Les Indiens Taino de Antilles

Taïno signifie "bon et noble". Il était utilisé en opposition à la violence d'un autre groupe d'indiens appelés Caribes. Tous les experts s'accordent sur le fait que l'organisation sociale, politique et religieuse des taïnos, l'expression de leur art, la structure de leur économie, faisaient d'eux sans aucun doute le groupe d'indigènes le plus développé de la région antillaise. A Cuba, les Taïnos étaient concentrés sur la pointe Est de l'île. Ils avaient de nombreuses connaissances en agriculture (avec notamment la pratique du "Conuco"), pratiquaient également le tissage

Ils possédaient un répertoire varié d'expression d'art dans divers domaines: sculptures, céramiques, joaillerie, danses, musiques et poésies. C'était un peuple paisible, pacifiste et très hospitalier. Ils étaient empreints d'une grande sagesse et vivaient en parfaite harmonie avec la nature. Bien que le manioc (Yuca) fût leur nourriture principale, ils amélioraient leurs repas de nombreuses façons: haricots, fruits, produits de la chasse et de la pêche. Ils cultivaient le coton, qui leur permettait de confectionner les hamacs dans lesquels ils s'allongeaient, mais aussi des cordes de fibre. Ils produisaient du tabac, qui fût importé en Europe par C.Colomb.

Zemi découvert à Baracoa.
Musée Montagné de La havane
 Les Taïnos vivaient dans des villages composés de Bohios rectangulaires ou circulaires, fabriqués à partir des palmiers. L'abondance de la nourriture leur laissait beaucoup de temps.

"Qu'auraient-ils fait, s'ils avaient connu le fer ?"
Tous les objets qu'ils fabriquaient que se soit pour la vie de tous les jours ou pour les cérémonies et fêtes, représentaient toujours leur pensés, leurs mythes ou croyances religieuses. Ils étaient à base de divers matériaux: bois, argile, pierre, or, écailles et arrêtes.
Au fur et à mesure de nos recherches et études sur la vie des indiens Taïnos, nous avons acquis un profond respect envers ces hommes pacifistes qui ont su "constituer une société de loisirs, sans Etat mais structurée", en harmonie avec la nature. 
  


Pilon utilisé pendant les cérémonies pour piler les herbes sacrées. Musée Matachin de Baracoa
 
La société Taïnos était socialement structurée autour d'un chef " Le Cacique" et divisée en différentes classes sociales. Il était l'autorité et avait en charge la défense de la tribu, la distribution de la nourriture, l'organisation des fêtes appelés "Areytos" qui avaient toutes lieux à l'intérieur du "Batey", lieu sacré de la vie communautaire. Il servait également à la pratique du "jeu de balle", dont les règles sont proches de notre actuel football. Seul le cacique et le béhique (homme de médecine) avaient le pouvoir de communiquer avec les Zemis, qui étaient pour eux des divinités qui habitaient le ciel et qui étaient en relation avec les phénomènes atmosphériques: création de la terre, origine des ancêtres, reproduction et fécondité, abondance des récoltes. Durant les cérémonies dédiées aux esprits et à leurs morts, le Cacique rentrait en contact avec eux après un certain rituel: Il s'enfonçait des spatules dans la gorge provoquant des vomissements leur permettant de purger leur corps. Il fumait ensuite le "Cohoba", poudre extraite de l'arbre Cojobana, qui mixé avec le tabac, représentait un puissant hallucinogène.   
 
La mythologie est très riche et complexe. Ils croyaient en un dieu nommé Yocahu Vagua Maorocoti. Cet être suprême est le fils d'une déesse "Atabex", toujours représentée en une forme humaine pour sa partie supérieure et par une grenouille pour la partie inférieure. La grenouille ou Toa a beaucoup d'importance car elle est censée protéger les enfants. La région de Baracoa de part le nombre de sites découverts est la capitale archéologique de Cuba.  
  A la Recherche des descendants des Indiens Taïnos 
  " Nous sommes Cubains mais nous sommes aussi des indiens. Nous avons l'obligation de pratiquer notre culture et ce que nous disons aux autres cubains est ceci: notre nature à Cuba est magnifique. Cette terre est une mère qui nous bénit et qui peut nous donner à manger pour toujours, si nous prenons garde à elle et si nous l'aidons à nous nourrir" Cacique Ramirez.  
 
