Le peuple des Lacandons

Plus de la moitié des quelque six mille langues parlées par l’humanité sont actuellement en danger. Les plus menacées sont celles des peuples indigènes, alors qu’elles sont dépositaires de savoirs et de savoir-faire uniques et irremplaçables en termes de développement durable.


Indigènes chassant à la sarbacane en Malaisie.

Au cœur de la forêt mexicaine du Chiapas, le peuple des Lacandons cultivent leur terre familiale traditionnelle (milpa), qu’ils défrichent selon la technique du brûlis par rotation : une parcelle différente chaque année pour que la forêt se reconstitue. Ils y font pousser jusqu’à quatre-vingts espèces de plantes. Avec 1 hectare, ils nourrissent ainsi une famille entière. Mais aujourd’hui, élevage oblige, le défrichage gagne du terrain. Après trois ans, sans les arbres qui la produisent, la fine couche d’humus disparaît et le sol devient stérile. À jamais. Les Lacandons ne chassent presque plus, ils s’urbanisent, explique Anne Cazalès, une écrivaine journaliste qui prépare un livre sur cette ethnie maya : « Ils pratiquent de moins en moins les rituels traditionnels où se prononcent les paroles, alors elles s’envolent. »
Sur tous les continents, le « développement » arrache ainsi des milliers de petites sociétés traditionnelles à leur conversation avec la nature, les dieux et les morts. L’éloignement est aussi linguistique. Les langues les plus menacées sont celles des «  peuples indigènes, qui représentent 350 millions de personnes, 5 000 langues et cultures dans plus de 70 pays », relate l’Atlas des langues en péril dans le monde publié par l’Unesco (2 002).
Avec ces langues disparaissent la somme de connaissances et le génie empirique qui ont permis à ces peuples de vivre en autarcie dans un environnement souvent difficile. Douglas Nakashima, le directeur du programme Links à l’Unesco, consacré aux systèmes de savoir des indigènes, déclare : « La connaissance approfondie du monde naturel détenue par les populations autochtones est fondamentale au développement durable, par le rôle qu’elle joue dans la conservation de la biodiversité. » Le musée de l’Homme, à Paris, présente une encyclopédie de la langue et de la culture des Inuit Ammassalimiit du Groenland (exposition jusqu’au 2 janvier 2006).
Ces peuples sont activement engagés dans la défense de leurs droits culturels. Sur le plan international, ils attendent beaucoup de la Convention sur la diversité culturelle qui devrait être soumise au vote des États en octobre 2005. La France est très impliquée dans son élaboration, en privilégiant les principes de la défense de l’environnement et des droits humains.

Monique Perrot-Lanaud journaliste

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lacandon

 

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/archives-label-france_5343/les-numeros-label-france_5570/lf59-proteger-planete_5344/dossier-preserver-avenir-planete_5347/langues-danger_14430.html

 

 

Sites très intéressants :

http://www.mexique-voyage.com/lacandons.htm

 

http://pagesperso-orange.fr/devoyage/maya/mayas.htm

 

 

 

http://www.arizona-dream.com/Mexique/Indiens/alacandons.php