous un toit d'une cinquantaine de mètres carrés. Dans la journée, une partie des hamacs reposent sur des traverses pour ne pas gêner le passage. A la nuit venue, on les réinstalle, parfois sur plusieurs niveaux, les hamacs des enfants pouvant se superposer ou se croiser. Quand la situation devient vraiment inconfortable, l'une des nouvelles familles construit son propre techo de palme, en général dans le voisinage. L'entretien des techo de palmas laisse à désirer. Les troncs du palmier manaca, qui forment le plancher, pourrissent régulièrement et ne sont pas remplacés. De même, des gouttières apparaissent peu à peu dans la toiture.
           
 Un peuple nomade

La nature nomade des Waraos explique cette insouciance vis à vis de leur foyer. Quand la maison est vraiment détériorée, il est temps pour eux de déménager. Ce mode de vie permet de ne pas épuiser toutes les ressources d'un même endroit. Depuis quelques dizaines d'années, les familles deviennent plus sédentaires. Des petits villages sont créés, souvent sous l'impulsion du gouvernement qui cherche à regrouper ces vénézuéliens d'une autre époque. La sédentarisation s'accommode mal avec les habitudes ancestrales du peuple Warao. Les ressources locales s'épuisent, entraînant une malnutrition. L'habitat se détériore, les déchets s'accumulent, les conditions d'hygiène deviennent plus mauvaises, et la maladie frappe, tuant 50% des enfants avant l'age de 2 ans. La créolisation devient alors l'unique solution, au détriment d'une ou deux générations. De nombreuses familles arrivent toutefois à échapper à cette évolution et trouvent un compromis qui respecte leurs traditions. Bien qu'isolées dans les canaux, elles sont en contact avec la civilisation, et s'accommode des avantages que celle-ci peut leur apporter. Le travail, l'artisanat, la vente de produits de culture, le commerce d'animaux exotiques, la coupe de bois précieux ou de palétuviers, l'exploitation du cœur de palmier, la vente de la chasse ou de la pêche sont les principales activités qui leur permettront peut-être un jour d'acheter un moteur pour la pirogue, rêve de tout Warao.
    
 
Si vous pénétrez dans les canaux, vous serez subjugué par cette insouciance de l'indien Warao, sa simplicité, cette vie où seul l'instant présent compte. Vos valeurs seront balayées par un mode de vie totalement différent, voir opposé, à ce que vous avez toujours appris.
 
http://venezuela.atd.free.fr/pages/delta.html#indiens

LES WARAOS

 

C'est un peuple indien d'Amérique du Nord qui a été decouvert en 1532 par les espagnols. Le fleuve Orénoque, 3e plus grand fleuve d'Amerique latine fait un delta, transformant le territoire en un immense labyrinthe de 30000 km². Ce fleuve s'appelle Guirinoko pour les waraos, qui signifie "là où on pagaie.

Modes de vie:

*Leurs maisons sont rudimentaires et construites sur pilotis à cause des nombreuses crues du fleuve. Le plancher est fait en rondins de bois. L'arbre s'appelle le palmier-moriche, l'arbre de vie. Les épines du palmier leurs servent de pointes pour les flèches.Le toit est en feuille de palmiers reposant sur 4 troncs. De plus, leurs maisons n'ont pas de murs mais plus original, elles sont construites comme sur 2 allées paralléles reliées par un ponton central desservant toutes les maisons.

*A l'aube, les femmes font le feu et le pain dans une grosse marmite pendant que les hommes partent en pirogue, chasser ou couper du bois. Pour la pêche, ils se servent des nervures des arbres comme flotteurs.

Les enfants restent au village avec leur mère. Les waraos se lavent dans l'eau du fleuve, d'ailleurs, ils en sont tous dépendants. Là-bas, on apprend très jeune aux enfants comment manier le bongo, la pirogue.

Les femmes et les jeunes filles ont pour spécialité de tisser les hamacs: une sépare les fibres de feuille de palmier, une les enroule en pelote. Une troisième les fait bouillir pour les assouplir. Elles seront séchées pour fabriquer les cordelettes des hamacs.

Autrefois, ils utilisaient le cœur du palmier comme farine mais aujourd'hui ils l'achètent en ville. Par contre ils vendent le bâton de cœur de palmier 7 bolivars pièce (l’équivalent de 20 centimes français).

Leurs richesses:

Ils cultivent beaucoup de riz, bananes, maïs, papayes et avocats. Le sous-sol du territoire est riche en pétrole, or, pierres précieuses et fer mais ces richesses attirent malheureusement de nombreuses entreprises qui exploitent les habitants.

http://www.ac-nancy-metz.fr/pres-etab/lapicque/Opinfo00/Bugny/waraos.htm

En 2002

La résistance des Waraos : Au cours d’une lutte inégale, le peuple autochtone Warao parvint à ce que la compagnie BP se retire du delta de l’Orénoque. Les Waraos firent la promesse à leurs frères du delta du Niger, en Afrique occidentale, de prendre soin du delta de l’Orénoque étant donné qu’à un moment donné, au cours de l’histoire, ces deux deltas furent joints. Ainsi parviendront-ils à ce que cette partie au moins soit préservée, étant donné que le Nigeria a été détruit par des entreprises comme Shell, Texaco et Agip.

http://www.wrm.org.uy/deforestation/oil/cop7french.html