La région de Baracoa de part le nombre de sites découverts et leurs importances, est devenue la capitale archéologique de Cuba. Mais pendant longtemps les scientifiques ont admis le principe qu'il n'existait aucun descendant d'indiens taïnos. Mais à Baracoa, il ne fait aucun doute qu'une certaine partie de la population présente des caractéristiques et connaissances Taïnos. La cuisine locale est fortement ancrée des traditions indiennes présentes également dans le langage, les coutumes et l'habitat: les bohios parsèment encore les plaines. Timidement au XIX ème siècle, certains ont reconnus leur présence à commencer par J. Marti et A.Maceo. Plus récemment des scientifiques cubains et étrangers ont effectué des recherches. L'étude du mode de vie de certaines communautés semble bien démontrer qu'il persiste des coutumes et connaissance héritées de leur ancêtres. L'aspect physique de certains individus ne laisse aucun doute: peau cuivrée, cheveux noirs, yeux légèrement bridés et surtout de taille plus petite que la moyenne des habitants.
Après le génocide provoqué par les espagnols et l'indifférence, certains essayent de faire connaître au monde cette minorité, inconnue du public. "La nation taïna" a été crée à Puerto rico et certains scientifiques les épaulent: liens vers les sites Taïnos
Baracoa a accueillit en Novembre, une conférence internationale regroupant des scientifiques, ethnologues, anthropologues cubains et étrangers, ainsi que des représentants de la Nation Taïna, et des familles indiennes de la région. Si l'histoire de ces indiens vous intéresse, rendez-vous au Musée Matachin où notre ami Alejandro Hartman vous fera partager ses connaissances

http://perso.wanadoo.fr/baracoa.cuba/page5/indiens.htm

 

 

La culture Taino
(Grandes Antilles)

 
   Contient     
 


L'île d'Hispaniola (Haïti), la plus grande île des Antilles après Cuba,

sera habitée par un peuple de race et de culture amérindienne appelée

Taino.

On ignore les origines de cette culture qui laissera derrière elle de

nombreux vestiges, notamment des peintures pariétales sur les parois

des cavernes. Plusieurs fouilles ont permis de mettre à jour des

artefacts tels que sculptures, céramiques et outils en pierre taillée.

Ces artefacts sont ornés de motifs étranges (chauve-souris des cuevas,

grenouilles des marais, cucaracia de mer, visages humains,

représentation de divinités.

 
http://www.insecula.com/salle/EP0335.html
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Le peuple Taino vivait principalement de l'agriculture et, à partir

d'environ 500 apr. J.-C., occupait un territoire couvrant la majeure

partie des Antilles. Leur présence à Cuba et dans d'autres îles s'est

prolongée jusqu'à l'arrivée des Espagnols. Peu après, des épidémies

mortelles apportées par les Européens, et le massacre causé par les

conquérants espagnols, décimèrent leur population.


Ce sont deux pêcheurs de la région qui ont initialement alerté les

autorités cubaines et le ROM, de l'existence du site, après y avoir

découvert eux-mêmes de nombreux artefacts en bois. En 1997, l'équipe

canado-cubaine avait commencé des fouilles le long d'une lagune

côtière. À son retour, en 1998, dans le cadre d'une seconde mission

archéologique dans les environs, l'équipe a alors découvert le premier

spécimen parfaitement conservé d'une habitation Taino, y compris son

toit de chaume. M. Pendergast et ses collègues ne disposaient cependant

pas, à cette date, du temps et des ressources nécessaires pour réaliser

une exploration plus poussée.


Les dernières fouilles effectuées ont à nouveau nécessité l'érection

d'un barrage de sacs de sables et de bâches en plastique, permettant de

retenir l'eau et de la pomper. Dès la première demi-journée de travail,

l'équipe est parvenue à mettre à jour le toit de la seconde habitation

Taino, bâtie sur pilotis et dotée d'un toit de chaume. À l'intérieur de

cette construction, de grandes quantités de feuilles de palmier,

mesurant jusqu'à 10 ou 12 cm d'épaisseur, ont été découvertes parmi des

chevrons et autres pièces de bois. Des tessons de poteries ainsi que

des restes alimentaires -- tels que la peau d'un fruit non identifié --

ont également été dégagés.


