Visite chez les Algonquins à Pikogan

 

 

Situé à 3km d’Amos, le village de Pikogan, abrite 450 habitants. Comme d’autres communautés autochtones au Québec, ils se sont organisés pour sauvegarder leur langue et leur culture.

« A l’école tous les jours un succès pour toujours » c’est avec cette devise volontariste que les visiteurs sont accueillis dans l’école primaire de Pikogan, un village communautaire fondé en 1964 par les Algonquins originaires du Lac Simon. Et de la volonté, les 450 habitants n’en manquent pas à première vue. L’école fondée en 1989, semble flambant neuve avec des équipements et des services que bien des écoles françaises pourraient lui envier : gymnase, salle informatique où trônent une dizaine d’ordinateurs , ramassage scolaire dédié à la communauté … Partout sur les murs sont affichés des mots en algonquin, une langue menacée comme la plupart des langues autochtones au Canada mais que la communauté s’efforce  de maintenir en proposant des cours et en diffusant des programmes en algonquin, français et anglais diffusés sept jours sur sept, depuis les studios de la radio communautaire installée dans l’enceinte même du village.

Le combat est loin d’être gagné « seulement 60% des gens parlent algonquin, indique André Mowatt, chargé du développement touristique de Pikogan, les grands parents ne peuvent plus communiquer avec leurs petits enfants. ». L’histoire a laissé des traces… Il faut écouter André Mowatt évoquer ses années passées dans un pensionnat à une époque ou le Québec était obsédé par l’assimilation des populations autochtones. « Je suis resté de 1962 à 1965, j’avais 7 ans quand je suis rentré. On m’a coupé les cheveux le premier jour de mon arrivé et on m’a interdit de parler ma langue natale. On ne m’appelait pas par mon prénom mais par un numéro, le 24, on n’arrêtait pas de prier, le matin, au déjeuner, l’après midi, le soir. L’ambiance était sévère… Il m’est arrivé de me retrouver à genoux, les bras en l’air, avec des coups de pieds dans le dos. Dans les couloirs, on n’entendait que des pleurs… Certain enfants, restaient dix mois dans le pensionnat….. » Résultat de cette politique, aujourd’hui révolue ; une acculturation et des difficultés pour les autochtones à s’insérer dans la société québécoise moderne. « Il y a vingt ans, 80% des habitants de Pikogan étaient au chômage », rappelle André Mowatt. Aujourd’hui, le village développe des activités touristiques en proposant des sorties en canoë sur la rivière Harricana et une exposition permanente sur l’histoire des algonquins au sous-sol de son bureau d’accueil.

Les visiteurs de passage peuvent aussi faire un tour de l’église Sainte Catherine. Baptisée du nom de Kateri Tekakwitha, la première amérindienne à se convertir au catholicisme, elle vaut le détour. En forme de tipi , elle abrite quelques pièces étonnantes : une chasuble en peau d’orignal, un crucifix tressé avec des racines médicinales, une série de tambours décorés de personnages en lanières de cuir illustrant le chemin de croix.

 

Contact : (00.1) 819 732 3350
www.pikogan.com

Dossier fait avec l’aide du magazine Ulysse
www.ulyssemag.com

 

Pour en savoir plus sur Pikogan
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pikogan