« Nous savons maintenant que l'habitation découverte en 1998 n'était

pas un spécimen unique, mais plutôt caractéristique du site, dans sa

totalité. Nous pensons également connaître les raisons pour lesquelles

ces constructions sont si remarquablement bien conservées, explique M.

Pendergast. Les fouilles prévues pour l'année prochaine devraient nous

éclairer encore davantage au sujet de la vie de ce peuple ancien -- les

Taino. Il est rare de pouvoir parler avec tant d'assurance des

résultats de futures fouilles.


Les missions internationales de recherche du Musée royal de l'Ontario,

entreprises au cours de l'année 1999, comprennent plus de 20

expéditions sur le terrain reliées à des disciplines aussi variées que

l'anthropologie, la biologie de la conservation, les sciences de la

Terre, l'étude de l'Asie et du Proche-Orient, la paléobiologie, ainsi

que la culture et l'art occidentaux. Chaque année, les conservateurs de

renommée mondiale du ROM, ainsi que ses techniciens, chercheurs et

bénévoles, mènent des travaux de recherche de par le monde, aidant

ainsi le Musée à remplir sa mission de susciter l'émerveillement et de

favoriser une meilleure connaissance des civilisations et du monde

naturel qui constitue notre univers.


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L'ART PARIETAL TAINO,
http://membres.lycos.fr/archeologia/artparietal.html
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HISPANOLA, la seconde ile des grandes Antilles après Cuba, en dessous

du 20 eme parallèle, 70 degrés méridien EST, appelée successivement

QUISQUEYA, HAITI, puis LA ESPANOLA, fut habitée bien avant la venue de

CRISTOBAL COLON par un peuple de race et de culture amérindienne appelé

TAINO et d'origine encore non définie avec certitude. Les TAINOS ont

laisses de nombreuses traces et vestiges sur HISPANOLA ou l'on

rencontre les cavernes les plus grandes des Antilles avec des peintures

parietales impressionnantes. Les places de cérémonies seuls ouvrages

architectoniques TAINOS démontrent la capacité constructive monumentale

de ce peuple. De plus de nombreux gisements détiennent encore des

artefacts tels que sculptures, céramiques et outils en pierre taillée.
Mon but est de publier de façon non exhaustive les quelques éléments

que j'ai pu découvrir lors de mes explorations de l'ile.

 

  
 
PETROGLYPHES TAINOS, signes, symboles, quelle signification donner a ces

images d'un autre âge? Messages qui nous sont parvenus voyageant dans le

temps abrites dans les écrins karstiques des cavernes ou encore graves

sur les mégalithes des sites sacrent.
Actuellement je m'occupe à établir une analyse typologique des signes

afin d'amener un peu de lumière sur les traditions du peuple TAINO.
  
 
ARTEFACTS, céramiques, outils, sculptures; objets remarquables aux

motifs surprenants représentant le monde de la nature, 'chauve-souris

des cuevas', 'grenouilles des marais', 'cucaracia de mer', visages

humains, représentation de dieux du panthéon de la mythologie TAINO.
J
e pense avoir identifie le dieu de la pluie TAINO au verso d'un

fragment de vase en argile, ainsi que sur la gravure d'une roche au bord

du rio Chacuey. Etrange similitude avec 'HIRO' le dieu de la pluie du

peuple ORONGO de la culture Péruvienne primitive!

Votre avis et vos questions m'intéressent.

JEAN-PIERRE PETIT
contactez : archeologia@multimania.com
 
 
http://membres.lycos.fr/archeologia/
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A savoir :

le mot « ouragan » viendrait du peuple Taino qui habitait les Antilles

à l'époque précolombienne
http://www.iadb.org/idbamerica/archive/stories/1999/fre/2e1.htm

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Disparition des Indiens
La colonisation démarre par un lâché de porc qui saccage toutes les
récoltes et  les cultures des Tainos...en 1514 on compte 30000 porcs
sur l'île. Puis en 1913, l'île se vide...car il n'y a plus d’or, plus
d'indiens.

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500 ans de résistance indigène
  Sur l'île de Guanahani, Colombo trouva pour la première fois sur son
chemin les Taino Arawaks qu'il nomma «Indiens» croyant avoir atteint
les Indes. Dès cette première rencontre, le journal de bord de Colombo
témoigne de sa propre cupidité:
 «N'avions nous pas terminé les formalités de la prise de possession de
l'île que des individus ont commencé à s'amener sur la plage... Ils
sont amicaux et calmes. Ils ne portent aucune arme sauf de petites
lances. Ils devraient faire de bons et d'habiles serviteurs... Je crois
qu'ils peuvent être facilement christianisés, car ils ne semblent
posséder aucune religion. S'il plaît à notre Seigneur, j'amènerai, à
mon départ, six d'entre eux devant Vos Altesses.» (du journal de bord
de Colombo, le 12 octobre 1492)[1].
 N'ayant qu'une parole, à défaut d'autre chose, Colombo enleva 9 Taino
lors de son voyage dans les Bahamas. Il anticipait même plus
d'enlèvement et d'asservissements:
lire la suite sur :
http://www.kersplebedeb.com/francais/lecture/500ans.html

 

 



 

 
La raison de cet acte est justifiée par le fait que les femmes taïnos
étaient très libres, par
conséquent elle pouvait avoir plusieurs partenaires, donc plusieurs
enfants de pères différents. LES TAÏNOS

Le premier voyage de Christophe Colomb l'emmène à la découverte des
Antilles .Après
trente-trois jours de voyage il arriva dans une île des Bahamas, mais
il croit se trouver
quelque part non loin du Japon.
Il tente alors de communiquer avec les habitants de cette île mais en
vain. Ces indigènes dont la
langue était apparentée à l'Arawak répétaient souvent le mot "Taïno" ce
nom leur est donc resté. Mais qui étaient vraiment ces taïnos ?
La traduction littérale rendue par Taïno signifiait : "bon" ; "noble".
Ces indigènes sont en
fait de lointains descendants de la civilisation Saladoïde ou Arawak
qui, suite à de nombreuses
évolutions et de nombreux voyages arrivèrent dans les grandes Antilles.
Leur territoire s'étendait
donc des Bahamas jusqu'à Porto Rico en passant par Haïti / Saint
Domingue, Cuba et la
Jamaïque. Dans
un espace géographique aussi vaste, la culture Taïno

présentait des différences
locales et spécifiques sur un fond culturel commun.
L'organisation de la vie.
L'île principale Haïti / Saint-Dominigue ("Quizqueya" en Taïno et
baptisée Hipaniola
par Colomb), était divisée en plusieurs royaumes les "Cacicats". A la
tête d'un cacicat, le cacique, qui détenait le pouvoir pouvait être
aussi bien une femme qu'un homme mais bien que ce pouvoir
soit mixte, il était tout de même plus fréquent de rencontrer un homme
occupant cette fonction
qu'une femme.
Dans cette société hiérarchisée et stratifiée, le pouvoir ne se passait
pas de père en fils.
En effet, à la mort d'un cacique, la place de chef revenait à son neveu
ou sa nièce par sa sœur.

En agissant ainsi, le cacique était assuré que son successeur
appartenait au même sang que lui.
Le cacique et sa famille directe composaient la classe des nobles. Ce
sont eux qui connaissaient
les chants sacrés, qui récitaient les épopées et qui assistaient autour
du cacique au traditionnel jeu
de balle, le "batery". (ce jeu rituel consistait à s'affronter sur une
place rectangulaire située au centre du village et à attraper une balle
grâce à une ceinture de pierre. Les adversaires ne devaient se
toucher que les coudes.)
Au niveau inférieur des nobles se trouvaient les gens du commun ou
"naborias". Ceux-ci étaient
plus particulièrement chargés des travaux dans les jardins, de la
chasse, de la pêche et des activités domestiques.

La religion : plus qu'une coutume, un mode de vie.
La société Taïno était régie par la référence permanente aux mythes qui
expliquaient
l'univers, l'origine des humains etc…
C'est pourquoi, à l'arrivée des espagnols, ces taïnos ont cherché à
savoir d'où venaient ces étrangers curieux et amicaux qui offraient des
cadeaux jamais vus comme par exemple des perles de
verre. Ils savaient que ces espagnols ne venaient d'aucunes îles des
alentours puisqu'à force de
les parcourir avec leurs pirogues sans voiles, ils connaissaient
toutes. Les problèmes de
communication engendrèrent un malentendu qui poussa les taïnos à
prendre les espagnols pour
des revenants sortis de "coaïbai" le pays des morts.

Un chroniqueur explique ainsi la mésaventure survenue à un espagnol que
les taînos ont noyé pour savoir s'il était vraiment immortel : "ils le
veillèrent pendant trois jours et lorsqu'il se mit à sentir ils
comprirent qu'il était réellement mort.
Mais cette mystification de leur société ne s'arrêtait pas là.
En effet, plusieurs mythes racontaient l'origine de la mort. Le plus
connu rapportait que le
premier mort se nommait "Maquetaurie Guayaba", il a donc créé la mort
et, à cette époque, les
femmes étaient des grenouilles et les hommes, des chauves souris
mangeuses de fruits.

De plus, et surtout, ces croyances religieuses s'exprimaient à travers
l'art. Chez leurs
ancêtres Arawaks, l'art était présent tant sur les objets utilitaires
que sur les objets rituels ( il n'est cependant pas évident de faire la
différence entre objet utilitaire et objet rituel puisque l'un devenait
l'autre selon les besoins.) Les poteries étaient peintes et la couleur
la plus fréquente demeurait le
rouge obtenu avec de l'oxyde de fer naturel (hématite), broyé, dilué
dans de l'eau puis peint avant la cuisson. Elles étaient également
ornées de tête de chauve souris sculptées rappelant le mythe de la mort
cité plus haut. L'évolution des civilisations n'a laissé que quelques
traces ce cette coutume : chez les taïnos on ne retrouve plus que des
petites oreilles ornementales placées sur les bords des vases.
Autre évolution :
 
Chez les Arawaks ces vases étaient remplis de nourriture (crabes de
terres, coquillages, "agoutis" = rongeurs comestibles) et placés en
guise d'offrandes dans les sépultures, alors que, chez les taïnos, ces
vases étaient placés renversés sur le corps de manière à le recouvrir.
Le rite funéraire en lui
même consistait d'abord à placer le mort (en position fatale) dans un
trou pas trop profond.
Ce corps était peint au roucou, orné de ses plus belles parures et
accompagné pour un homme de
ses armes et des haches de guerre et pour une femme de ses poteries.
Selon la tradition, une grande fête était donnée afin que tout le
village se rende compte réellement de la mort de l'individu. A
cette occasion on se désaltérait d'un breuvage fait à base de manioc. Il
s'agissait d'une véritable
célébration qui d'ailleurs finissait souvent par dégénérer puisque
l'individu était généralement
dépouillé de ses parures avant d'être recouvert de terre.
Pour les taïnos le monde était peuplé d'esprits, les "zémis", entités
symboliques bisexués qui
pouvaient se révéler à n'importe qui, à tout instant. Le sorcier
(charman ou "buhitihu") consulté
entrait en contact avec l'esprit qui s'était manifesté par
l'intermédiaire d'une drogue hallucinogène,
le "cohoba".
Cette drogue était tirée des graines rôties d'un arbre, le "pitapadenia
peregrina", broyées puis mélangées à de la chaux de coquilles brûlées.
Cette poudre au
principe actif proche de celui du LSD, était aspirée par les narines à
l'aide d'un tube fourchu, le "tabaco".
 
 
Mais avant cette inhalation, la coutume exigeait qu'on se purifie en se
faisant vomir à
l'aide de petites spatules faites en coquillage et qui s'introduisait
dans la gorge. La crainte
irréversible de ces esprits conduisait les taïnos à fabriquer des
idoles et des objets dédiés à
leur culte (taillés dans la pierre et le bois) ainsi que des amulettes
destinées à les protéger.
Les caciques possédaient d'ailleurs plusieurs de ces statues
représentant les zémis qu'ils
conservaient dans une case particulière. Ils se servaient de celles-ci
pour justifier leur pouvoir
politique puisqu'elles représentaient leur filiation depuis l'origine
du monde. La perte de ces
statues rompait la continuité avec la lignée des ancêtres, par
conséquent, de nombreuses guerres
avaient lieu entre cacicats pour se les approprier.

 
La culture Taïno était aussi caractérisée par les pierres à trois
pointes. Il s'agit là d'une
réelle spécificité puisqu'elles ne sont présentes que chez eux et leurs
Saladoïdes.
Le principal mythe lié à ces pierres est celui de l'origine des
humains.
Selon le Frère Ramon Pané, un des missionnaires de Christophe Colmb,
l'histoire de
l'humanité selon les taïnos se passe dans les grottes d'une montagne où